Selon Mme Marie Ange Lukiana, aucune femme n’a été à la tête d’une rébellion en Rdc alors qu’elle continue à subir les violences et viols dus à la guerre.
Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale, Mobutu Nzanga, a déclaré lundi à Kinshasa que le gouvernement de la République Démocratique du Congo, s’engage à faire respecter le principe de parité Homme-Femme, consacré par la Constitution.
S’adressant aux représentations féminines peu avant le défilé, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Mme Marie-Ange Lukiana, a rappelé le thème national retenu pour cette journée : « Progrès pour tous dans la parité Homme-Femme, dans un Congo cinquantenaire ».
Elle a salué à cette occasion l’avancée enregistrée dans le combat de parité Homme-Femme en RDC, en dépit des inégalités observées dans certaines organisations. Marie-Ange Lukiana, a enfin révélé que cinquante ans après l’indépendance de la Rdc, aucune femme n’a été à la tête d’une rébellion en Rdc alors qu’elle continue à subir les violences et viols dus à la guerre.
2010 va être pour la femme congolaise un temps pour jubiler, selon Marie Ange Lukiana
La ministre du Genre de la famille et de l’enfant, Marie-Ange-Lukiana Mumfuankolo ,a affirmé lundi dans son adresse, peu avant le défilé organisé sur le boulevard triomphal, à l’occasion de la journée internationale de la femme, que 2010,année du cinquantenaire de la RDC, va être pour la femme congolaise « un temps pour jubiler », grâce aux actions qui vont être impulsées en rapport avec le thème de la journée du 8 mars, pour la promotion de tous dans un Congo qui veut croître.
Apres avoir donné le sens de la journée du 8 mars qui doit être perçue, selon elle, comme « un symbole » de libération, de ralliement de toutes les femmes, d’adhésion des hommes à l’élan de promotion de la femme et de changement des mentalités, Mme Lukiana a fait le bilan des 50 ans de l’évolution de la femme congolaise depuis l’indépendance du pays, caractérisé, a-t-elle indiqué, par des « avancées significatives », particulièrement ces dernières années.
Elle a cité notamment la mobilisation des femmes pour l’avènement de la démocratie en RDC à travers leurs suffrages qui ont constitué plus de 63% des votants à l’occasion des premières élections générales de 2006, ainsi que le rôle primordial joué par la femme congolaise à laquelle près de 80% des ménages doivent leur survie sociale, à travers les activités génératrices de revenus des femmes.
En 50 ans d’indépendance, aucune femme n’a été chef de guerre ; mais au contraire, la femme congolaise s’est affirmée comme un vecteur majeur de la paix à laquelle le peuple aspire tant, a souligné la ministre Lukiana, qui a estimé qu’en contrepartie, la journée internationale de la femme doit être un appel à tous les Congolais à poursuivre « ce combat de société et de développement qu’est la reconnaissance de la dignité de la femme et de ses droits».
Après avoir remercié le Président de la République d’avoir fait de l’égalité des droits, des chances et d’opportunités entre Congolaises et Congolais, un principe constitutionnel, elle a donné le sens du défilé organisé à cette occasion, qui était, pour elle, « la manière solennelle d’exprimer l’implication et la contribution des femmes congolaises à la mises en œuvre effective de la parité homme femme comme voie de progrès pour tous en vue de la concrétisation des cinq chantiers de la République.
Défilé du 8 mars
Plusieurs milliers de femmes de diverses catégories sociales, notamment des femmes militaires et policières, Croix-Rouge, des handicapées physiques, des femmes oeuvrant dans les différentes entreprises de la capitale, des confessions religieuses ainsi que des écolières auxquelles se sont jointes des fillettes de moins de cinq ans habillées de pagnes de la Journée internationale de la femme, ont pris part, de 10h00’ à 16 heures, à un défilé grandiose organisé sur le boulevard Triomphal, en présence du Vice-Premier ministre François Mobutu Nzanga, représentant du Chef de l’Etat.
Célébration à Bruxelles de la journée internationale de la femme
Les femmes congolaises de Belgique ont commémoré lundi soir, dans la salle des fêtes de l’ambassade de la RDC à Bruxelles, le centième anniversaire de la journée internationale de la femme, en présence de M. Henri Mova Sakanyi, ambassadeur de la RDC au Benelux et auprès de l’Union européenne.
De nombreuses invitées, parmi lesquelles Mme Joëlle Milquet, vice-Première ministre et ministre belge de l’Emploi et de l’Egalité des chances, ont assisté à la manifestation.
Parlant du thème de la journée « Progrès pour tous dans la parité homme-femme, dans un Congo cinquantenaire », Mme Mimi Mova, épouse de l’ambassadeur, a indiqué que l’organisation de cette journée a permis à la femme d’être à l’agenda national et international.
Après avoir fait l’historique de la lutte des femmes pour leur émancipation, elle a noté que de nombreux succès ont été remportés en RDC, notamment sur le plan juridique et politique, avec le Code de la famille ou la féminisation de certains secteurs d’activités, soulignant qu’au Congo, les femmes sont devenues une force économique.
Parmi les échecs, Mme Mova a épinglé les viols et les violences dont les femmes sont victimes, notamment dans la partie Est de la RDC. Elle a réclamé la justice contre les responsables de ces « actes ignobles ».
D’autre part, si les femmes sont représentées dans tous les secteurs d’activités, Mme Mova a relevé que leur faible nombre dans les instances de gestion de la chose publique est « loin du potentiel que représente la femme dans la société congolaise », tout en stigmatisant au passage la « féminisation de la pauvreté ».
La soirée s’est poursuivie par une saynète et un défilé de mode sur les différentes situations et les différentes manières de porter le pagne. Elle a aussi été marquée par le vernissage d’une exposition sur la femme congolaise dans diverses activités professionnelles. Un ouvrage collectif, écrit en majorité par les femmes et publié par Carrefour Congo Culture aux éditions L’Harmattan, sous le titre « Femmes de tête, femmes d’honneur », a été porté sur les fonts baptismaux par Mmes Mimi Mova et Joëlle Milquet.
La vice-Première ministre belge, qui revient d’une visite au Congo, a indiqué à cette occasion, que « le Congo est un pays qui tient par la force de ses femmes ».
Sous la direction de M. Henri Mova, l’ouvrage retrace le « combat des femmes d’Afrique et d’ailleurs ». Il est tiré du colloque « Femmes de tête, femmes d’honneur organisé à Kinshasa, en mars 2009, par le Centre d’intelligence stratégique et des relations internationales (CISRI), dans le cadre de ses cycles de conférences thématiques.
ACP
(CL/PKF)