Cinq entreprises publiques sur une cinquantaine viennent de déposer leur bilan de fin de l’exercice passé au ministère de portefeuille au moment où la date limite du dépôt prévue le 15 mars dernier est dépassée.
Le débat sur la vie des entreprises publiques reste sur la sellette. On a beau épiloguer sur leur gestion jugée généralement catastrophique, leur trésorerie défaillante est leur avenir incertain ; On a beau projeter une réforme audacieuse pour leur insuffler un sang nouveau, les résultats sont constamment au dessous de la moyenne. C’est à croire à une damnation des sociétés d’Etat. La preuve vient d’être donnée - une fois de plus- par le cafouillage entretenu au sujet du dépôt de bilan pour l’exercice 2009 par la majorité d’entre elles.
De sources généralement bien informées, on révèle que jusqu’il y a deux jours, seules cinq entreprises publiques sur l’ensemble d’une cinquantaine ont déposé leur bilan de fin de l’exercice passé au ministère du Portefeuille. Or, la loi enjoint impérativement aux sociétés de s’exécuter au plus tard le 15 mars de chaque année.
Dans le cas d’espèce, le constat est formel : le fonctionnement des sociétés du portefeuille ne répond plus aux critères de performance leur assignés par l’Etat et, en même temps, elles pèchent par une gestion administrative, financière et commerciale au demeurant improductive. Autrement le dépôt du bilan du dernier exercice aurait pu être respecté. Faut-il s’en réjouir ou le condamner ?
Ailleurs, il est de notoriété publique que les entreprises publiques sont soumises à une discipline rigoureuse. Au 31 décembre de l’année, les mandataires, c’est-à-dire, les Pdg ont l’obligation de présenter ou de publier dans la presse leurs bilans comportant des rubriques telles que les bénéfices et les pertes.
De par les résultats de leur gestion, on sait les juger, les catégoriser et en tirer toutes les conséquences. Ce qui n’est malheureusement pas le cas en République démocratique du Congo où les Adg et leur comité de gestion se comportent en « propriétaires ».
A l’époque, la valeur des dividendes réalisées, pour ce type d’entreprise était appréciable. Il est arrivé jadis qu’elles totalisent la rondelette somme de 50.000 Usd. Aujourd’hui, c’est à peine qu’elles atteignent 10.000 Usd sinon rien. Les raisons de la baisse restent sans justification.
Incroyable, le scandale dans la gestion des sociétés d’Etat a plusieurs facettes. Il tire son origine dans les cas des détournements des fonds, d’abus sociaux, d’engagement d’un personnel pléthorique sur base de clientélisme, de tribalisme, de la pratique illicite de la double facturation, de tripatouillage du bilan, de la corruption etc.
Le drame, c’est que ceux qui prétendent être les grands managers ont, aux aussi, failli en ne respectant pas la loi sur le dépôt du bilan. Curieusement certains parmi eux remuent ciel et terre pour rester en poste malgré leurs piètres performances.
A l’heure du grand ménage qui s’annonce dans le secteur du portefeuille de l’Etat, l’opération « Tolérance zéro » doit s’appliquer sur les gestionnaires indélicats qui, malgré eux, sont gratifiés chaque semaine du mois des diplômes de « mérite » par des associations aux contours flous davantage versées à la chasse des primes.
Ndong.M.N./La République
(TH/HM/PKF)