50 Américains vont former un nou­veau bataillon de 800 à 1000 soldats congolais, a révélé le quotidien belge la libre Belgi­que.  Ils répondent ainsi à une demande de M. Kabila. Le général Richard Sherlock et l’ambassadeur Anthony Holmes étaient jeudi à Bruxel­les pour y expliquer le projet américain de formation de mi­litaires congolais, inauguré à Kisangani le 18 février dernier. Il s’agit d’un projet d’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, ap­prouvé par le président George Bush en 2007. Il s’agissait d’en informer les Européens et, au passage, la presse.

Africom, a indiqué l’am­bassadeur Holmes, adjoint au commandant chargé des acti­vités civiles et militaires, a été d’abord orienté vers la sécu­rité, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamique après les attentats de New York, le 11 septembre 2001, qui avaient été précédés, le 7 août 1998, par des attaques contre les ambassades américaines de Nairobi, au Kenya, et Dar-es-Salaam, en Tanzanie, qui ont fait respectivement 213 et 11 morts, ainsi que 4500 et 85 blessés.

L’intérêt de Washington pour l’Afrique est aujourd’hui » bien plus important qu’aupara­vant ». Depuis 2003 Washington a ainsi développé un pro­gramme de lutte contre le ter­rorisme en Afrique sahélienne (Mali, Niger, Tchad, Sénégal, Maroc, Mauritanie, Nigeria, Al­ger, Tunisie) en formant plu­sieurs centaines d’officiers tout en finançant des projets de dé­veloppement.

L’engagement d’Africom, précise M. Holmes, « est de construire des capacités en Afrique, pour que ces pays puissent contrôler eux-mêmes leurs problèmes de sécurité.

« Ce n’est pas une militarisation de la politique américaine » sur le continent, « mais un appui à celle-ci ». Principal préoccupa­tion : la Somalie.

S’agissant du Congo, Africom s’engage « à construire des capacités en faveur de la paix ». C’est « à la demande du président Kabila » que Washington prend en charge la formation d’un bataillon congo­lais, demande faite il y a un an, lorsque les Etats-Unis avaient critiqué les crimes commis par l’armée congolaise dans l’Est du pays, en particulier l’abon­dance des viols dont elle se rend coupable.

L’insistance de la secré­taire d’Etat Hillary Clinton sur ce point a joué, note ainsi M. Holmes, selon qui la formation donnée par les Américains vise à « renforcer le rôle des militai­res dans la démocratie » ; leur « apprendre à protéger les droits de leur population »; « les professionnaliser ».

Le général Sherlock a précisé, pour sa part, que la formation sera donnée à « 800 à 1000 » Congolais, qui forme­ront un « nouveau » bataillon chargé de « servir de modèle » au reste de l’armée. La forma­tion, d’un coût évalué à 6 mil­lions de dollars, aura une du­rée de sept mois.

Les militaires qui y parti­ciperont, « venus de partout », ont fait l’objet d’une vérification de leurs antécédents « par nous et par le gouvernement congo­lais », « avec enquête dans leur village » d’origine, afin de ne pas inclure de criminels.

Quelque 80 Américains sont chargés de la formation : 50 venus de l’armée et 30 d’une société de sécurité pri­vée, MPRI (qui a eu des con­trats en Bosnie, en Afghanistan, en Irak et dernièrement en Guinée équatoriale). « Beaucoup » d’entre eux parlent français, a précisé le général Sherlock, et il y aura, en outre, des traducteurs, « y compris pour traduire en swahili » la lingua franca de l’Est congolais a ajouté M. Holmes.

Selon M. Holmes, le gou­vernement congolais « s’est en­gagé à payer régulièrement » ces soldats. Les Américains ont également obtenu l’assu­rance, disent-ils, que ce ba­taillon ne sera pas dispersé, « notamment pour étoffer la garde présidentielle », sa cohé­sion étant plus apte à lui per­mettre d’assurer le rôle de modèle qu’on attend de lui.

MFC

Les Américains vont for­mer un nouveau bataillon con­golais et comptent lui inculquer le respect de la population et plus de professionnalisme.

APA


(Milor/BT/PKF)