Il se tient, du lundi 29 au mercredi 31 mars 2010, au Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS), les journées sociales du Cepas. Le thème principal pour ces assises est « Au-delà du jubilé d’or : quel avenir pour la Rdc ? ».

Quatre conférences étaient prévues au cours de la première journée. La première conférence animée par le professeur Paulin Manwelo sj a eu pour thème « L’avenir de la RDC 50 ans après l’indépendance ». La deuxième intervention est celle du professeur Philippe Biyoya axée sur « La RDC de demain : queue politique pour quel Etat ? ». Le père Rigobert Minani sj a exposé sur «  Le rôle de la Société civile dans la construction future de la RDC ». En fin de journée, le professeur Pierre Akele Atau a clôturé par le thème « Reforme de l’administration, la justice, la police et l’armée, pour quel RDC ».

Cinq thèses pour l’avenir de la Rdc


Dans sa conférence inaugurale axée sur « L’avenir de la RDC 50 ans après l’indépendance », le professeur Paulin Manwelo sj s’est appuyé sur cinq thèses essentielles pour bâtir l’avenir de la RDC.

La thèse politico-économi­que, appelée actuellement la bonne gouvernance, c’est une thèse qui se base sur l’éthique. Mais, considéré dans l’angle institutionnel, elle peut devenir un discours hypocrite.

La thèse de la priorité de l’éducation: depuis la conférence nationale souveraine, il est dit dans ce pays que l’éducation doit être considérée comme une priorité. Mais sous quelle condition peut-on en arriver là dans un contexte de crise ?

La thèse de la géopolitique : il est dit ici que l’avenir de la RDC dépend de ses relations avec ses voisins mais aussi avec la communauté internationale.

La thèse culturelle se base sur le changement des mentalités certains pensent que la RDC ne prendra son plus bel élan que si les Congolais changent leurs mentalités. Car, estime le père Manwelo, ce qui change un peuple ce n’est ni les capitaux ni des bonnes lois moins encore des dirigeants charismatiques, mais lorsqu’il sait s’assumer seul. Bref, toutes ces valeurs qui assurent la dignité humaine.

L’orateur a conclu en affirmant que l’avenir de la RDC dépend de sa capacité de promouvoir les habitudes et les bonnes mœurs de son peuple. « 50 ans après l’indépendance notre pays à besoin d’un discours qui ne soit pas de façade, mais celui qui le conduira vers un changement meilleur, vers la révolution (...) et la révolution sera culturelle ou ne le sera pas , a-t-il martelé.

Quelle politique pour quel état ?

Dans la deuxième conférence, le professeur Philippe Biyoya a exposé sur « La RDC de demain : quelle politique pour quel Etat ? ». L’orateur a indique que pour observer la RDC de demain, on peut partir de l’Afrique ou de la géopolitique du monde contemporain.

Pour être plus pragmatique, il prend l’exemple de la Russie, un pays qui, selon lui, a fait le même parcours que la RDC. Avec l’effondrement des années 80 sous Boris Eltsine, la Russie s’est sentie humiliée, mais avec Vladimir Poutine la Russie est sortie du gouffre. La RDC qui est tombée jusqu’au point zéro depuis le régime Mobutu, va-t-il relever le défi ?

Le professeur Biyoya estime qu’il faut trois choses pour envisager un Congo meilleur : la réforme de politique interne, la réforme économique et la réforme de la politique étrangère. Sans verser dans un congolopessimisme, l’orateur a constaté que les trois fondamentaux de la construction d’un Etat manquent à la RDC : la permanence de l’administration, la permanence de l’impôt et la permanence de l’armée. Il faut donc refonder l’Etat congolais.

Rich Ngapi/Le Potentiel
(Milor/GTM/PKF)