Réputée pour son faible taux de criminalité, la ville de Matadi vient d’être gagnée par le phénomène Kuluna. Au chef-lieu de la province du Bas-Congo, ce ne sont pas des adolescents qui sèment la terreur, mais des bandits âgés entre 18 et 35ans.

Leur terrain de prédi­lection, Kala-Mpala, un secteur jouxtant le Port de Matadi.

Selon des informa­tions qui nous par­viennent de cette partie de la ville portuaire, ces bandes sont com­posées entre 10 et 20 malfaiteurs armés des machettes, des cou­teaux et des barres de fer. Parmi eux, l’on compte de nombreux repris de justice et même des déserteurs et des évadés des ca­chots.

C’est pour leur si­nistre passé et leurs an­técédents judiciaires qu’ils ont choisi d’opérer la nuit à Kala-Mpala, un secteur toujours baigné dans l’obs­curité et où s’alignent les camions-remorques de­vant entrer au Port de Ma­tadi pour leur chargement.

Pendant que les chauffeurs sont endor­mis dans leurs cabines, ces bandits équipés de l’outillage de mécanicien, démontent les batteries et les pneus de rechange. A la moindre résistance, ils font recours à leurs armes blanches et blessent griè­vement leurs victimes.

Matumueni Matos, un routier qui fait réguliè­rement des navettes en­tre Kinshasa et le Port de Matadi, en garde un très mauvais souvenir. Il racon­te : « Une nuit, un groupe des gens lui a demandé de descendre de son camion. II s’est exécuté craignant d’être brutalisé. C’était des malfaiteurs armés des machettes qui ont arraché deux batteries, deux pneus de rechange, son téléphone portable et quelques économies ».

Après son agression, d’autres camions se trouvant dans cette longue file d’attente, ont été délestés de leurs accessoires.

Au loin, Matumueni se rappelle avoir vu une camionnette dans laquelle les bandits ont embarqué leur butin, avant de dispa­raître dans les dédales de cette ville portuaire.

N’étant pas armés, les chauffeurs ne savent pas comment assurer leur protection contre ces mal­faiteurs réputés dangereux et très agressifs.

Au rythme où se multiplie ce genre d’agres­sions, les victimes enten­dent saisir les services d’enquête de l’Inspection provinciale de la police, ville de Matadi, pour met­tre hors d’état de nuire ces Kuluna.

L’on sait que cette criminalité précède tou­jours les coupeurs de routes qui détournent les camions chargés de mar­chandises et dévalisent toute leur cargaison. Il y a une dizaine d’années, des membres de la pè­gre kinoise allaient opérer sur la Nationale n°1 qu’ils connaissaient comme le fond de leurs poches. En effet, entre Songololo et Kimpese, ils improvisaient une barrière sur la route. Au vu de cet obstacle, les chauffeurs des camions s’arrêtaient. Et c’est en ce moment que les routiers étaient détournés de leur destination. Garés le long de la chaussée, les pneus dégonflés, les camions étaient déchargés toute la nuit.

A cette époque, les sociétés de transport avaient fini par escorter certains convois par des équipes de la police ou soit, faisaient embarquer des policiers armés à bord de certains véhicules.

La police nationale devrait déployer des efforts pour patrouiller dans les secteurs réputés coupe-gorges ou y installer quel­ques équipes des policiers armés.

J.R.T./Le Phare


(Tkm/BT/PKF)