Il était temps. Pour un nouvel épisode du conflit entre la RDC et la Belgique, il n’en était pas réellement un. En fait, il s’est agi d’une polémique belgo-belge sur la Rdc instrumentalisée comme enjeu de politique intérieure. Du côté belge, certains nostalgiques d’une certaine époque semblent s’être trompés de période et de cadre.

Il était donc temps que le Premier ministre belge, M. Yves Leterme, calme la tempête qui tentait de prendre corps et de compromettre les relations entre les deux Etats historiquement liés au moment où la Rd Congo s’apprête à célébrer le cinquantenaire de son indépendance. Pourvu qu’il ne s’agisse pas d’une simple accalmie, mais bel et bien de la fin de la tempête. Car, dans certains milieux politiques belges, on semble encore et toujours se nourrir de ce genre de conflit.

Enfin, le Premier ministre belge, Yves Leterme, sort de sa réserve pour remettre les pendules à l’heure. Sans se faire prier, le chef du Gouvernement belge a choisi la chaîne de télévision néerlandophone VRT pour répondre aux critiques des socialistes flamands et autres nostalgiques d’un certain Congo. Sans y aller par le dos de la cuillère, il a indiqué: «Je crois que nos amis socialistes flamands vivent encore l’époque de Mobutu». Que ce genre de déclaration sorte de la bouche du Premier ministre belge, il y a vraiment de quoi amener plus d’un Congolais à pousser un «ouf» de soulagement.

Car, alors que Kinshasa pensait qu’il était de son devoir d’inviter son ancienne puissance coloniale, en l’occurrence la Belgique, histoire oblige, à prendre part aux festivités de son cinquantenaire, voilà que, encore et toujours du côté de certains milieux politiques belges, des critiques fusent comme si la RDC en était encore à l’époque de Mobutu.

Les récentes critiques au sujet de l’invitation adressée au Roi Albert II de prendre part aux festivités du cinquantenaire de la RDC et la possibilité de voir des éléments des Fardc parader lors de la fête nationale belge ont poussé M. Yves Leterme à ajouter, à la déclaration ci-dessus évoquée, que les socialistes flamands (belges) continuent à voir l’évolution de la situation en Rd Congo en se servant des yeux avec lesquels ils jugeaient la gestion du maréchal Mobutu. «Nous Belges, avons déjà dépassé ce stade et nos partenaires Congolais aussi».

Car, à l’entendre, ses «amis» vivent encore aujourd’hui comme ils vivaient à l’époque de Mobutu. On comprend mieux pourquoi certains milieux politiques belges passent le plus clair de leur temps à fomenter des conflits avec la RDC un peu comme si ces polémiques entretenaient la flamme d’amour entre la Belge et son ancienne colonie.

C’est fort de ces critiques d’ailleurs que le ministre belge De Crem s’est donc rebiffé et ce, après avoir invité les militaires congolais à défiler à Bruxelles. Pour qui connaît le fonctionnement de la politique belge, les socialistes flamands étaient des anti-Mobutu.

Alors que les choses ont considérablement changé en RDC (Joseph Kabila est issu des élections qu’exigeaient les mêmes belges, et que la dictature de Mobutu a pris fin depuis bien longtemps), les socialistes flamands et certains nostalgiques de la coalition au pouvoir ne semblent pas s’adapter à la nouvelle donne politique congolaise. Mais, au bout de compte, dans la polémique autour de la présence du Roi Albert II à Kinshasa lors des festivités du cinquantenaire de la RDC, la ligne majoritaire au sein de la classe politique belge semble finalement bien l’avoir emporté.

Ainsi donc, sauf changement de dernière minute, le Roi des Belges rehaussera de sa présence les 50 ans d’indépendance de la RDC le 30 juin 2010. La cause juste semble l’emporter au sein du Gouvernement belge, an grand dam des socialistes flamands actuellement dans l’opposition.

M. M./Forum des As


(TH/TN/DN/PKF)