Les quatre députés leurs de trois motions de défiance à l’assemblée provinciale du Katanga le mois dernier ont dénoncé, lundi dernier, le manque de débats démocratiques au sein de cette institution depuis sa réouverture. Ils l’ont déclaré à Lubumbashi au coup d’une conférence de presse.

Selon député provincial Aimé Kasbngo, un des pétitionnaires, depuis la reprise des activités au sein de l’institution, seules les conférences des président de groupes parlementaires sont organisées.

Par ailleurs, le groupe de quatre députés provinciaux récuse le rapport de la commission sénatoriale qui a mené des instigations sur l’incident survenu en janvier dernier au parlement provincial.

Le groupe s’étonne, par exemple, que cette commission ait fait part dans son rapport de 15.000 dollars américains qu’aurait perçus chacun des quatre députés a titre des soins de santé après les sévices corporels subis au cours de ces incidents. Ce qui  n’est pas vrai, a relevé Aimé Kasongo.

Le groupe relève également la confusion entretenue entre l’incident de assemblée provinciale et le conflit inter ethnique qui oppose les sempia aux balukat. « Au lieu daller tout droit au but, qu’on prétexte que nous avons été manipulés, c’est bien triste, a­-t-il regrette.

Pour rappel, les trois motions de défiance déposées par les 4 députés concernent le questeur de l’assemblée provinciale, le ministre des infrastructures et son collègue des finances.

Une conférence-débat sur le « découpage territorial au Katanga, menace ou opportunité et perspective » a été animé récemment à la Hall de l’Etoile, dans la commune de Lubumbashi par MM. Muyumba Maila Mwana et  Katshung Yav , respectivement porte-parole de l’opposition politique et professeur de Droit à l’UNILU et responsable de la chaîne UNESCO.

Selon  une dépêche parvenue  lundi à l’ACP, M. Muyumba a présenté le découpage comme un fait déjà consacré par l’article 2 de la Constitution de la RDC. Il ne reste que sa mise en route qui tarde à venir, puisque cette même Constitution n’est pas tout à fait respectée dans plusieurs articles pour des raisons inexpliquées, a renchéri la source. Auparavant,  M. Muyumba avait fait l’historique de la RDC depuis le 30 juin 1960 où des conflits interethniques avaient éclaté dans plusieurs provinces notamment au Kasaï, province repartie en deux entités territoriales. C’était le début du découpage, a dit M. Muyumba, ajoutant être lui-même contre ce découpage, mais devant un fait né d’une constitution non vulgarisée et dont le peuple a avalisé avec résignation.

Quant au Dr Katshung Yav, le découpage territorial n’est pas mauvais en soi, car, il rapproche les gouvernants aux gouvernés. Il a, par ailleurs, indiqué que la centralisation administrative énerve le peuple et détourne son esprit. Pour les uns, a-t-il ajouté, le découpage est semblable à la décentralisation administrative, mais ils évoquent trois  peurs à savoir l’abus d’autorité, les conflits ethniques et la déstabilisation de l’unité nationale. Mais, son point positif c’est le rapprochement des autorités politiques et des populations locales. Il n’ y a pas à entretenir des discussions là-dessus, car, le découpage est déjà consacré, il ne reste que l’installation des provinces, a dit en substance le Dr Katshung Yav.

ACP/Uhuru


(Milor/BT/GW/PKF)