La Haute cour a décidé qu’un résumé de la requête introduite par les avocats de Bemba soit notifié aux autorités congolaises et centrafricaines.
Le 25 février, la défense de J.P. Bemba a introduit une requête stigmatisant des « contacts suspects » entre le gouvernement congolais et celui de la Centrafrique. Le tout concourt à démontrer le caractère politique de l’arrestation de Bemba. Telle est la claire interprétation qui s’impose quand on analyse la requête de la défense. De toutes les façons, cela répond de la démarche originelle de cette dernière. Dès le début de l’affaire opposant leur client au procureur argentin, les avocats de Bemba n’ont cessé de crier à la politisation du dossier.
Aujourd’hui, l’heure semble sonner pour lever un coin de voile sur cette question gênante. En effet, la Haute cour a décidé qu’un résumé de la requête introduite par les avocats de Bemba soit notifié aux autorités congolaises et centrafricaines. Celles-ci pourront ainsi présenter leurs observations au plus tard le 19 avril prochain. Cependant, la démarche n’a aucun caractère obligatoire.
Kinshasa et Bangui sont libres de réagir à l’accusation de la défense ou pas. Mais cela n’a pas empêché la CPI de les solliciter dans cette affaire. Pour sûr, leur éclairage permettra de trancher de manière définitive en faveur ou non du fameux procès de politisation du dossier Bemba. Le 27 avril, date initialement prévue pour le début du procès Bemba, sera exclusivement bon sacré à un grand débat contradictoire.
La défense, l’accusation ainsi que les représentants des victimes: vont s’affronter dans une dernière, mais redoutable, bataille judiciaire. Au terme de cette dernière, le sort de Bemba sera soit définitivement scellé, soit il connaîtra un nouveau rebondissement. Entendu que dans les vagues de l’historique confrontation du 27 avril, la défense aura déjà eu l’occasion de répondre aux observations de Kinshasa et Bangui, si jamais ces deux capitales réagissaient.
Os à croquer
Depuis le début de l’affaire Bemba, il faut noter que c’est la première fois, dans le palmarès des prestations de la défense, que l’opinion publique va au moins croquer du solide. Aux jérémiades et autres vaines récriminations du porte-parole de ce collectif, succède aujourd’hui une approche plus pratique.. Ainsi, en dehors du très controversé procès de politisation du dossier Bemba qu’intente la défense à la justice internationale, cette première vient de réussir à ouvrir une brèche.
Le Palmarès
(TH/CL/PKF)