Des attaques dont seraient victimes depuis quelques jours certains armateurs exploitant le fleuve de la part du groupe des Enyele, en serait la cause principale.
Selon une muni-enquête menée notamment auprès des commerçants rencontrés dans quelques beach de la capitale, cette situation ne risquera non seulement de causer la rareté des produits agricoles dans la ville de Kinshasa mais elle ne permettra pas aussi aux habitants de l’Equateur de s’approvisionner en denrées de première nécessité.
Des armateurs exploitant le fleuve Congo dans le tronçon compris entre Kinshasa et la province de l’Equateur menacent de suspendre le trafic. Pour cause ? Des attaques dont ils seraient victimes depuis quelques jours sur le fleuve.
Quant à l’identification des auteurs de ces actes inciviques, l’on parle d’un groupe d’Enyele, dispersés il y a quelque temps par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cela, suite à l’insécurité causée par ces éléments cités ci-haut, dans une partie de la province de l’Equateur.
Le cas le plus récent est celui d’un bateau privé attaqué la semaine passée en amont du fleuve Congo, à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Mbandaka, par des pirates non autrement identifiés. Aussitôt informée, a renseigné notre source, l’autorité provinciale de la province de l’Equateur a dépêché des éléments des FARDC pour le rétablissement de l’ordre.
A l’issue de cette descente des agents de l’ordre, quelques insurgés arrêtés ont été présentés au gouverneur de province, Jean-Claude Baende. L’autorité provinciale a promis le rétablissement de la situation sécuritaire dans toute l’étendue de la province.
D’après des exploitants contactés par Le Potentiel, le trafic sur le fleuve Congo pourra être suspendu d’un moment à l’autre, si les autorités n’y prennent garde. Selon notre source, le trafic une fois suspendu, ne pourra reprendre que si la sécurité des armateurs privés est garantie.
Il faut noter que depuis quelque temps, ce ne sont que les armateurs privés qui exploitent le trafic fluvial Kinshasa-Equateur. Etant donné que l’Office national des transports (Onatra) se trouve dans l’incapacité d’exploiter le tronçon Kinshasa-Equateur.
A ce jour, si ces armateurs décident de suspendre le trafic sur le fleuve Congo, les habitants de l’Equateur seront obligés de n’atteindre Kinshasa que par voie aérienne.
Or, le trafic aérien en RDC n’est pas à la portée de toutes les bourses. Ainsi, les habitants de ce coin du pays auront du mal à évacuer leurs produits agricoles et s’approvisionner en denrées de première nécessité. Une situation qui risquera de causer la rareté des produits agricoles dans la ville de Kinshasa.
Car, la province de l’Equateur figure parmi celles qui alimentent la ville de Kinshasa. Un commerçant trouvé au beach de l’OCC qui voulait se rendre dans la province de l’Equateur, en fait déjà les frais. Sous le couvert de l’anonymat, il n’a pas pu cacher son appréhension face à cette situation.
« Je fais des navettes entre Kinshasa et Mbandaka, et j’étais venu me renseigner du départ d’un bateau, mais on m’a laissé entendre que le trafic fluvial ne s’effectue actuellement que dans le tronçon compris entre Kinshasa et Bolobo, non pas au delà », a-t-il confié.
Et ce, avant de s’inquiéter : « Je ne sais ce que je dois faire de mes produits agricoles achetés sur commande à Gemena ». Car, « a-t-il renchéri, mes amis et moi ne savons plus, en cet instant, à quel saint se vouer».
La situation du commerçant aux abois n’est pas un cas isolé. Au beach dénommée «Apolo», nous avons rencontré une jeune femme commerçante qui comptait se rendre à Gemena. « On m’a laissé entendre que le bateau ne peut aller au-delà de Bolobo », a-t-elle déclaré apparemment sans en connaître les raisons.
Solution durable
D’après un agent commis au beach « Baramoto » par la division des transports, près de cent bateaux ou embarcations à moteur ont été recensés à ce jour, comme exploitants du tronçon Kinshasa-Equateur. Et les propriétaires de ces unités de navigation, a-t-il ajouté, payent régulièrement les taxes dues à l’Etat.
Selon certains observateurs, suspendre le trafic vers la province de l’Equateur est synonyme de priver l’Etat de ses moyens. Pour éviter le pire, le gouvernement doit prendre des mesures qui s’imposent, dans le souci de sécuriser les trafiquants du fleuve Congo le long de ce tronçon compris entre Kinshasa et Mbandaka.
Des solutions durables sont donc attendues par la population congolaise. «Le gouvernement a le devoir de nous sécuriser », a déclaré un armateur rencontré au beach dénommé « Baramoto ». Car, a-t-il ajouté, la situation que nous vivons est très préoccupante.
Du côté des militaires des forces navales, des menaces dont parlent certains armateurs ont bel et bien eu lieu. Mais seulement, la situation a été maîtrisée aussitôt que les éléments des FARDC sont arrivés sur le lieu. « Personne ne peut se permettre une aventure de piraterie sur le fleuve », a reconnu un élément des Forces navales rencontré au beach « Ngobila ».
Signalons par ailleurs, que l’Office nationale des transports (Onatra) a suspendu le trafic sur le fleuve Congo. Et ce, pour diverses raisons. L’Etat a l’obligation de doter l’Onatra de moyens conséquents, afin que cette entreprise publique soit compétitive. C’est alors qu’elle pourra générer des recettes nécessaires à la reconstruction du pays.
Le Potentiel
(CL/PKF)