Dans une année  les acteurs politiques, qui tirent actuellement sur la Commission électorale dépendante (CEI) pour ses tergiversations à relancer le processus électoral, la remercieront.

Il ne s’agit pas d’une prédiction, mais d’une conclusion préliminaire une conclusion préliminaire qui ne tombe pas des nus, mais qui découle du comportement actuel de différentes formations politiques. Et pour cause.

En ce début du mois de mars qui vient de consommer le premier trimestre de 2010, on remarque comme une sorte de léthargie dans les états­ majors politiques, alors que la République démocratique du Congo est en train d’aborder l’année électorale prévue théoriquement en 2011. Une année électorale particulièrement décisive puisqu’elle doit ramasser et les élections locales et celles générales concernant les législatives et la présidentielle. Même si, il faut le dire, on observe encore, sur le plan de l’effervescence, très peu de visibilité quant à la possibilité, pour la RDC, de tenir cette échéance.

Le Chef dé l’Etat l’a, pourtant, garanti le 7 décembre dernier devant le Congrès lorsqu’il avait annoncé que l’Etat prendrait en charge les frais liés à l’organisation de ces élections. Très récemment la MONUC qui est sur le pied du départ, a assuré son engagement  à apporter son concours sur demande du Gouvernement. Alain Le Roy, Secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, vient de le réitérer à l’occasion de son séjour à Kinshasa.

Qu’à cela ne tienne, une certaine opinion semble se convaincre que, dans l’ensemble, les partis et regroupement politiques ne seraient pas pressés, ou même ne souhaiteraient pas que les élections interviennent en 2011. Pour  ces observateurs, en effet, ces partis et formations politiques, après quatre années du premier mandat électoral semblent n’avoir pas assuré une homme coordination de leurs activités pour savoir mettre en perspective, et à temps, les échéances électorales.

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux seraient dans l’impossibilité de se livrer à un tel exercice au regard des contradictions internes qui les traversent. Et la situation concerne aussi bien les formations de la majorité que celles de l’opposition.

Dans la Majorité d’abord

Côté majorité, il s’observe certes des activités de terrain qui font dire aux observateurs qu’ici, on en est déjà à la pré campagne électorale Ministre- chefs de partis et même autres députés rivalisent d’ardeur en descendant dans la population pour se répandre en prodigalités sur fond d’un discours appelant au soutien du Chef de l’Etat et des cinq chantiers de la République.

Sous les lambris de cette démarche, cependant, les observateurs n’ont pas oublié que le camp de la Majorité est aussi bien traversé par des contradictions latentes qu’elle a des dossiers non encore soldés et qui nécessiteraient un dialogue interne avant de sceller la monture électorale. On rappelle, en effet, le grand déchirement qu’avait connu la Majorité à l’époque de l’éviction de Vital Kamerhe et dont les suites n’ont pas été formellement apurées.

On en a souvent observé les contrecoups à travers diverses initiatives au niveau de l’Assemblée nationale entre sociétaires du groupement au pouvoir.

La même époque avait mis en ballottage l’alliance entre l’AMP et l’UDEMO au point que celle-ci échangea avec l’AMP et le PPRD des propos peu amères qui laissaient bien croire à un divorce. Idem avec le PALU: autour du sort du Premier ministre qui aura subi un nombre impressionnant d’assauts parlementaires si jusque là, Muzito demeure en fonction, on n’en dirait pas autant de l’état des rapports de départ entre son parti et certains sociétaires de l’AMP où des voix sans fard en étaient arrivées jusqu’à proposer de retirer la Primature au parti du patriarche Gizenga.

Entre-temps, la longue période d’attente du remaniement intervenu finalement mi-février dernier aura joué contre la cohésion de la famille politique du Chef de l’Etat au regard de la multitude de conflits qui avaient opposé certains sociétaires. On en dirait autant de la direction actuelle de l’AMP à laquelle plusieurs membres ne se reconnaissent plus et attendent, d’ailleurs, une recomposition.

Tous ces faits apparemment anodins ne manqueraient pas de remonter à la surface au moment de l’engagement officiel pour la campagne électorale de 2010 qui nécessitera, qu’on ne se voile pas la face, encore des alliances. Et lorsqu’on se rappelle le temps que mit, en son temps, feu Philippe FUTA pour recruter en vue de constituer l’AMP, on se dit que 2011 risque de devenir trop court pour colmater les brèches.

L’opposition ensuite

L’opposition non plus n’est pas logée à meilleure enseigne. Ici, d’ailleurs, les choses paraissent plus compliquées. C’est en effet, au sortir des élections de 2006 que l’opposition a sombré dans un schisme avec la faillite de l’Union pour la Nation (UN).

Alors que chacun volait désormais de ses propres ailes, et même si cette opposition semble manifester une certaine cohésion à l’hémicycle du Palais du peuple quand il s’agit de «  secouer » le pouvoir, l’arrestation et la détention jusqu’à ce jour de Jean-Pierre Bemba résonnera comme un coup de semonce sur ce qui passait pour l’espoir de recomposition de la maison opposition.

A preuve, jusqu’à ce jour, l’opposition a du mal à finaliser la demande de sa constitution institutionnelle en se désignant un porte-parole. Tous, en effet, espéraient sur la présence du Chairman du MLC pour se mettre à sa traîne. Normal, puisque c’est lui qui est censé être le challenger de Joseph Kabila en 2011.

Pire encore, même des groupes parlementaires de l’opposition se sont déchirés au Palais du peuple autour d’intérêts pas toujours en accord avec ceux du peuple pour qui tout le monde proclame se battre. Même dans les rangs du MLC, le fer de lance de l’opposition institutionnelle, les contradictions qui le déchirent ne sont pas de nature à créer la sérénité nécessaire à la préparation des échéances électorales.

En effet, si l’affaire Makila avait préparé un Waterloo du parti à Mbandaka face à un autre ex-MLC, Jean-Claude BAENDE, la mise à l’écart progressive de Delly Sesanga ne manquera pas de produire ses effets le moment venu. D’ailleurs, il s’est même observé un certain éloignement de certains  « partis satellites » dont les leaders avaient clairement pris le parti de Sesanga lorsque le MLC avait décidé de le retirer de la présidence de la Commission politique, administrative et judiciaire de la Chambre basse.

Bref donc, à ce jour, il est clair que les quelque 18 mois (on compte jusqu’au dernier de 2011) qui nous séparent du délai constitutionnel pour l’organisation de nouvelles élections pourraient devenir fort serrés pour les uns et pour les autres. A moins d’un dernier sursaut d’orgueil...

JEK/Forum des As


(Milor/BT/GW/PKF)