Le Port de Matadi reçoit ce jeudi 11 mars 2010 un navire de guerre belge, avec à son bord le ministre de la Défense, Pieter de Crem. L’information a été livrée à l’issue de l’audience que le Gouverneur du Bas-Congo, Simon-Floribert Mbatshi Batshia, a accordée le mardi 09 mars 2010 à une délégation mixte d’officiers belges et congolais.

C’est le Commandant du 3ème Groupe de la Force Navale regroupant les Bases de Banana, de Boma et de Matadi qui s’est chargé de la porter à la connaissance de la presse. Cette délégation était conduite auprès de l’autorité provinciale par le Colonel Isaac Kisebwe Lamuseni, Commandant ad intérim de la 2ème Région Militaire. On y a noté la présence de l’Attaché militaire de l’Ambassade de la Belgique en RDC, Smets.

C’est la troisième fois que le bâtiment de guerre belge dénommé « Godetia » va mouiller l’encre au port de Matadi. Il a l’habitude d’apporter partout où il accoste, divers biens tels que des vêtements, des kits scolaires et informatiques, des meubles, des chaudières solaires et autres appareils médicaux. La visite de cette flotte militaire du Royaume de Belgique en RDC est un signal fort et visible de la redynamisation de la coopération militaire entre les deux pays. Avant l’étape de Matadi, ce navire de guerre belge était passé par les ports de Douala, Casablan­ca, Banjul et Pointe-Noire. Son voyage de retour prévoit les escales de Coto­nou, Dakar et à Lisbonne au Portugal.

Pourquoi le Roi doit aller au Congo

Et si, tenant compte des critiques et du relevé argumenté de toutes les carences des autorités de Kinshasa. Albert II n’allait pas au Congo le 30 juin prochain, pour les cinquante ans de l’indépendance de l’ancienne colonie belge ? Fort bien. Ce désistement donnerait raison aux « réalistes qui savent depuis longtemps que la Belgique, placée par hasard an cœur de l’Eu­rope, n’a jamais été qu’un accident de l’Histoire. Rien de plus qu’un petit pays frileux dont les investisseurs redoutent des horizons africains dont ils ont naguère tiré tant de profits.

Un pays qui a vendu ses banques, liquidé sa capacité industrielle et bradé ses ambitions. Un peuple égoïste qui tourne le dos aux illusions du passé et jouit encore des dividendes d’une réputation parfois sur faite...

Si le Roi ne se rend pas à Kinshasa, cela Permettra aux Congolais d’enfin couper le lien qui les relie à l’ancienne métropole ; après avoir fait le « deuil du père », ils pourront, l’esprit tranquille, se tourner  vers les nouveaux partenaires qui se bousculent et leur marquent les signes de respect dont la Belgique se montre si chiche...

Cette image-là correspond-elle a la réalité de notre pays, aux sentiments de notre population, aux vœux des Congolais ? Non, trois fois non. Pour beaucoup d’entre nous, le Congo c’est encore une Belgique qui sait déployer le meilleur de ses talents, ouvrir ses fenêtres vers de plus larges horizons. Une Belgique, qui, sur la scène internationale, s’est opposée au dépeçage de son ancienne colonie, a dénoncé une guerre atroce et parrainé les élections démocratiques qui ont refondé l’Etat. Une Belgique dépourvue de visées impérialistes, mais dont l’autorité morale et la compétence sont reconnues lorsqu’il s’agit du Congo.

Ne pas aller à Kinshasa, le 30juin, c’est nier les dizaines de milliers de solidarités individuelles parrainages, jumelages, envois de fonds, réunions d’information...- et congédier les missionnaires, volontaires, militants, anciens coloniaux... Y aller, c’est rendre un tribut à l’Histoire, l’écrire à l’endroit, reconnaître que les destins de deux peuples se sont croisés au XIXe siècle et demeurent liés au XXIe... Et, au-delà des contingences politiques, c’est prendre date pour l’avenir.

Colette Braeckman/Luzolo N’zeka/Le Phare


(Milor/CL/GW/PKF)