Dans le but de fixer de nouvelles objectifs par le remplacement de cette entreprise publique en transformation en société commerciale dans le rang des producteurs de l’or, l’office des mines d’or de Kilo-Moto(Okimo) a mis de côté six millions de Dollars Américains en vue d’une exploration géologique
L’Office des mines d’or de Kilo-Moto a mis de côté six (6) millions Usd pour d’intenses explorations géologiques dans son périmètre minier de 83.000 Km². L’ambition est de faire de cette entreprise publique en transformation un véritable opérateur minier, a dit son Adg, jeudi dernier au cours d’une séance d’explication au cabinet de la ministre du Portefeuille.
Après la bouffée d’oxygène, soit 35 millions Usd, reçue de la cession de ses 20% des parts à RandGold dans la joint- venture Kibali Goldmines, l’Office des mines d’or de Kilo-moto (Okimo) s’est fixé de nouveaux objectifs, notamment replacer cette entreprise publique en transformation en société commerciale dans le rang des producteurs de l’or. Ainsi, six (6) millions Usd ont été mis de côté par la direction générale de l’Okimo pour soutenir un vaste programme d’exploration géologique qui doit s’étendre sur son périmètre minier d’une superficie de 83.000 Km² situé à l’extrême Nord-Est de la République démocratique du Congo.
C’est le jeudi 4 mars 2010 que son administrateur délégué général, Willy Bafoa, est allé présenter ce programme à la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda Lioko. Impressionnée par la grandeur de ce programme, Jeannine Mabunda n’a pas pu se retenir devant les grandes ambitions affichées par l’Okimo. Que des fleurs jetées à l’Adg de l’Okimo. Pour la ministre du Portefeuille, l’exemple de l’Okimo devait faire école dans les entreprises publiques du secteur minier.
Car, 40 ans après, c’est pour la toute première fois qu’une entreprise minière congolaise initie des explorations géologiques pour se faire valoriser avant d’affronter les places boursières pour mobiliser des fonds nécessaires. « Félicitations pour ce nouvel élan que vous imprimez à l’Okimo. Au niveau du gouvernement, ce qui nous intéresse, c’est protéger l’avenir aurifère du Congo à travers l’Okimo », a dit Jeannine Mabunda, s’adressant directement à l’Adg Willy Bafoa.
Le challenge est si grand que l’Okimo ne saurait l’aborder seule sans un réel accompagnement du gouvernement. Jeannine Mabunda n’a pas omis cette éventualité. « Soyez rassuré que vous aurez tout le soutien requis pour mener à bien cette opération, gage de la relance de l’Okimo », a-t-il indiqué, à ce propos. Par ailleurs, la ministre du Portefeuille a promis d’inviter les autres entreprises publiques du secteur telles que la Gecamines, la Sakima, la Sodimico, Entreprise minière Kisenge-Manganèse, etc. à suivre l’exemple de l’Okimo, promettant d’associer le staff dirigeant de l’Okimo à ses différents entretiens pour des échanges d’expérience.
Mais, bien avant la conclusion de la ministre du Portefeuille, l’Adg de la l’Okimo a, dans un exposé magistral en power-point, présenté l’état des lieux de l’Okimo et le plan d’investissements mis en œuvre sur ressources exceptionnelles tirées de la cessions des parts dans Kibali Goldmines. Ces investissements traduisent, a-t-il dit, « l’ambition de faire de l’Okimo un véritable opérateur minier ». Or, pour y parvenir et donner une valeur ajoutée à l’entreprise, il est nécessaire de connaître ses gisements. C’est tout le sens, a-t-il souligné, de la série d’explorations géologiques que lance l’entreprise à partie de cette année 2010.
Pari difficile, mais pas possible
La mise en œuvre de ce budget global d’exploration, estimé à six millions Usd, s’étend sur une période de trois ans, en raison de 1,7 million Usd pour la première année, 1,8 million Usd pour la deuxième et le reste, soit 2,5 millions pour la troisième année qui devait également coïncider avec la présentation de l’étude de faisabilité, faite en connaissance réelle des gisements de l’entreprise. « C’est la voie choisie pour la relance des activités de l’Okimo. Les résultats de ces explorations nous ouvriront la voie pour mobiliser des fonds au niveau de l’espace boursier », a précisé Willy Bafoa.
Cependant, il ne feint pas d’ignorer que le pari est difficile. C’est le sens, a-t-il dit, de cette descente au ministère du Portefeuille pour non seulement une séance d’explication du plan de relance de l’Okimo mais aussi avoir l’adhésion de la ministre, autorité de tutelle. « Nous sommes dans le processus de transformation de l’entreprise en société commerciale. Ce plan inaugure un nouveau challenge pour l’entreprise. A cet effet, nous sommes venus rendre compte à la tutelle des efforts mis en œuvre pour la relance de l’Okimo ».
Le programme d’exploration présenté par l’Adg Willy Bafoa s’étale sur une série d’actions qui incluent notamment : la compilation et étude de toute la documentation disponible (cartes, rapports et diverses études) ; l’interprétation et choix des cibles ;choix des méthodes à utiliser selon les secteurs et les cibles (géophysique, géochimie, géologie structurelle, cartographie géologique, etc.) ; les travaux de géologie sur les cibles choisis ; la géochimie tactique si nécessaire ; préparation des sites choisis pour le sondage. C’est sur cette dernière étape que devait se jouer l’avenir de l’Okimo. Car les sondages qui seront menées au terme de l’exploration pourraient aboutir à la découverte des gisements d’or « économiquement exploitables ». Ces données réunies, a déclaré Willy Bafoa, devaient permettre à l’Okimo de « gagner la bataille boursière ».
C’est tout le challenge que s’est fixé l’Adg de l’Okimo. Depuis le jeudi 4 mars, il a reçu le feu vert de la ministre du Portefeuille pour s’engager sur la voie de la renaissance de cette entreprise publique, qui a fait jadis la fierté de l’industrie aurifère congolaise. Le programme est certes ambitieux, mais l’Adg Willy Bafoa s’est dit déterminé à relever le défi, en s’appuyant sur une équipe dynamique et mobilisée des congolais. 40 ans après la dernière exploration minière entreprise sur fonds propres, une entreprise minière pilotée par l’expertise locale s’est engagée à briser le mythe.
Faustin Kuediasala/Le Potentiel
(Tkm/GT/TH)