Une dépêche de radiookapi.net signale une certaine tension dans la ville, précisément dans la commune de Mangobo, ce qui aurait été à la base du report de la séance de lundi dernier. Mais, en lieu et place du gouverneur de province que nous n’avons pu joindre, l’un de ses collaborateurs a minimisé cette dépêche tout en arguant que la situation est calme.
Une dépêche de radiookapi.net nous a appris hier qu’il se passait quelque chose dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale En effet, ladite dépêche disait qu’une plénière de l’Assemblée provinciale devait se tenir lundi dernier. Mais, elle n’a pu se tenir et a été reportée à ce mercredi 17 mars 2010.
Dans la journée d’hier, toujours selon la dépêche de notre consoeur, le bureau de l’Assemblée provinciale a rendu public un communiqué justifiant le report pour des raisons d’ordre sécuritaire. En en croire la même source, le président de l’Assemblée provinciale a été lui-même surpris par une présence policière dans l’enceinte de l’institution sans qu’il en ait été informé au préalable.
Il affirme que selon des sources militaires une certaine tension régnait dans la ville de Kisangani, singulièrement dans la commune de Mangobo.
La séance de tous les enjeux de ce mercredi
Il y a quelques temps, la hiérarchie de la province avait connu une atmosphère de trouble. C’est ce qui avait mené le vice-gouverneur de la province à démissionner. Cette démission a été au centre d’une vive controverse entre l’opposition et la majorité. Entre-temps, au sein de l’Assemblée provinciale courait une motion de déchéance contre le président de l’Assemblée provinciale.
En même temps, un groupe de députés avaient rédigé une motion de censure contre le gouverneur de province, M. Autsai. Motion que le parlement provincial avait rejetée par une large majorité. Ce dernier avait été accusé de plusieurs griefs que son directeur de cabinet avait réfutés en bloc.
Nous avions publié en son temps la déclaration du directeur de cabinet au sujet de ces griefs, lequel parlait naturellement au nom du gouverneur de province. Pour en revenir à notre source d’information, certains députés provinciaux estiment que les raisons sécuritaires seraient un alibi pour reporter la plénière de lundi dernier.
Pour eux, il existe un conflit d’intérêt entre deux membres du bureau du parlement provincial. Faute de communication, poursuivent-ils, l’Assemblée provinciale et l’Exécutif provincial sont pris en otage par leurs animateurs respectifs.
Il n’y pas de tension à Kisangani
Nous avons tout fait pour entrer en contact téléphonique avec le président de l’Assemblée provinciale. Malheureusement, nous ne l’avons pas eu au bout du fil, la technique nous ayant faussé compagnie.
Nous avons également essayé d’atteindre le gouverneur de province pour en savoir plus. Au premier appel, nous avons eu à l’autre bout du fil son secrétaire particulier qui nous dira de sonner plus tard parce que le patron de la province était occupé à tenir une importante réunion de sécurité qui est allée jusque tard dans la soirée.
Toutefois, un membre de son cabinet, en l’occurrence le directeur de cabinet adjoint, a nettement minimisé la dépêche de radiookapi.net en l’accusant de vouloir faire du sensationnel.
Le développement de la province doit primer avant toute chose
On a la nette impression que le vieux démon de la discorde est de retour dans la Province Orientale. Au sein de l’Assemblée provinciale, un groupe de députés provinciaux sont décidés de créer de toutes pièces une crise institutionnelle.
C’est probablement les retombées du vote contre la motion de censure contre le gouverneur de province. Le fait que celle-ci n’ait pas été approuvée laisse certains députés dans la morosité et le mécontentement à telle enseigne qu’ils cherchent toujours des poux sur la tête du gouverneur et du président de l’Assemblée provinciale.
Nous posons la question aux uns et aux autres, celle de savoir à quoi rime ce jeu de cache-cache.
Ils doivent se mettre en tête que leur province, appelée à juste titre province martyre, a souffert plus que toute autre des affres des guerres de toutes les couleurs et ce, depuis plus de quatre décennies. La population a pleuré des dizaines et des milliers de morts suite à ces guerres très meurtrières.
Ceci doit interpeller tous les tenants du pouvoir. Ils sont contraints de ne travailler que pour le développement intégral de la province. Le développement de la province doit primer avant toute autre chose. La Province a tous les atouts pour se développer eu égard à ses potentialités économiques, quitte au pouvoir de les exploiter : agriculture, pêche, environnement, parcs nationaux, …
L’homme de la rue de la Province Orientale ne demande pas mieux que de manger à sa faim, de boire à sa soif, d’élever ses enfants, de les scolariser dans les meilleures conditions, de rouler sur de bonnes routes, de cultiver ses champs pour une sécurité alimentaire assurée, d’écouler ses produits agricoles par des routes de desserte agricole vers des centres de consommation pour sa subsistance,...
L’homme de la rue de la Province Orientale n’a que faire des conflits d’intérêts entre des individus qui desservent la province en lieu et place de la faire développer.
Les députés provinciaux appelés à la retenue
Aujourd’hui, l’Assemblée provinciale va se réunir. Bien que nous ne connaissions pas l’ordre du jour de cette séance, nous invitons tous les députés provinciaux de toutes les tendances politiques, régionales ou tribales à la retenue et à faire preuve au sens de l’honneur et de la dignité. Ils doivent faire montre que cette dignité, ils la mérite. Une personnalité digne se livre à un combat d’idées et non à celui de la force musculaire.
Le mauvais exemple vécu tout dernièrement à l’Assemblée provinciale du Katanga ne doit pas faire tâche d’huile. Le parlement, qu’il national ou provincial, est un lieu « sacré » (pas dans le sens religieux du terme), un lieu qui ne peut être « profané » par des rixes insensées.
C.L/MMC/L’Avenir
(CL/PKF)