Le Commandant de la force de la Mission de l’ONU au Congo (MONUC), le général Babacar Gaye a confirmé jeudi que « toutes les conditions prévues pour que la MONUC puisse apporter son soutien aux unités des FAR DC sont remplies », au cours d’une conférence de presse animée conjointement avec le commandant des opé­rations Amani Leo dans les Kivu.

Quant au bilan des opé­rations à mi-parcours, le géné­ral Amuli s’est également mon­tré très positif en déclarant « les opérations évoluent très bien, il n’y a pas de problèmes majeurs sur le terrain. Les FDLR sont en débandade, re­poussées très loin dans la fo­rêt ». Le commandant des opérations Amani Leo a indiqué que jusque là, 271 FDLR ont été neutralisés, dont 175 au Sud Kivu, et 96 au Nord-Kivu; alors que 135 dépendants ont été remis au programme DDRRR de la MONUC pour leur rapatriement et 189 armes de tous calibres ont été récu­pérées.

A la question de la presse sur la protection des ci­vils - pendant et après les opé­rations, le général Amuli a ré­pondu, qu’avec l’aide de la MONUC, un mécanisme de protection des civils a été mis en place, en vue de corriger les éventuels manquements. « S’il y a des unités qui sont en opération, d’autres res­tent pour assurer la protection des populations », a-t-il indiqué.

Le général Amuli a par ailleurs souligné, à propos des éléments FARDC qui se se­raient rendus coupables de vio­lations des droits de l’Homme, que des dispositions sont pri­ses pour qu’ils soient punis. Il a annoncé qu’une commis­sion de vérification des allégations de cette nature, compo­sée de la MONUC, des FARDC et des organisations des droits de l’Homme, venait d’être mise en place - à sa demande - pour faire à chaque fois la lumière sur les actes incriminés.

Il a aussi indiqué, qu’en amont, des actions étaient pri­ses pour sensibiliser, aussi bien les officiers que les hom­mes de troupes, sur le respect des droits de l’Homme. « Amani Leo est différent de Kimia 2 » a-t-il dit, « ajou­tant : Si nous FARDC, nous voulons être ensemble avec la population, il faudrait que nous changions de mentalités. Qu’il n’y ait plus de viols, de barriè­res, de travaux forcés, de pillage des habitations. Je pense que, si les militaires changeaient, la confiance sera rétablie entre nous et la popu­lation et nous serons acceptes “, a-t-il insisté.

Evoquant le cas particulier du colonel Zimurinda, ac­cusé par les organisations de défense des droits humains du Nord-Kivu et par Human Rights Watchde graves violations des droits de l’Homme dans le ter­ritoire de Masisi, le général Amuli a affirmé que sa hiérar­chie en était informée et qu’il s’en tiendrait à ses instruc­tions, au regard de la sensibi­lité du dossier.

Nous ne tolèrerons pas ce comportement, ça nous choque, ça nous dérange d’autant plus que nous som­mes, depuis un certain mo­ment, en train de parler, et d’al­ler partout, de visiter nos uni­tés pour leur parler, justement du respect des droits humains, qui reste pour nous les FARDC, dans le cadre des opérations Amani Leo, notre cheval de bataille. La protec­tion de la population et de ses biens est notre devoir sacré a-t-il conclu.

A la presse qui deman­dait au général Gaye de préci­ser la nature de la coopération entre les FARDC et la MONUC à propos d’Amani Leo, ce der­nier a rappelé la résolution 1906 du Conseil de sécurité qui demande à la MONUC de con­tinuer à coordonner les opéra­tions avec les FARDC en vue de désarmer les FDLR: « Nous nous en tenons à cette résolu­tion », a t-il indiqué.

Concernant les condi­tions que poserait la MONUC pour collaborer avec certaines unités FARDC, le général Gaye a précisé :“ Le mandat que nous avons reçu fixe de ma­nière claire les conditions de soutien aux FARDC. Cette ré­solution n’est pas seulement destinée à la MONUC. Elle est partagée avec toutes les parties. Et nous pou­vons dire que toutes les condi­tions sont remplies pour appor­ter notre soutien aux FARDC

APA


(TH/TN/GW/PKF)