Le capitaine Olivier Hamuli des Fardc est convaincu que les éléments que l’armée congolaise est allée arracher à l’hôpital où ils étaient sous la protection de l’Ong Médecins sans frontières (Msf), sont des Fdlr. Le Msf qui évoque la Convention de Vienne dénonce le comportement de l’armée congolaise pour cause que ces blessés avaient droit à la protection.

Le capitaine Hamuli, sans mettre en cause la Convention de Vienne, fait comprendre que les Fdlr sont réfractaires au processus DDRRR. Dans le cadre de l’opération « Amani Leo », les Fardc ont mission de traquer tous ceux qui refusent de se faire désarmer en vue d’une réinsertion après rapatriement.

Plus grave, le capitaine des Fardc fait savoir que Msf trompait l’opinion en présentant ces combattants comme des Congolais. En termes clairs, Msf ne voulait pas que l’on sache que ces blessés étaient des Fdlr. Il avait fallu que les Fardc, par des services congolais, mènent des enquêtes pour que la vraie identité de ces gens soit connue. Alors que Msf parle de 4 blessés, le capitaine Olivier Hamuli avance le nombre de six dont un ex-Far et quatre dépendants.

A propos de la Convention de Vienne, il serait malencontreux de l’évoquer lorsqu’on sait que les blessés retirés de l’hôpital de Fizi, sont actuellement admis à l’hôpital militaire de Bukavu. L’agitation de Msf apparaît donc comme une façon d’extérioriser sa mauvaise conscience. Lorsqu’on est pris en flagrant délit, le mieux à faire serait de se taire. On sait que les Ong internationales n’acceptent jamais leur tort.

Elles sont toujours à la recherche de la dérobade. La meilleure façon de le faire pour elles, c’est de charger la Rdc, son armée et ses institutions. Ainsi, pour ne pas être accusé de complicité avec les Fdlr, un groupe terroriste reconnu comme tel, Msf accuse les Fardc de violer la Convention de Vienne.

Msf décrit la scène de ce qu’il appelle « enlèvement » dans radiookapi.net : « Les éléments de l’armée congolaise sont arrivés à l’hôpital et ont pris de force 4 personnes. Malgré la présence de notre équipe qui a essayé de parlementer et qui a essayé de faire comprendre à ces militaires que c’était contre tous les principes militaires, c’était bafouer les règles les plus élémentaires et malgré tout ce qu’on a pu faire, ces quatre personnes ont été emmenées de force par les troupes gouvernementales. C’était un civil, 2 Maï-Maï et 1 FDLR. Ils avaient été blessés par balle. On a quitté cet hôpital mais on y est retourné depuis mercredi ».

La question qui revient à l’esprit est celle de savoir pour quelle raison Msf n’avait-il pas révélé la vraie identité de ces blessés avant d’exiger qu’on leur applique les prescrits de la Convention de Vienne ? Les termes du communiqué de Msf tendant à la dramatisation de l’affaire sont choisis pour le besoin de la cause. « Médecins Sans Frontières-Espagne, MSF, déplore l’enlèvement par les FARDC des 4 blessés qui bénéficiaient des soins médicaux d’urgence fournis par l’une de ses équipes chirurgicales dans un hôpital des hauts plateaux de Fizi dans le village de Katanga le 11 mars ».

Si Msf ne se reprochait rien, il devrait mentionner dans l’attaque de ce communiqué l’identité de ces blessés. Il parle de blessés sans précisions dans le seul but de présenter les Fardc comme une armée qui est capable de soustraire un pauvre blessé de l’hôpital où il est admis pour des soins. Cette campagne de diabolisation des Fardc n’est pas une première à l’Est de la Rdc où les Ong compatissent aux souffrances des victimes congolaises de la guerre tout en jouant au copain-copain avec ceux qui font la guerre aux Congolais.

A propos, encore une fois de la fameuse Convention de Vienne, très peu ont exigé son application à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan. En termes clairs, on se pose la question de savoir si les Usa, les troupes alliées en Afghanistan sont prêts à laisser sous la protection d’une Ong des combattants talibans ou de Al Qu’Aïda au nom de la Convention de Vienne ? Se muant en donneur de leçon alors qu’il devrait rougir d’avoir menti en dissimulant la vraie identité des blessés, Msf évoque la Convention de Vienne en ce qui concerne la sécurité des blessés et des équipes médicales.

Et pourtant, dans un cas comme dans un autre, rien n’a été violé. Les blessés qui ont été retirés des mains de Msf qui les faisait passer pour des Congolais alors qu’il s’agissait des Fdlr, n’ont nullement été insécurisés. Car, rien ne dit que la sécurité ne pouvait leur être garantie que dans l’hôpital de Fizi. Le capitaine Olivier Hamuli est très clair à ce sujet. En réaction à l’agitation de Msf, le porte-parole du programme « Amani leo » a fait savoir que les blessés en question « sont bien traités dans une institution médicale de Bukavu où la hiérarchie militaire a décidé de les faire soigner ».

Ainsi donc, en amenant ces blessés à l’hôpital militaire de Bukavu où, après la guérison ils seront soumis au programme DDRRR, les Fardc ont posé un acte salutaire pour la paix dans la région. Car, cela sécurise toute la région des Grands Lacs. Par contre, si on les laissait sous la protection de Msf, il est vrai qu’on ne saurait pas ce qu’ils deviendront après la guérison.

Il est fort possible qu’ils rentrent en forêt et redeviennent un problème d’insécurité pour la Rdc. En ce qui concerne les équipes médicales, sauf évocation gratuite de leur cas, elles n’ont nullement été inquiétées par les Fardc qui ne se sont intéressées qu’aux Fdlr et ex-Far. Il nous revient qu’après cet acte des Fardc, le Msf a placé la barre très haut en quittant l’hôpital de Fizi. On ne sait pas comment qualifier cela si ce n’est pas un chantage.

Moralité : la Rdc n’a jamais eu de bonheur avec les Ong dont les responsables ont une curieuse façon de comprendre le problème congolais en ce qui concerne la guerre à l’Est. Certaines Ong ont tort de croire qu’il s’agirait d’un simple malentendu entre les Fardc et les Fdlr. Elles n’hésitent donc pas à les loger sous la même enseigne. Il faut donc, chaque fois que les circonstances l’exigent, démontrer à ces Ong que la Rdc est en difficulté dans sa partie Est, mais ne renoncera jamais à sa souveraineté.

Joachim Diana G./L’Avenir


(TH/DN/TN/PKF)