La discrimination de la femme dans le secteur sanitaire, handicape ses besoins
Kinshasa, 08/03/2010 / Société
Les besoins des femmes en matière de santé ne pourront être satisfaits tant que la programmation sanitaire restera exclusivement centrée sur le secteur de la santé.
Des problèmes tels que la malnutrition, la fatigue et une fécondité excessive, sans parler de la violence qui s’exerce contre les femmes tous ces éléments précités sont indissociables de la situation d’infériorité qui est généralement la leur, il faut signaler également les obstacles qui leur barrent l’accès à l’éducation et à l’emploi. A propos de l’éducation, il y a lieu de savoir qu’un effort a été fait, avec l’appui de l’Unicef à travers sa campagne de sensibilisation.
Beaucoup de filles ont pu accéder à l’école, ce qui a fait que le taux d’analphabétisme puisse diminuer. Malgré cet effort le taux d’analphabétisme reste élevé du côté de la femme. Quant à l’emploi, il reste encore un effort à fournir. L’avortement reste aussi un obstacle non négligeable. Il ne pourra cesser d’être un problème de santé publique tant que les lois et les attitudes à l’égard de la contraception comme de l’avortement resteront en retard sur la technologie médicale.
Surtout dans les pays Africains subsahariens où les femmes rurales et celles habitant les périphéries des grandes villes n’ont pas accès à la médecine moderne. Les recherches sur la santé des femmes continuent d’être considérées comme accessoires. De l’autre côté aussi le corps scientifique reste constitué d’une écrasante majorité d’hommes. C’est pour cette raison que ce jubilé de cinquantenaire constitue un bilan concernant la représentativité de la femme. Ce cinquantenaire d’indépendance de notre pays la République démocratique du Congo doit renforcer si pas reformer les programmes qui visent à l’amélioration de la situation de la femme en même temps que le niveau d’instruction et la répartition.
Parmi les priorités, il faudrait privilégier celles qui ouvrent aux femmes les perspectives de meilleure santé. Les améliorations d’ordre nutritionnel et autres dépendent quelques fois de la mise au point d’une nouvelle technologie. Celle-ci exige qu’un rang de priorité plus élevé soit donné aux préoccupations des femmes. Il faut penser aussi aux programmes qui favorisent le succès de la planification familiale. Comme dans d’autres domaines, le cinquantenaire d’indépendance a été négatif concernant le développement sanitaire. En effet, il est vrai que les programmes de développement sanitaire ne reflètent jamais convenablement les besoins et les préoccupations des femmes aussi longtemps que celles-ci ne seront pas présentes à tous les niveaux du système de santé.
Il faudra qu’elles soient incitées à parler de leurs propres problèmes de santé et ceux-ci ont besoin d’être mieux perçus et mieux pris en compte au niveau de prise des décisions politiques. Surtout là où les systèmes de santé publique sont encore dans le domaine quasi réservé aux médecins hommes. C’est au niveau professionnel élevé notamment à celui de la prise de décision que l’on trouve les mains de femmes. De ce côté, il n y a pas eu d’avancée considérable pendant ce cinquantenaire. Si l’on veut les y faire accéder en nombre suffisant pour qu’elles exercent une influence réelle sur la programmation sanitaire. Il va falloir former plus de femmes médecins, administrateurs et chercheurs.
Alain Ejiba/L’Avenir
(TH/GM/PKF)
Last edited: 08/03/2010 11:46:40