Pour la ministre du Genre, la République est redevable vis-à-vis de la femme congolaise vis-à-vis de tous les engagements pris. D’où cette question pertinente : Quel est le visage de la femme congolaise 50 ans après l’indépendance ?
08 mars, journée établie pour le changement positif des mentalités. Les femmes congolaises à tous les niveaux et de toutes les catégories, se sont massivement mobilisées. Manifestant leur appropriation de cette journée et leur détermination à s’impliquer dans la marche harmonieuse du pays, un gigantesque défilé s’est déroulé sur le boulevard Triomphal dans la ville de Kinshasa.
Dans une ambiance festive banderoles et calicots en mains, vêtues ou non des pagnes imprimés pour la circonstance, les femmes ont marché en leur propre honneur.
Sur toute l’étendue de la République, la célébration de la Journée Internationale de la femme 2010 est placée sous le thème : «Le progrès pour tous, par la parité homme-femme, dans un Congo cinquantenaire». Non seulement ce thème se réfère à la commémoration du cinquantenaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale, mais il prend la mesure de la nécessaire implication suffisante des femmes pour la marche harmonieuse du Congo démocratique.
A cette manifestation organisée par le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, le chef de l’Etat a été représenté par le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, Nzanga Mobutu.
Dans son discours, la ministre du Genre, Marie Ange Lukiana, a dressé le bilan de l’implication de la femme dans la marche du pays. Bilan tout de même positif, selon elle, mais il reste encore beaucoup à faire. Elle a relevé le fait que la parité est consacrée dans la Constitution promulguée le 18 février 2006 par le président de la République en ses articles 13,14 et 15. Dans ce sens, elle a estimé que le cinquantenaire est une opportunité historique donnée à tous et à chacun pour la mise en œuvre de la parité homme-femme dans les différents secteurs de la vie nationale pour rebâtir réellement un Congo, plus beau qu’avant dans la solidarité, la complémentarité et le partenariat entre tous les fils et filles du pays.
Le 08 mars 2010 coïncide aussi avec la célébration des anniversaires symboliques des principaux instruments juridiques internationaux déjà ratifiés par la RDC en rapport avec la femme, la famille et l’enfant.
Pour la ministre du Genre, la République est redevable vis-à-vis de la femme face à tous ces engagements pris. D’où deux questions pertinentes : Quel est le visage de la femme congolaise 50 ans après l’indépendance? A cette première question, Marie-Ange Lukiana a reconnu que la situation de la femme, de la jeune et petite fille a connu, certes, des avances significatives durant les cinquante années de l’indépendance, et cela, particulièrement ces dernières années. Mais aussi son implication dans divers domaines avec une perspective de paix.
3 Axes spécifiques
« En 50 ans, aucun chef de guerre femme. C’est dire que quelles que soient ses aspirations, la femme s’est affirmée comme un vecteur majeur de la paix, de cette paix intégrale à laquelle notre peuple aspire tant. En 50 ans, les femmes ont tant donné à la nation aussi bien sur le plan politique, économique, social qu’humanitaire », a-t-elle déclaré en répondant à la question après tant d’autres illustrations.
La 2ème question que pose ce 08 mars 2010, est celle de savoir ce que la Nation en retour a donné à la femme en termes de résultats éclatants et spécifiques et d’une manière déterminée.
« En effet, l’on doit relever que particulièrement dans le domaine du statut juridique et social de la femme ainsi dans celui de l’égalité des droits, des chances et des opportunités, des efforts énormes restent encore à fournir en République démocratique du Congo. Pour traduire dans les faits les dispositions de jure », explique-t-elle en justifiant le sens de la question.
Raymonde Senga Kosi/Le Potentiel
(TH/BT/PKF)