La représentation nationale a décidé que le gouvernement vienne s’expliquer de toute urgence sur la question relative au départ de la Mission onusienne au Congo. Des discussions au sommet sont en cours entre l’exécutif congolais et le Conseil de sécurité de l’Onu.

Refusant d’être mis devant le fait accompli lorsque ces pourparlers vont déboucher sur une décision, les élus du peuple veulent intervenir en amont. Ils estiment que leur éclairage est indispensable pour traiter cette question avec beaucoup d’efficacité. Eux qui sont en contact permanent avec le peuple restent fermement convaincus que le voeu du souverain primaire concernant cette épineuse question doit être entendu, à défaut de primer sur toute considération technique.

Il est vrai, un terrain d’entente a presque déjà été trouvé entre les autorités congolaises et celles des Nations Unies. Il s’agit substantiellement d’organiser un retrait progressif de la Monuc, quitte à en modifier le mandat.

Suivant cet angle de vue, la mission onusienne va se retirer de l’Ouest du pays, en vue de concentrer le gros de ses troupes et de ses moyens à l’Est. C’est du reste dans cette partie de la République que devra migrer le quartier général de cette mission.

Au bout du compte il s’avère que la Monuc ne quittera pas le sol congolais avant la moitié de la première législature. Telles sont les prévisions minimalistes de plusieurs spécialistes. Cette question divise l’opinion publique congolaise. Mais de manière globale, l’impression qui se dégage au sein de la population congolaise est favorable au maintien de la Monuc jusqu’à la prochaine législature. Jusqu’à 2013 ou 2014 pour les moins exigeants et jusqu’à 2016 pour les jusqu’au boutistes.

Jusqu’où faut-il concrètement aller avec la Monuc, suivant quelles modalités pratiques et quelle échéance. Il se pose là un problème à la fois subtil et crucial. Subtil parce qu’il convient de trancher de manière presque définitive sur l’option à prendre. Subtil aussi parce que le temps ne se prête pas aux atermoiements ou aux prolongations.

Au plus tard le 30 juin prochain, la question liée au sort de la Monuc doit être évacuée. Mais, le problème reste    contraste particulièrement crucial d’autant que du choix de l’une ou l’autre option dépend exclusivement la survie de la nation congolaise.

C’est pour cette raison principale, que les députés nationaux n’ont pas voulu laisser la question à la seule discrétion de l’exécutif. Echaudée par le scandale ayant éclaté autour des recettes additionnelles, la chambre basse tient désormais à anticiper sur les événements.

En effet, beaucoup sont ceux qui restent convaincus, en particulier au niveau du Parlement, que la situation générale du pays reste très profile. Chaque jour, on sent monter I’impétueuse pression de plusieurs forces centrifuges. Quand on analyse les choses en profondeur, il ne fait aucun doute que ces forces attendent le détonateur pour exploser.

Ainsi le départ de la Monuc avant une échéance décidée après une mûre réflexion, risque de se révéler fatale. En tout cas quelque soit l’angle où l’on envisage la question, presque tout le monde tombe d’accord que la mission onusienne reste encore indispensable jusqu’aux prochaines élections    de 2011.

Seulement, la représentation nationale à peur. Elle a peur de voir le gouvernement, dont les velléités souverainistes sont plus récurrents ces derniers temps, sacrifier l’exigence sécuritaire du moment sur l’autel de l’auto affirmation politique et du souverainisme. Ainsi les élus du peuple ont décidé de placer la question de la Monuc aux urgences de cette session de mars.

Le Palmarès


(Milor/DN/TN/PKF)