Les traces de la convention MagEnergy données pour disparues sont retrouvés dans une correspondances de l’Adg de la Snel, alors qu’il a floué ses juges. Pire Yengo fait son cinéma pendant qu’à Inga, le bâtiment civil menace de s’affaisser.
Des documents exclusifs, susceptibles d’aider à faire la lumière dans le déroulement de l’Affaire Yengo-Muhiya vs le ministère public. A l’audience du jeudi 4 mars consacrée aux plaidoiries, Daniel Yengo Masampu, l’ADG de la SNEL entendu avec son ADF Nicolas Muhiya, pour une affaire de détournements des deniers publics, a menti à la Cour en affirmant qu’il n’était plus entré en possession des originaux de la Convention signée le 15 septembre 2007 avec Mag Energy. Et le ministère public a laissé faire. Yengo a vraiment menti à ses juges après avoir driblé l’Assemblée nationale. La Convention donnée pour disparue est bel et bien passée entre ses propres mains après que la ministre du Portefeuille Jeannine Mabunda l’eût examiné.
La preuve : un des nombreux courriers que l’ADG poursuivi de la SNEL a transmis à Mag Energy qu’AfricaNews a obtenu et publié en exclusivité. Yengo doit avoir oublié la lettre signée de sa main le 10 novembre 2007 qui le cloue au pilori. Il ne s’en rappelle peut être plus. L’ADGA Bernadette Tokwaulu Aena n’a pas non plus dit la vérité à la Cour quand elle a affirmé que la Convention se trouve au cabinet de Mabunda. Un juriste est formel : « Yengo a commis un double crime. Il a non seulement dissimulé les originaux de la Convention, mais il a aussi menti à la Cour avec l’appui de ses avocats ». Le procureur près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe devrait veiller pour que cette lettre clé soit versée au dossier pour que le ministère public en tienne compte.« J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que l’Autorité de tutelle administrative et financière nous a retourné, non approuvée, la Convention précitée en marge que nous avons signée ensemble le 15 septembre 2007. Le Comité de gestion s’attelle à examiner les remarques formulées par l’Autorité de tutelle ; et vous invitera ensuite pour une discussion entre parties...
Ecrits indiscutables de Daniel Yengo Masampu contenus dans sa correspondance NI/REF : DG/2007 00003097 adressée aux responsables du groupe canadien Mag- Energy le 10 novembre 2007. Ils auraient pu achever de dissiper tout mal entendu sur la destination de la Convention dont le texte original est recherché. Mais tout indique que le ministère public n’a pas eu connaissance de cette lettre. Moins encore, l’Assemblée nationale qui, lors d’une question orale avec débat sur l’affaire Mag Energy, s’était limitée à recommander la révocation du Comité Yengo pour entre autres, « avoir dénoncé sans motifs pertinents une Convention négociée et signée de bonne foi... et n’avoir pas retourné à la ministre du Portefeuille le texte de la Convention corrigée et rééquilibrée, conformément aux instructions reçues ».
Pour les observateurs, l’audience du 4 mars laisse un arrière goût d’inachevé. « On a eu l’impression de suivre le déroulement d’une affaire boutiquée, arrangée d’avance. Le ministère public n’a pas suffisamment chargé Yengo et Muhiya, déroulant ainsi le tapis rouge à la défense qui en a profité pour argumenter et plaider en faveur de ses clients », se plaint-on. Face à ce gros mensonge de Yengo, l’assistance, perplexe est restée sur sa soif. Elle aurait souhaité entendre le ministère public mettre davantage de pression sur l’ADG : comment une Convention signée dans les pures normes du droit international, devait disparaître alors qu’elle était retournée au n°1 de la SNEL ?
Pourquoi Yengo a emprunté l’argent de la Raw Bank, USD 4.300.000, sans solliciter l’aval du Conseil d’administration ? Pourquoi, dans l’affectation des dépenses du prêt de BIC, les libellés des dépenses ne correspondent pas aux libellés pour lesquels la SNEL avait sollicité le crédit ? Pourquoi et comment la SNEL a-t-elle décaissé USD 600.000, équivalent à trois mois de versement mensuel dû à Mag Energy, alors qu’elle avait déjà arrêté tout paiement en faveur de ce dernier ? Où est passé cette somme ? Il ne semble plus y avoir aucun doute sur l’infraction de détournement retenu lors de l’instruction du dossier au Parquet, argumentent des analystes.
Inga, risque d’arrêt définitif, comme dans l’affaire de la disparition de la Convention, un juriste est formel: « Yengo a commis un double crime ». Il a non seulement dissimulé les originaux de la Convention, mais aussi menti à la Cour avec l’appui de ses avocats. Le procureur près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe devrait veiller pour que cette lettre soit versée au dossier pour que le ministère public en tienne compte. Comme il doit être plus lucide face à l’argument le plus massue de Yengo relatif au rejet de la Convention, à savoir la défense de l’intérêt national. Peut-on prétendre servir l’intérêt de la République quand on a mal géré ? Yengo a été incapable de faire réparer toutes les turbines d’Inga avant 2011 comme le prévoyait le programme.
Il est même enfoncé par un rapport de la Banque mondiale qui laisse entendre que ce ne le sera même pas avant 2016. Selon les experts, les retards occasionnés par le comité Yengo dans le traitement de ce dossier font donc perdre 5 ans aux consommateurs, contraints de s’accommoder aux délestages bien que le tout nouveau ministre de l’Energie, Gilbert Tshiongo Tshibi Nkumbula wa Ntumba, ait décrété l’opération délestage zéro dernièrement sans toutefois avoir pris le temps de faire l’état des lieux de la SNEL. Si actuellement le retard est de plus de 20 mois avec un manque à gagner pour la SNEL évalué à USD 102 millions, au mois de juin 2010, la SNEL aura atteint 40 mois de retard et verra son manque à gagner grimper jusqu’à USD 205 millions.
De quoi croire que le Comité Yengo est devenu le fossoyeur de la SNEL. Les nouvelles en provenance du site d’Inga ne sont pas du tout encourageantes pour le pays. Le barrage est sérieusement menacé, annonce-t-on. Il y a risque d’un arrêt total des services. On accuse Yengo de n’avoir pas pris aucune mesure de prévention en dépit du rapport des spécialistes. Le risque s’accentue avec la décision de la SNEL d’installer le stator dans le groupe G 23 d’Inga sans la présence ni le consentement de l’ingénieur-conseil. Les experts s’en scandalisent. Ils font remarquer que la non implication de l’ingénieur-conseil pourrait mener à des graves conséquences.
La SNEL a fait la sourde oreille. Et sur terrain, on fait part des écarts de circularité et concentricité entre l’arbre et le stator. On déplore également des différences de jeu supérieur importantes entre le rotor et le stator par rapport au montage présumé originel.
On sonne le tocsin en indiquant que ces différences peuvent entraîner des poussées radiales parasites et provoquer un échauffement du palier guide alternateur donc l’Apocalypse. Dans une alerte intitulée Affaissement du bâtiment civil au G 23, Franco Tosi Meccanica prévient que la structure civile est endommagée. Il refuse d’assumer les responsabilités de ces dommages -voir fac similé. Pour un Comité de gestion qui défend Inga tout en occasionnant pareille perte et faisant planer le risque d’un arrêt définitif, c’est du vrai gâchis.
Kisungu Kas/AfricaNews
(TH/CL/GW/PKF)