Des problèmes tels que la malnu­trition, la fatigue et une fécondité exces­sive, sans parler de la violence qui s’exerce contre les femmes tous ces éléments précités sont indissociables de la situation d’infé­riorité qui est généralement la leur, il faut signaler également les obstacles qui leur barrent l’accès à l’éducation et à l’em­ploi. A propos de l’éducation, il y a lieu de savoir qu’un effort a été fait, avec l’ap­pui de l’Unicef à tra­vers sa campagne de sensibilisation.

Beaucoup de filles ont pu accéder à l’école, ce qui a fait que le taux d’analphabétisme puisse dimi­nuer. Malgré cet effort le taux d’analphabétisme reste élevé du côté de la femme. Quant à l’emploi, il reste encore un ef­fort à fournir. L’avortement reste aussi un obstacle non négligeable. Il ne pourra ces­ser d’être un problème de santé publique tant que les lois et les attitudes à l’égard de la contraception comme de l’avortement resteront en re­tard sur la technologie médi­cale.

Surtout dans les pays Africains subsahariens où les femmes rurales et celles habitant les périphéries des grandes villes n’ont pas accès à la médecine moderne. Les recherches sur la santé des femmes continuent d’être con­sidérées comme accessoires. De l’autre côté aussi le corps scientifique reste constitué d’une écrasante majorité d’hommes. C’est pour cette raison que ce jubilé de cinquantenaire constitue un bilan concernant la représentativité de la femme. Ce cinquante­naire d’indépendance de notre pays la République démocra­tique du Congo doit renforcer si pas reformer les program­mes qui visent à l’amélioration de la situation de la femme en même temps que le ni­veau d’instruction et la répartition.

Parmi les priorités, il faudrait privilégier cel­les qui ouvrent aux fem­mes les perspectives de meilleure santé. Les améliorations d’ordre nu­tritionnel et autres dé­pendent quelques fois de la mise au point d’une nouvelle technologie. Celle-ci exige qu’un rang de priorité plus élevé soit donné aux préoccupa­tions des femmes. Il faut penser aussi aux pro­grammes qui favorisent le succès de la planification familiale. Comme dans d’autres domaines, le cinquan­tenaire d’indépendance a été négatif concernant le dévelop­pement sanitaire. En effet, il est vrai que les programmes de développement sanitaire ne reflètent jamais convenablement les besoins et les pré­occupations des femmes aussi longtemps que celles-­ci ne seront pas présentes à tous les niveaux du système de santé.

Il faudra qu’elles soient incitées à parler de leurs propres problèmes de santé et ceux-ci ont besoin d’être mieux perçus et mieux pris en compte au niveau de prise des décisions politiques. Surtout là où les systèmes de santé publique sont encore dans le domaine quasi réservé aux médecins hommes. C’est au niveau professionnel élevé no­tamment à celui de la prise de décision que l’on trouve les mains de femmes. De ce côté, il n y a pas eu d’avancée considérable pendant ce cin­quantenaire. Si l’on veut les y faire accéder en nombre suffi­sant pour qu’elles exercent une influence réelle sur la pro­grammation sanitaire. Il va fal­loir former plus de femmes médecins, administrateurs et chercheurs.

Alain Ejiba/L’Avenir


(TH/GM/PKF)