Secteur clé d’un pays, la diplomatie est un domaine où il convient de veiller absolument au grain. Les dérapages et les faux pas dans ce secteur déteignent plus que tout sur l’image de marque d’un pays. Il est pratiquement impossible de s’imposer ou de se faire respecter sur le plan international si l’on a une diplomatie chancelante, peu rassurante et aux pratiques peu recommandables. Conscient de cette évidence, le Gouvernement congolais a opéré une nouvelle mise en place dans la diplomatie. Le souci était justement de redynamiser ce secteur devenu chancelant.

Mais, en dépit de la cure de jouvence imposée à ce domaine, le nouveau souffle tant souhaité est loin de s’imposer concrètement. Le manque de moyens, l’irrégularité des salaires, soumettant les nouveaux diplomates congolais à des pratiques d’une autre âge, en tout cas très peu recommandables en ce 21ème siècle.

C’est le secteur d’octroi de nouveaux passeports biométriques qui constitue la base de la dérive stigmatisée. De manière officielle, et cela suivant la campagne du Ministère des Affaires étrangères, le nouveau passeport biométrique coûte 150 $ Us. A cela s’ajoutent 20 $ Us à débourser pour l’obtention du formulaire. En procédure d’urgence, le passeport coûte 300$ Us.

Quand on est malade et que la situation exige d’obtenir son passeport en temps record, il faut juste débourser 150 $ Us, sous la seule réserve que la requête doit être approuvée par écrit au niveau du Ministère des Affaires étrangères, obligatoirement par le ministre ou son vice. Curieusement, en Europe, on assiste à une surenchère qui confine à la magouille voire à l’escroquerie.

Ainsi, en France, le passeport biométrique coûte 186 euros, soit l’équivalent de plus de 200 $ Us pour les majeurs et 216 euros soit un peu plus de 230 $ Us pour les mineurs. Au Benelux, on est à 160 euros pour majeurs et mineurs. A Londres, c’est le record 220 euros, soit près de 250 $ Us. A cette surenchère, vient s’ajouter une autre spéculation, plus perverse que la première. Le délai de délivrance du nouveau passeport va de 3 mois au delà. Pour ceux qui veulent contourner l’obstacle, il faut débourser 50 euros en France et 80 euros à Bruxelles.

Mais, bien pire, le nouvel ambassadeur de la RDC à Paris s’est signalé dans des pratiques insoutenables. Pour engranger davantage, il exige pour tout dossier complet déposé à l’époque de son prédécesseur 50 euros pour actualisation, il y a même des requérants qui se sont carrément vus refuser la délivrance du passeport sous le prétexte que l’ancien ambassadeur en poste à Paris avait détourné l’argent versé. Ainsi, est-il demandé aux pauvres victimes de renouveler leur démarche. Surtout sur le plan financier.

Plus que jamais

Sur un autre registre, l’on stigmatise de plus en plus le népotisme, les licenciements abusifs ainsi que l’entrée en fonction irrégulière de nouvelles unités au sein de plusieurs ambassades congolaises fonctionnant dans l’espace européen. C’est l’ambassade de la RDC en France qui bat le triste record d’irrégularités dans ce domaine. En tout cas, pour l’honneur et la crédibilité du pays, surtout en cette veille du cinquantenaire, il convient que le gouvernement se penche sur cette question.

Il est vrai que les pratiques rétrogrades ci-haut dénoncées sont aussi vielles que notre diplomatie. Elles ont une longue durée dans le temps. Mais hier, elles s’expliquaient vu le contexte de délinquance avancée du pays. Aujourd’hui. Cependant, la renaissance congolaise exige de redorer le blason de notre diplomatie. Vivement, il est temps de nettoyer ses écuries d’Augias pour le Gouvernement congolais.

Le Palmarès


(TH/GTM/GW/PKF)