Difficile d’accéder mardi aux denrées alimentaires de première nécessité. Beaucoup ont disparu. Quant aux articles disponibles, ils ont sensiblement augmenté de prix. Le pain, vendu d’habitude à 200 Francs congolais, a grimpé à 500.
Situation toujours « préoccupante » à l’issu des événements qui ont prévalu le week-end dernier à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur. La rareté des denrées alimentaires de première nécessité a plongé plus d’un ménage dans l’angoissé. Les produits les plus consommés, notamment les aliments et les manufacturés, se sont révélés rares avec un volume inestimable en baisse par rapport à la semaine du 1er au 2 avril 2010.
Ces indices résultent du mauvais climat des affaires, mieux, de l’arrêt des transactions qu’effectuent les commerçants dans cette partie de la république. Les armateurs, pour leur part, nourrissent les mêmes inquiétudes pour la semaine en cours à Kinshasa. Depuis le déclenchement des détonations sur la ville de Mbandaka, les habitants assistent à un fort recul en volume des produits en provenance de Kinshasa ainsi que d’autres centres d’approvisionnement et, au sens opposé, les exploitants du bief navigable en amont de Mbandaka observent de loin l’évolution de la situation et ne peuvent pas acheminer avec empressement leurs produits vers Kinshasa, ont indiqué des armateurs accostés au port Baramoto.
Qu’à cela ne tienne, il convient de noter que la confusion en termes découlement des marchandises au travers de la zone en conflit reste persistante dans les esprits des trafiquants. Les prix à la consommation n’ont pas progressé dans le sens de la baisse depuis un an, soit l’augmentation des prix a été très sensible depuis septembre 2009. Certains commerçants ne se sont pas réjouis de la hausse des prix à la consommation, sans voir qu’elle a été un symptôme très grave de la crise : les prix ont augmenté, mais les revenus n’ont pas suivi.
Pire : avec l’augmentation du nombre de chômeurs, jointe aux nombreux plans de mise au chômage technique, de nombreux foyers, à Mbanada comme à Kinshasa, voient leurs revenus érodés sensiblement. De mal en pis, la monnaie congolaise souffre de cette nouvelle marque de désinflation qui devrait plutôt inquiéter. Car elle est un signe très clair que la République démocratique du Congo se rapproche de la pire situation monétaire possible, la déflation. Il est en effet excessivement difficile de mettre fin à un cycle déflationniste.
Difficile d’accéder mardi aux denrées alimentaires de première nécessité. Beaucoup ont disparu. Quant aux articles disponibles, ils ont sensiblement augmenté de prix. Le pain, vendu d’habitude à 200 Francs congolais, a grimpé à 500. D’autres denrées alimentaires de base, comme le poisson, l’huile de palme et les bananes se vendent deux ou trois fois plus chères.
Les quelques marchés et magasins qui avaient tenté d’ouvrir ont vite baissé leurs rideaux de fer. De même, l’administration et autres services n’ont pas ouvert durant la matinée d’hier. Sur le plan sécuritaire, la situation reste encore confuse à Mbandaka. Les militaires loyalistes sont toujours visibles dans les rues. Des coups de feu sporadiques continuent à crépiter dans plusieurs quartiers de la ville. La population, qui avait tenté de sortir, a regagné les habitations.
D’autre part, en plus des pertes envies humaines, la MONUC affirme avoir constaté de lourdes pertes matérielles à l’aéroport de Mbandaka. On signale également des actes de pillages dans certains quartiers de la ville.
Le Palmarès
(CL/TH/Yes)