La Monuc est appelée à beaucoup contribuer dans la lutte contre les violences sexuelles. Cet appel lui a été lancé par le parlement européen par Jeannine Mikanirwa, la vice- présidente de l’Ong Promotion et appui aux  initiatives féminines de Bukavu.

En effet, dans une interview accordée à la Bbc, la responsable de l’Ong précitée  souhaite également que la Monuc mette la femme dans ses règles d’engagement. Ci-après l’intégralité de ce jeu de question-réponse.
 
« La Monuc est là depuis dix ans maintenant, mais nous ne voyons pas du coté des femmes ce qu’exactement elle fait. Surtout que la Monuc elle-même est impliquée dans les violences sexuelles. »
 
Q. : Vous voulez dire qu’il y a des casques bleus impliqués ?
R. : Oui, il y a des casques blues qui violent aussi des femmes. Et là c’est très grave car même s’il y a ce fameux principe de tolérance zéro en matière de crime sexuel, les casques bleus qui violent sont rapatriés chez eux et la suite n’est pas connue. Sont-ils laissés en liberté ? Entretemps, la victime restée au Congo sans  aucune réparation .Il n’y a aucun suivi.
 
Q. : Ces casques bleus qui ont violé des femmes. Est-ce que ce sont des cas fréquents ou comme le dit la Monuc des marginaux ?
R. : Marginaux ou fréquents, ce sont des viols. Ca existe et il y a des preuves .Ce sont des cas que nous vivons.
 
Q. : Est-ce que la Monuc ne fait pas grande chose pour arrêter le phénomène ?
R. : Justement, ils ont comme justification ou comme refuge leur mandat au delà duquel ils ne peuvent pas aller. C’est le slogan qu’ils nous répètent.
 
Q. : Mais leur mandat c’est de protéger la population ?
R. : S’ils protègent réellement la population mais n’ont jamais arrêté les gens qui commettent des viols. De quelle protection parlent-ils. Nous ne savons pas. Peut-être vous ne le savez pas, les cas de viols ne se commettent pas dans les grands centres comme Bukavu, Goma ou Kinshasa.

Cela se fait dans les milieux ruraux plus reculés où les femmes vivent de l’agriculture. Maintenant, elles ne savent pas cultiver et récolter. La Monuc les accompagne-t-elle au champ où elles sont victimes de viols collectifs ?

C’est la Monuc qui est disséminée un peu partout qui doit protéger ces femmes contre les milices et autres groupes armés incontrôlés éparpillés dans les villages.

Célestin Lutete/MMC/BCC


(CL/PKF)