Il y a près d’une année, le ministre en charge de la justice et droits humains avait, en vue de combattre le banditisme et autres anti­valeurs, lancé l’opération « Tolérance zéro » dont la portée exacte était de ne permettre à personne, de quelque nature que ce soit, de prétendre être au-dessus de la loi.

Une terrible battue s’engagea par la suite dans la ville de Kinshasa choisie comme le terrain de lancement de cette opération. Ainsi, les « Kuluna » d’une quelconque entité qui se faisaient prendre la main dans le sac, savaient d’avance que leurs fiches de recensement étaient d’office déchirées.


Ils savaient également qu’ils seraient envoyés manu militari dans une des prisons de la République notamment à Buluwo au Katanga, Angenga et Osio en province Orientale, Cinquantenaire dans la province de Bandundu et hier, au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk). Prise afin d’exclure du quotidien du peuple congolais un virus aussi dangereux, la mise hors circuit des « Kuluna » par un emprisonnement devra s’accompagner de garde-­fous à même de permettre à ces délinquants.

Et en cette année du social, les observateurs assidus en appellent à leur affectation dans des travaux agricoles notamment à Kaniama-kasese au Katanga où existe une étendue de terre à vue l’oeil et qui, pour la circonstance, nécessite l’intervention d’une main gratuite qui n’est d’ailleurs pas à aller chercher loin. Il s’agit entendu de tous ces « Kuluna » lesquels au lieu de se tourner inutilement les pouces en prison, seraient appelés à produire grâce aux travaux de champs.

Les efforts qu’ils seraient appelés à engager iraient massivement corroborer l’appel du président de la République qui a déclaré 2010, une année du social. Lors de notre tendre jeunesse, les prisonniers de Luzumu et de Madimba dans la province du Bas-Congo donnaient l’occasion à cette classe de prisonniers.

Les jeunes prisonniers qui, jusque-là, ne disposaient d’aucune formation professionnelle devenaient, au terme de leur emprisonnement, de bons pères de famille doublés d’un métier de leur choix. Ceux qui sont encore en vie à ce jour, sont fiers de le témoigner gaiement au sein de leurs foyers respectifs, familles élargies, auprès de leurs amis et connaissances.

Au Katanga par exemple, les « Kuluna » peuvent prendre la relève des éléments du service national (SN) sur lequel reposait fermement les espoirs du redressement agricole de feu M’Zee Laurent-Désiré Kabila. La vaste étendue qui s’offre encore devant aussi bien les visiteurs que les membres de cette organisation, assure une nouvelle page dans l’expansion agricole en République démocratique du Congo.

D’ailleurs, la logistique ne fait pas défaut quant on sait que le Chef de l’Etat a mis en place un programme d’affectation des engins agricoles pour chaque province. Bon nombre d’entre elles ont déjà été servies. Les pensionnaires récemment affectés à la prison du Cinquantenaire viennent de se retrouver face à une moisson féconde du fait que le gouvernorat de la province de Bandundu apprête plusieurs hectares de champs pour la plantation du manioc et autres essences alimentaires.

A Kinshasa, plusieurs années avant, l’espace compris entre la route de Selembao et la prison était transformé en champs dont le fruit servait à nourrir les prisonniers eux-mêmes. Tout en encourageant franchement les actions menées par le numéro un du ministère de la justice et des droits humains contre la forte expansion de la délinquance tant à Kinshasa que dans tous les grands centres du pays, il serait souhaitable de voir ces prisonniers d’un grief exceptionnel, participer à la reconstruction du pays quand bien même étant entre les quatre murs d’une prison.

Le Palmarès


(Tkm/GM/PKF)