Présenté comme partie civile chez le premier juge, le garde du corps du regretté député provincial Botheti est maintenant aux mains de la justice militaire en qualité d’assassin présumé.Dans un communiqué officiel signé par son porte-parole, le ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende Omalanga en date du 13 mars 2010, le gouvernement de la République annonce à l’opinion que les services de sécurité ont retrouvé et neutralisé l’agent de police caporal André Kankonde wa Kankonde, l’un des assassins présumés du député provincial et vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botheti Loleke, dont il était par ailleurs garde du corps.


Selon le porte-parole du gouvernement, le caporal André Kankonde wa Kankonde qui avait été, il y a quelque temps, présenté à la justice militaire, s’était évadé dans des circonstances non encore élucidées. Il a été immédiatement mis à la disposition de la justice militaire pour permettre à la procédure relative à cette affaire de se poursuivre normalement.

Pour rappel, dans son verdict rendu le lundi 22 septembre 2008 en chambre foraine au camp Kokolo de Kinshasa, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema avait condamné à la peine capitale quatre prévenus et acquitté quatre autres. Et ce, après deux mois et deux semaines de débats. L’ancien vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et député de l’opposition a été assassiné le 6 juillet 2008.

Ont été condamnés à la peine de mort pour le meurtre du député Botheti en date du 6 juillet 2008, les prévenus Kadi Mungung, Inoki alias « Bébé Kero », Patrick Mwewa, Fidèle Ilunga. Parmi les acquittés, il y avait les lieutenants Kalonji wa Kalonji et Mongongo Matungu, de la Garde républicaine, ainsi que le civil Junior Susungu. L’autre acquitté a été le soldat Ngoy Kasongo alias « moto ya Katanga», mais lequel a été aussitôt repris pour d’autres charges qui pesaient sur lui. Ceux qui n’étaient pas contents de ce verdict, c’est-à-dire la partie civile Botheti et la défense, avaient interjeté appel.

Dans cette affaire, le garde du corps André Kankonde wa Kankonde n’a pas été impliqué par le capitaine Limbaya, le substitut de l’auditeur qui assurait la charge du ministère public. Il faudrait noter que ce dernier était encadré par le major magistrat Bashonga, auditeur militaire de garnison de l’époque, devenu aujourd’hui auditeur militaire supérieur et ministère public dans cette affaire au degré d’appel à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe.

En d’autres termes, le tribunal avait entendu le brigadier Kankonde en tant que partie civile, c’est-à-dire une victime qui avait failli mourir. Est-il que les dommages et intérêts lui avaient été refusés, du fait qu’il avait failli à son devoir de garde du corps. En clair, ni le ministère public ni la partie civile Botheti n’avaient relevé appel contre la décision du tribunal sur son cas.

Du moins, tout au long de l’instruction, les avocats de la défense avaient continué à soutenir que c’est le garde du corps Kankonde wa Kankonde qui a tué son chef par inadvertance. Réagissant à ce verdict, Me Théodore Mukendi de ce collectif avait estimé que son client Patrick Mwewa ne devait pas être condamné pour le meurtre de l’honorable Botheti. Et il l’avait expliqué en ces termes : «C’est un verdict qui a une certaine valeur parce qu’à mon avis, il a une part de justice en lui ; c’est pourquoi nous adhérons à cela de manière partielle. Mais nous disons qu’en ce qui concerne les acquittés, nous sommes totalement satisfait.

Pour ceux qui est des condamnés dans leur totalité, nous disons que nous avons une satisfaction partielle parce qu’en ce qui concerne le meurtre de l’honorable Botheti, nous avons démontré à suffisance que c’était son garde du corps qui l’avait abattu et que nos clients ne devraient pas être condamnés pour cela. Mais pour l’association des malfaiteurs, à partir du moment où il faut dégager une certaine évidence dans cette prévention, je crois que le tribunal a dit son droit de manière correcte. »

Satisfaction partielle aussi pour la partie civile qui avait estimé que bien que des coupables soient condamnés, toute la vérité autour de l’assassinat de l’honorable Daniel Botheti n’a pas été rétablie : « Nous acceptons, jusque-là, le verdict parce que c’est la chose jugée, c’est l’intime conviction des juges, et que nous devons faire confiance en notre justice, mais nous avons encore d’autres voies qui puissent nous emmener à donner suffisamment d’autres preuves à la justice quant à d’autres personnes citées ou à d’autres contradictions qu’il y a eu dans le jugement.

La partie civile famille Botheti n’avait pas besoin des dommages et intérêts, mais a besoin seulement de la manifestation de la justice, de la vérité pour que soit mis fin à l’impunité et pour une prise en charge de la gestion du pays et la sécurité des personnes et de leurs biens et la bonne administration du pouvoir public. »

Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel


(TH/TN/GW/PKF)