Les assises de Kinshasa du 4ème Congrès africain du pétrole ont vécu, que dire de ses recommandations notamment l’urgence de l’optimisation de l’exploitation actuelle, comme dans le cas de la société Perenco-Rdc qui déploie courageusement ses activités sur des champs pétroliers marginaux ? Un expert en avise.
Le quatrième Congrès Africain du Pétrole et Exposition, CAPE IV, qui s’est tenu à Kinshasa du 24 au 27 mars, s’est clôturé sur une note d’espoir. Les participants au forum ont mis en exergue l’urgence d’investir dans l’exploration, l’optimisation et la construction d’infrastructures de raffinage.
Ces conclusions se fondent sur les énormes quantités de réserves de pétrole qui existent dans plusieurs pays africains. Un potentiel d’exploration formidable qui avoisine les 100 milliards de barils d’or noir pour ses membres, selon l’Association des Pays Producteurs de Pétrole Africains, APPA.
L’exploitation de la chaine pétrolière, en amont comme en aval, est couteuse. De nombreux opérateurs économiques consentent tout de même d’énormes efforts dans la recherche du sésame enfoui sous les roches.
Dans cette perspective, les congressistes ont plaidé pour la création d’un cadre juridique et contractuel sécurisant. Ceci implique, d’une part, le vote de bonnes lois en vue d’assurer une plus grande souplesse des réglementations, et d’autre part, l’encouragement par les investisseurs de la formation et du renforcement des capacités du personnel local.
Pour le ministre des Hydrocarbures de la RDC, Célestin Mbuyu, « la coopération africaine est requise dans toutes les conditions pour un partenariat gagnant-gagnant ».
Le secteur congolais des hydrocarbures a plusieurs défis à relever. Parmi eux le transfert technologique pour une amélioration des connaissances du secteur, mais aussi la protection de l’environnement pour assurer la compatibilité des activités pétrolières avec la préservation de la nature et la vie des communautés locales.
En RDC, la dynamique de la coopération est déjà perceptible au travers du GEPP (Groupement des Explorateurs et Producteurs Pétroliers). En effet, les sociétés d’exploration et production se sont regroupées au sein de cette plate-forme pour garantir leurs intérêts et pour assister l’Etat congolais dans l’élaboration des politiques relatives à l’amont pétrolier. A ce jour, le GEPP compte six membres : PERENCO REP, SOCO RDC, SURESTREAM SARL, TEIKOKU OIL, CHEVRON ODS LTD, et ENERGULF CONGO SARL.
Unique producteur du pétrole brut en RDC, Perenco RDC atteint une production journalière de 25.000 barils par jour. Si ces chiffres peuvent paraître moins importants que ceux affichés par notre voisin angolais, Benoit de Fouchardière, le Directeur Général de Perenco RDC, explique que « Avant tout il faut regarder la taille des blocs offerts à la recherche et à la production. En Angola la surface représente 100 fois celle de la RDC, ce qui est proportionnel à la production. Cependant, cette différence de chiffres est due surtout au fait que le Groupe Perenco, exploite des champs pétroliers sous-économiques sur lesquels de nombreux investisseurs n’osent pas s’engager et Perenco crée ainsi de nouvelles réserves en prolongeant leur vie ».
Et le Directeur Général de Perenco RDC d’ajouter : « Nous sommes partenaires du pays et nous allons continuer à limiter le déclin de la production malgré la complexité technique d’opérer sur des champs pétroliers hérités en 2000 après 30 ans d’exploitation. Nous assurons la continuité avec les blocs actuels, mais pour grossir il faut que d’autres blocs soient explorés, que du pétrole soit trouvé, mis en production et exporté ».
PERENCO exploite des concessions en fin de vie abandonnées par les sociétés Shell et FINA sur la terre ferme (450 km2) et des champs en mer, longtemps propriétés de Chevron. L’exploitation dans ces conditions est particulièrement rude. « La pression du réservoir a baissé, il faut assister la production par des injections d’eau et de gaz », précise l’ingénieur géologue Thierry Supa.
Malgré les nombreux défis à relever, le Groupe Perenco entend accompagner la RDC dans le développement de son secteur pétrolier. Pour ce faire, il continuera à mettre en œuvre son savoir-faire particulier qui consiste à donner une nouvelle vie à des champs pétroliers déjà enterrés sous d’autres cieux.
Correspondance de Patrick Georges Bomboka
(DN/Yes)