Dans ce rapport l’observatoire de la parité dresse un triste bilan de la parité homme-femme dans les institutions. Il ressort de cet rapport biennal que la femme est ostensiblement sous représentée dans tous les niveaux politique, social, économique.

Alors que la constitution du pays en son article 14 stipule : La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre progressive de la parité homme -femme dans lesdites institutions. Les progrès dans cette mise en œuvre sont insignifiants, voire nuls, au sein des institutions des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, indique l’observateur de la parité.

Cette disposition n’est pas appliquée sur terrain, le rapport de l’observatoire le démontre. Tenez, le pouvoir exécutif national n’accorde qu’une place très limitée aux femmes. En effet, le pourcentage de femmes dans le premier Gouvernement national issu des élections générales de 2006 était de 10,9%, ce qui est évidemment un score très faible. Le remaniement ministériel de fin février 2010 n’a malheureusement pas amélioré la situation puisque s’il a réduit le nombre de ministres de 54 à 43, il a également fait passer le nombre déjà faible de 6 femmes ministres et vice-ministres à 5.

Le tableau est le même en ce qui concerne le pouvoir législatif. Les femmes ne représentent que 8,6% des députés et 5,5% des sénateurs. La présence des femmes dans les institutions provinciales se situe aussi à un taux très bas révèle l’Observatoire de la parité. Aucune femme, indique la même source, n’est gouverneur de province. Aucune femme n’est vice- gouverneur de province.

Les gouvernements provinciaux généralement composés de dix ministères, comptent : une seule femme dans le gouvernement des 4 provinces du Nord Kivu, Katanga,Bas-Congo, et Bandundu. Deux femmes dans le gouvernement des 5 provinces de Kinshasa, Province orientale, Maniema,  Kasaï-Occidental et Kasaï Oriental; Trois femmes dans le gouvernement des 2 provinces du Sud­-Kivu et Equateur.

Les Assemblées provinciales comptent un pourcentage de femmes allant de 0% (Maniema) à 18,7% (Kinshasa) en passant par d’autres pourcentages très faibles 2,3% (Nord Kivu) et 2,7% (Equa­teur). Le pouvoir judicaire paye aussi les frais de la sous- représentativité de la congolaise. Le nombre de femmes dans la magistrature assise «  (les juges) et dans la magistrature » debout » (les procureurs) des juridictions civiles et militaires est ridiculement bas.

La sous représentativité de la femme dans les institutions judiciaires est non seulement une atteinte au principe de non-discrimination entre les hommes et les femmes et au principe constitutionnel de la parité, mais aussi un handicap grave pour la lutte contre l’impunité, les viols et autres violences faites à la femme fait savoir l’observatoire de la parité.

Des mesures concrètes

L’observatoire de la parité soutient que les autorités du pays doivent arrêter avec des discours, il faut plutôt mener des actions concrètes. Les autorités congolaises, tant exécutives que législatives, ne doivent plus continuer à se payer de mots, mais à passer aux actes en prenant des mesures concrètes de mise en œuvre effective de la parité.

Parmi ces mesures, l’observatoire propose trois actions prioritaires, procéder à un remaniement de tous les Gouvernements provinciaux pour porter le nombre de ministres femmes au minimum à 3 ou mieux encore à 5. Instaurer la parité au sein des futures CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et CNDH (Commis­sion Nationale des Droits de l’Homme) en veillant à ce que tous les organes de ces institutions citoyennes soient composés sur une base strictement paritaire.

La dernière action que préconise l’observatoire de la parité est celle qui consiste à déposer au Parlement à l’occasion de la révision de la loi électorale, annoncée par le Président de la République, un projet de loi introduisant un mode de scrutin favorable à l’accès égal des hommes et des femmes aux mandats électoraux.

« Le système de liste zébrée/ bloquée, c’est-à-dire une liste composée alternativement d’un homme et d’une femme, afin de garantir une représentation équitable des femmes dans les enti­tés territoriales décentralisées élues “, soutient l’observatoire de la parité.

L’Observateur


(Milor/CL/GW/PKF)