Les artistes peintres Kapinga Tshapota, Aza Masongi, Séraphine Mbeya ; la sculpteur Izemengia Kenska, Yohari et la céramiste Mava, etc, sont les plasticiennes qui, à présent, se défendent en art congolais. Ces femmes créent des œuvres d’art qui parlent et communiquent à la société par leurs valeurs plastiques, les messages qu’elles portent.

Dans leurs œuvres, la femme, en premier lieu, et la famille occupent une place de choix. La quasi-totalité de ces artistes sont issues de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.
 
La peintre Kapinga Tshiapota
 
Résidant à Kinshasa, cette artiste a su se faire un nom après diverses expositions au pays ainsi qu’à l’étranger. Faisant partie des « Ateliers Botembe », Tshiapota fournit une palette dense et chaude avec des silhouettes filiformes aux têtes ovoïdes telles des « pétales des fleurs » qui, à tout temps, exécutent des mouvements qui leur donnent des postures divers.

Les personnages de Tshiapota bougent pendant la guerre, la faim, les plaintes, les pleurs, la folie, l’euphorie, la recherche d’une survie. Ses expressions sont teintées des richesses qui résultent de la manipulation des couleurs dans un langage artistique inconsciemment puisé dans ses propres expériences sociétales.

 La couleur rouge presque omniprésente sur ses toiles, est manipulée avec agressivité, symbole d’un déchaînement contre le coté négatif de la vie sociale de l’humanité et de son Congo natal. Tshiapota est aussi la présidente de l’Association des femmes Artistes des Beaux Arts (AFIBA) et membre des diverses associations artistiques.
 
D’après le critique d’art et président de l’Association internationale des critiques d’arts (AICA) N’tumba Kekwo, « Tshiapota assume le destin de son pays et du village. Elle s’inspire de son environnement pour dire un message à la fois personnel et universel. Personnel au sens où, en tant que femme, elle subit également le martyre de sa société dans sa vie quotidienne. L’universalité de son message réside dans son élan de solidarité avec tous les laissés pour- compte de toutes les nations.

En fait, au- delà des images représentées, l’artiste voudrait interpeller la conscience de chacun dans sa sphère de responsabilité pour aider, tant soit peu, à la résolution des problèmes qui déchirent l’humanité. Son souci constant, c’est l’harmonie en l’homme dans ses relations au sein de la société, avec l’écosystème et avec Dieu. Cette philosophie sociale est empruntée des idées humanistes et des doctrines de la protection de l’enfant et du droit de la femme… »
 
Le sculpteur Izemengia Kenska

Visiblement déterminé à braver l’image stéréotypée d’une femme incapable d’aller au-delà du visible, Izemengia Kenska sculpte avec une abstraction hautement symbolique. Avec son inspiration puisée dans la profondeur de toute sa féminité, d’où finesse, harmonies des lignes et contrastes des couleurs, et de thème, l’artiste crée un ensemble d’éléments plastiques assis sur le Bois rouge, pierres en marbre, etc.
 
Dans ses œuvres, il y a un concert des formes géométriques. Souvent, on y remarque une suggestion des quelques parties corporelles humaines baignant dans l’abstraction dominante de l’oeuvre.

Les influences des masques africains et de l’art occidental font l’ensemble de ses réalisations. La couleur rouge gouverne ses sculptures composées des lignes faites selon une musique des formes qui expriment la présence de la vie. Izemengia a réalisé des œuvres comme : « La mère protectrice », « Double face », « Mère de famille », « Le mystère de la femme », etc. Cette artiste a exposé ses œuvres en mars 2010 à Kinshasa.
 
Jean Kamba/Le Potentiel


(Tkm/BT/TH)