Les Ongs membres de Réseau Ressources Naturelles (RRN) Cern/Cenco, Greenpeace, Sarw, Océan, Asadho,Osisa… ont requis, lundi au Centre d’Affaires Baie de Ngaliema/Kinshasa, aux autorités judiciaires d’ouvrir des poursuites après enquête contre le capitaine Alfred Ban et les policiers auteurs des traitements inhumains et dégradants sur les 27 membres de la communauté Bokongo, arrêtés à Inongo.

En effet, le rapport présenté par Coco Mbangu Kusu, secrétaire-adjoint de la conférence Commission épiscopale ad hoc pour les Ressources naturelles (Cern/Cenco), laisse découvrir que les 27 paysans ont été arrêtés sur plainte de la Sodefor qui les accuse d’avoir assiégé son chantier et paralysé ses activités d’exploitation forestière.


Selon Coco Mbangu Kusu, les 27 paysans du groupement Bokongo se sont rendus à Luna (Mike 12) le 22 janvier 2010 en vue de rencontrer de nouveau les autorités de la Sodefor pour la reprise des négociations du fait qu’ils apportaient des preuves supplémentaires relatives aux limites les séparant au groupement Mbidjankamba.

« Cette descente faisait suite aux résolutions prises par le Conseil de Sécurité du territoire d’Oshwe du 09 décembre 2009 attribuant le site litigieux au groupement Mbidjankamba, ce dont conteste le groupement Bokongo », a-t-il précisé.

Ce dernier a souligné que tous les détenus ont été maltraités et transférés dans des conditions inhumaines à Inongo où un d’eux, le défunt Georges Nkaka, âgé de 72 ans, a succombé à la suite de ces mauvais traitements.

Finalement, a-t-il rappelé, « c’est le 08 février 2010 que les détenus seront relâchés et rapatriés à Oshwe par après ».

Ainsi, les organisations de la société civile œuvrant dans le secteur des ressources naturelles en RDC ont effectué une mission d’information et de plaidoyer en rapport avec l’arrestation des 27 paysans d’Oshwe, respectivement du 12 au 17 février 2010 à Inongo et du 16 au 19 février à Bandundu ville. Une autre équipe est restée dans la ville de Kinshasa pour des contacts auprès des autorités nationales.

Au regard de cette situation, les ONGs membres du secteur environnement de la Société civile sont montées au créneau pour demander aux autorités centrales de collaborer avec les autorités provinciales pour régler ensemble les différents conflits qui surviennent dans le secteur forestier, en lieu et place des interventions ou injonctions désordonnées et illégales en faveur des exploitants forestiers.

Elles ont émis le vœu de voir envoyer la mission parlementaire annoncée par l’Assemblée Nationale avec la collaboration des experts du gouvernement et de la société civile pour des recommandations pertinentes en faveur de la gestion durable des forets et de la mise en œuvre effective du code forestier et de ses mesures d’application dans la province du Bandundu.

Ces ONGs ont exigé aux autorités centrales de clarifier la nature juridique et le statut de la SODEFOR (société SPRL avec la participation d’individus représentants l’Etat ou SARL se trouvant dans le portefeuille de l’Etat parapublique), avant de leur dire de cesser toutes les interférences négatives dans la gestion du dossier Sodefor et de privilégier une collaboration étroite avec les autorités provinciales dans la résolution des différents conflits.

En outre, elles ont réclamé au gouverneur de la province de Bandundu l’organisation en toute indépendance et sans l’appui financier des exploitants forestiers la Table ronde prévue au mois de mars avec la participation égale de toutes les parties concernées dans la recherche des mécanismes de gestion forestière et de prévention des conflits entre exploitants forestiers et communautés locales.

Elles ont par ailleurs recommandé à la société Sodefor de suspendre toute exploitation sur le chantier de Luna jusqu’au règlement définitif de conflit entre les groupements de Mbijankamba et Bokongo, et de suspendre l’exécution des clauses sociales du cahier de charge signées avec le groupement Mbijankamba sous la supervision du MECNT, CODELT et WWF.

Ces ONGs ont obligé à Sodefor d’indemniser la famille du défunt Georges Nkaka  et les vingt-six survivants victimes de la torture et mauvais traitement, leur recommandant de cesser l’instrumentalisation des autorités judiciaires et politico-administratives contre les communautés locales.

Hygin Mandiangu/MMC


(Milor/HM/PKF)