L’exploitation de la manne pétrolière au centre d’un Congrès qui réunit dès ce mardi à Kinshasa plus de ministres africains de ce névralgique secteur énergétique, une précieuse opportunité pour la RDC de tirer profit de l’expérience des autres afin de se doter d’une bonne politique pétrolière.
Dépenser 2 millions de dollars Us pour gagner des milliards, les assises de Kinshasa ne sont pas une perte pour la Rdc. Ce 4ème Congrès est une occasion pour Kinshasa de se vendre, de bénéficier de l’expérience des autres afin d’augmenter sa production pétrolière. *300 exposants sont attendus au Palais du peuple où seront érigés 53 stands.
Kinshasa est depuis une semaine le centre de gravité de la réflexion sur la production pétrolière. La tenue du 4ème congrès de l’Appa. Après le forum des entreprises pétrolières, les experts ont clôturé le dimanche dernier la réunion à leur niveau. Il s’ouvre aujourd’hui le Conseil des ministres africains ayant les hydrocarbures dans leurs attributions. Les délégations ont commencé à affluer depuis dimanche. Aujourd’hui, selon nos sources, toutes les délégations sont présentes et prêtes pour le 36è Conseil des ministres de l’Association des producteurs de pétrole africains.
En attendant les résolutions du conseil des ministres, il y a lieu d’évaluer le chemin parcouru jusque-là. C’est l’exercice auquel se sont livré José Bafwala, président du comité des experts et Elikya S. chargé de la supervision et de la logistique.
Les travaux se déroulent normalement
Le président du comité des experts, au cours d’une émission télévisée, a fait remarquer la bonne marche des assises de Kinshasa notamment à travers la réalisation sans accrocs des premières étapes. Il a souligné que la réunion des experts qui s’est clôturée le dimanche est une des étapes importantes de ces assises dans la mesure où ce sont les travaux des experts qui doivent donner de la matière aux ministres. En termes clairs, les décisions que prendront les ministres seront tributaires de la qualité des travaux des experts. Il nous revient que l’Appa a battu le rappel des troupes à tel point que l’on ne peut parler d’absents à ces assises de Kinshasa.
Car, sur 16 Etats membres, a renseigné le président du comité des experts, 14 sont présents. En ce qui concerne le coût de l’organisation, le président du comité des experts a noté que deux millions de dollars, c’est beaucoup d’argent, mais c’est peu à la fois lorsqu’on tient compte des dépenses à effectuer. A part des dépenses liées par exemple au logement des délégations dont 26 ministres, il y a le paiement des arriérés de cotisation de la Rdc à cette organisation.
A ce sujet, il a insisté sur le fait que dans le domaine du pétrole, on n’investit pas pour des résultats immédiats. Qu’à cela ne tienne, a-t-il fait remarquer, l’organisation de ce 4ème congrès du pétrole à Kinshasa va permettre d’injecter sur le marché kinois quelque chose comme un milliard de dollars Us. En plus de cet avantage pécuniaire, l’organisation de ce congrès est une occasion pour la Rdc de se vendre et de bénéficier de l’expérience des autres pays dans ce domaine de l’exploitation pétrolière. En termes clairs, ce congrès aidera la Rdc à trouver des voies et moyens de sortir de la modicité de sa production pétrolière.
Car, a insisté le président du comité des experts, il n’est pas normal que pendant des décennies, la Rdc se contente seulement d’une production de 25.000 à 30.000 barils jour. Et pourtant avec ses trois bassins, ce pays peut faire mieux, a-t-il conclu. En conclusion, ce n’est pas faire une mauvaise affaire que de dépenser 2 millions de dollars Us pour gagner des milliards.
Exposition au Palais du peuple
Après le conseil des ministres, il y aura l’exposition qui sera organisée au Palais du peuple. Selon Elikya, responsable de la logistique, on attend 100 entreprises à cette exposition. Ce qui représente quelque 300 personnes à accueillir et 53 stands au total. Tous les exposants attendus ont-ils confirmé leur participation ? Le chargé de la logistique se montre optimiste, notamment en faisant remarquer que tous ceux qui ont pris leur inscription à cette exposition ont payé. Par conséquent, il ne voit pas des gens qui ont déboursé de l’argent pour participer à l’exposition ne pas venir sans qu’il y ait un cas de force majeure. Il a insisté sur le fait que les exposants ne viennent pas seulement du continent. Car, certains viennent même de Pérou (Amérique latine).
En ce qui concerne le Palais du peuple choisi comme site de cette exposition, Elikya estime que le cadre est adapté et il a remercié le parlement d’avoir accepté que cette exposition se tienne dans le hall de son siège. Ce congrès, estiment certains confrères, ne fait pas l’engouement du côté de la population. Le responsable de la logistique a apaisé cette inquiétude en donnant la géographie de banderoles déployées pour informer l’opinion sur la tenue de ces importantes assises sur le pétrole. Pour lui, la campagne de sensibilisation s’est faite en trois phases.
La première phase s’est consacrée à mobiliser l’extérieur. Les résultats sont là à travers cette participation à l’exposition. Au niveau national, c’est la deuxième phase, les entreprises pétrolières ont été sensibilisées. On note que 30 entreprises nationales participeront à cette exposition sans compter les délégués simples. La troisième phase, c’est celle de la sensibilisation générale à travers les banderoles.
Les raisons d’espérer
D’un congrès à un autre, qu’est-ce qui change et en quoi les assises de Kinshasa apporteront-elles un plus ? Les échanges entre différents pays et la constitution de la banque des données pouvant servir à tout le monde, ce sont autant des raisons de la tenue de ces assises. Lorsqu’on sait que la production pétrolière repose sur une technologie moderne en constante évolution, on doit s’attendre à ce qu’à chaque congrès qu’il y ait évolution et changement. En ce qui concerne les adhésions, il a été indiqué que 9 pays attendraient leur adhésion à l’Appa dont le Sénégal, le Mozambique, Le Sao Tomé, l’Ouganda, …
Le président du comité des experts a insisté sur le fait que l’adhésion à l’Appa n’est nullement liée à l’importance de la production pétrolière du pays sollicitant. Il suffit d’avoir des potentialités et adhérer à l’Appa en vue de s’outiller pour produire du pétrole.
Pour revenir sur le cas de la Rdc, le président du comité des experts a mis l’accent sur la politique en la matière. Jadis, la Rdc appliquait la politique de concession. Cela faisait de l’Etat un partenaire dormant pendant que les opérateurs pétroliers se donnaient tous les avantages. Avec la politique des contrats de partage de la production, l’Etat va se retrouver.
Il faut pour ce faire, un arsenal juridique qui manquait dans la mesure où l’exploitation pétrolière se faisait sur base de du code minier très peu adapté. Il y aura bientôt la loi pétrolière. Celle-ci mettra l’accent sur le social afin que l’exploitation du pétrole s’accompagne du développement de milieux d’implantation des sites. Tout en soulignant que l’exploitation pétrolière n’est pas une petite et moyenne entreprise, le président du comité des experts s’est montré optimiste quant à l’avenir pétrolier de la Rdc. Car, il faut commencer quelque part et la Rdc a fait ce pas. Quant aux potentialités de ce pays, elles sont énormes avec les trois bassins pétroliers congolais : le littoral côtier Bas-Congo), la cuvette centrale (Equateur, Bandundu), le Graben (Lac Albert) sans oublier la province Orientale et le Kasaï occidental (Dekese).
Joachim Diana G./L’Avenir
(Milor/DN/CL/PKF)