La visite officielle que va effectuer le président Joseph Kabila cette fin du mois de mars en Corée du Sud à l’invitation des autorités sud-coréennes servira d’opportunité à propulser la coopération bilatérale entre Kinshasa et Séoul toute disposée à aider au décollage de la RDC.

Le raffermissement de la coopération bilatérale, le transfert de la technologie et les possibilités d’investissements sud-coréens en République démocratique du Congo seront au menu des entretiens que le président congolais Joseph Kabila Kabange aura avec les responsables sud-coréens lors de sa visite à Séoul prévue vers la fin de ce mois de mars, selon l’ambassadeur de la Corée du Sud accrédité en RDC, KIM Sung-Chul.
Dans un entretien exclusif au journal Le Potentiel, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Corée du Sud à Kinshasa, M. KIM Sung-Chul, s’exprimant en marge de cette visite, a souligné les avantages qu’offre la présence du président Kabila à Séoul pour le peuple congolais.
Notamment le bénéfice de la planification économique pour laquelle la Corée du Sud dispose d’une riche expérience qu’elle entend partager, non seulement avec la RDC, mais aussi avec d’autres pays africains. Car, selon le diplomate sud-coréen, la politique de son pays envers le continent noir est d’aider celui-ci à se prendre en charge.
« L’Afrique a été, jusqu’ici, la cible de l’exploitation extérieure et bénéficiaire de l’assistance internationale. Un tel encadrement doit être brisé et laisser la place à l’autoprise en charge du peuple africain par lui-même », a dit l’ambassadeur KIM Sung-Chul. « Il faut que l’Afrique se mette debout » devait-il insister.
Comment y parvenir ? Le diplomate sud-coréen estime que ce nouveau rôle du peuple africain à se prendre en charge doit être défendu dans des rencontres et institutions internationales. Et pour ce faire, «la Corée du Sud, qui va bientôt accéder à la présidence du G20, va jouer pleinement le rôle de pont et d’intermédiaire entre les pays africains et les autres membres du groupe », selon le diplomate sud-coréen.
Quant à la République démocratique du Congo, la visite du président Kabila à Séoul va la mettre en avant-plan de cet effort sud-coréen. Il s’agit, selon le diplomate sud-coréen, d’aider ce pays à devenir un pays leader en Afrique, compte tenu de sa taille, de sa position géopolitique et de ses ressources.
Faisant sans doute allusion aux différentes guerres qu’a connues la RDC, l’ambassadeur KIM Sung-Chul estime qu’«une aide n’a de valeur que quand le bénéficiaire est en difficulté». Ainsi, la RDC, qui vient de sortir de différentes guerres de rébellion peut s’attendre à une assistance sud-coréenne dans les grands domaines tels que ceux de la planification économique grâce au savoir-faire que la Corée a acquis durant son propre processus économique, de la lutte contre la fuite des minerais à l’est du pays et qui pourtant sont liés au développement de la RDC.
Selon le diplomate, la Corée du Sud va également apporter son assistance à la RDC dans le domaine agricole et de l’élevage en vue de créer des possibilités de rentabilités dans ce secteur, notamment par la création d’une communauté de paysans pouvant se développer grâce à cette assistance et dont la réussite peut être étendue à d’autres coins du pays.
A la question de savoir comment expliquer que la RDC, qui avait un PIB supérieur à celui de la Corée du Sud avant et même quelques années après l’indépendance, se trouve aujourd’hui loin derrière la Corée du Sud dont le PIB ne fait que s’accroître, le diplomate sud-coréen a mis l’accent sur «une vision du développement».
«Nous avions une vision de leader pour l’avenir. Sans vision, on ne peut rien», a-t-il dit, ajoutant que pour le décollage de la RDC, «il faut un leadership fort et une volonté forte de produire».
«Je pense que la RDC a tous les atouts pour y arriver. Elle a ce que la Corée n’a pas : des ressources naturelles qui peuvent être utilisées pour son développement, mais qui doivent être utilisées avec sagesse », devait souligner le diplomate coréen.
A cela s’ajoute, selon l’ambassadeur KIM Sung-Chul, l’annulation de la dette extérieure congolaise qui peut intervenir en juin prochain et «les deux choses peuvent créer un environnement pour des investisseurs extérieurs ».
Mais le diplomate coréen estime, par ailleurs, qu’ «il faut beaucoup d’efforts pour contrôler les ressources de l’Etat, une bonne administration pouvant donner des garanties aux investisseurs, créer un échantillon dans chaque domaine dont la réussite saura provoquer un effet d’entraînement».
Enfin, l’ambassadeur KIM Sung-Chul est convaincu que tous les facteurs sont réunis pour un avenir meilleur de la RDC : «un grand pays géographiquement, une population proche de celle de la France et de l’Allemagne, de nombreuses ressources naturelles qui, malheureusement, ne font pas encore le bien-être de la population, une volonté de se développer, un processus démocratique appréciable marqué par des discussions exemplaires au Parlement ».Mais cet avenir meilleur ne peut se concrétiser sans vision, selon l’ambassadeur KIM Sung-Chul.
Matshi/Le Potentiel
(Ern/DN/GW/PKF)