L’Association internationale des critiques d’art (AICA) existe mais ne fournit aucun effort pour publier des manuels de qualité et faire l’état des lieux de l’art en RDC. Les biographies de grands auteurs faites après diverses recherches approfondies sont quasi inexistantes.
Comme on le sait, le monde du livre en RDC souffre. Les répercussions de ces déficits sont remarquables en art plastique congolais. Cela par le simple fait qu’il n’y a pas assez d’ouvrages écrits par les Congolais sur ce domaine.
Les quelques écrits qui constituent les références majeures se trouvent dans le livre des critiques d’art Musangi Ntemo et Bamba Ndombasi : « Anthologie des sculpteurs et peintres zaïrois » écrit et publié chez les éditions Nathan en 1987.
Autant pour Célestin Badibanga Ne Mwine dans « Contribution à l’étude historique…de l’art plastique zaïrois moderne », chez les éditions Malaïka en 1977.
Le critique d’art belge Roger Pierre Turine, a publié récemment dans le cadre de l’exposition d’art, «Yambi», l’ouvrage « Les arts du Congo d’hier et d’aujourd’hui ».
Cette manifestation était consacrée aux arts congolais en 2007, réplique de la foire organisée en Belgique il y a une cinquantaine d’années.
On peut dire que les trois livres cités sont les passages obligés pour bien scruter l’art plastique congolais moderne dans son ensemble.
Le reste des manuels qui parlent de l’art plastique congolais ne sont que de simples catalogues, affiches et invitations d’expositions, les feuillets sur un artiste ou son œuvre et des revues.
Cela est la résultante d’une politique culturelle générale pas bien assise et l’absence remarquable de critiques d’arts et chercheurs de la trempe de ceux cités ci-haut, en RDC.
Dommage que ces critiques, pour diverses raisons ne soient plus à l’œuvre.
Mais l’Association internationale des critiques d’art (AICA) existe. Celle-ci ne fournit aucun effort pour publier des manuels de qualité et faire l’état des lieux de l’art en RDC.
Les biographies de grands auteurs faites après diverses recherches approfondies sont quasi inexistantes. Comme on le voit en Europe, où il y a des biographies de grands artistes qui ont marqué leur temps, et cela, en vue de mettre à la disposition des chercheurs et la génération future des repères, car qui n’a pas des repères se perd, dit- on.
Les artistes comme Van Ghog, René Magritte, Cézanne, Picasso, Braque, Manet, Monet, Rubens, etc.,- ont bien des livres écrits pour eux et leurs apports dans le monde de l’art.
Avec ce manque d’ouvrages, l’art congolais restera toujours dans l’amateurisme, car les moyens de savoir comment se déroule et s’est déroulé l’art dans les temps antérieurs, manquent.
Pour avoir une idée de plus sur ce domaine en RDC, il faut aussi lire les auteurs étrangers qui, presque en général, en parlant de l’art africain, ont effleuré quelques éléments de l’art congolais.
Ces auteurs sont Laure Meyer, Claude Roy, W.Toebosch, André Magnin, Joseph Cornet, Gaston Denys Perier, Ngoré Fall, etc.
En dehors des ces trois livres cités, disons que, de Lubaki, Djilatembo, Pili-Pili, Bela Sara, Mwenze; Liyolo Limbé le sculpteur du monument de la place des artistes au rond-point Victoire à Kinshasa, Lufwa le sculpteur du Batteur de tam tam de la Foire internationale de Kinshasa, Ndanvu le compositeur des Mosaïques qui ornent les murs de la Cour suprême de justice, -jusqu’aux jeunes artistes d’aujourd’hui, il n’y a pas d’anthologies et biographies dignes de ce nom.
Cela, après 84 ans d’art plastique moderne en RDC, soit de 1926 après les premières manifestations de l’art plastique moderne avec les fresques de Lubaki et de Djilatembo jusqu’en 2010.
Bien qu’étant les premiers à s’exprimer en art plastique moderne au Congo, ces artistes ne bénéficient pas suffisamment de leur notoriété du point de vue reconnaissance bibliographique. Leurs œuvres font la fierté de la Belgique dans le musée «Tervuren».
Jean Kamba/Le Potentiel
(Tkm/BT/PKF)