Le centre Wallonie Bruxelles a servi de cadre hier à la tenue d’un point de point de presse animé par Roland Mahauden, directeur artistique du Théâtre de poche (Belgique), qui a eu à expliquer le message que porte la pièce théâtrale intitulée L’Ile. Pour Mahauden, la RD Congo a assez souffert de l’isolement, des guerres, des conflits et de l’insécurité.

Mais Dieu merci, des hommes de culture existent et font tout pour rapprocher les deux peuples rwandais et congolais. Les artistes doivent se rencontrer, se parler, pour sauver qui peut l’être encore, au nom de la communauté des Grands lacs. Le réalisateur du film Yvon Amerst, souligne lui que le film tombe à pic. Il va montrer le côté positif du Congo et Rwanda, a-t-il déclaré.

On rappelle que c’est en avril 2008, qu’un groupe de comédiens avait participé à un atelier à Kisangani. Parmi eux se retrouvait un Rwandais. Roland Mahauden va s’intéresser au Rwandais Diogène Ntarindwa et à Ados Ndombasi à qui il proposera de jouer la pièce l’Ile à travers l’Afrique des Grands lacs et ailleurs dans le monde. La pièce étant d’origine sud-africaine, les deux acteurs ont pris soin de modifier ce qu’il y avait à retoucher, pour rendre le film plus congolais.

Les prénoms ont à présent une consonance swahilie et rwandaise. Et, l’action a été transposée quelque part en Afrique Centrale. Après tous ces aménagements, Roland ne cache pas sa satisfaction. Il affirme qu’à l’est de la RD Congo, ça ira, je sais que les peuples se rencontrent », a insisté Roland Mahauden.

L’île, une pièce des Sud-africains Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona, se jouera au cours d’une tournée dans l’Afrique des Grands Lacs, dans les centres culturels et des universités, mais également dans les milieux moins cossus. Offrir la culture à travers des pays jadis en conflit sur des planches, même bancales, peut-être n’est-ce pas un luxe, après tout. Peut-être est-ce là que commence vraiment la liberté ?

Les acteurs s’expriment

Ados Ndombasi, acteur congolais, a été très bien accueilli, en 2007, au pays de Paul Kagame. « J’étais en tournée au Rwanda, dans le cadre de mon boulot, je vous assure, j’ai été très bien accueilli. Plus de 500 personnes sont venues me voir. Et, par là, j’avais compris que, entre la RDC et le Rwanda, y avait un conflit politique, et non un conflit au cœur de Congolais et de Rwandais. Il y a de l’amour entre Congolais et Rwandais », a dit Ados Ndombasi.

« Je suis d’une famille qui est trop attaché au Congo, et j’ai deux frères qui sont nés à Kinshasa, ils parlent bien le lingala, raconte Diogène Ntarindwa. Je suis étonné d’être au Congo, qui au-delà de ce qui est raconté par-ci par-là, rien que pour empêcher la rencontre de paisibles citoyens. Et, c’est avec beaucoup d’enthousiasme, pour découvrir Kinshasa, que j’ai accepté cette sollicitation d’une initiative qui est si noble. »

Les deux acteurs, Ados Ndombasi et Diogène Ntarindwa, ont débuté leurs explosons depuis hier mercredi 3 mars au Cwb. Le 5 mars ils se produiront à l’Ecurie Maloba, le 10 mars à Matadi au Centre culturel Liak Likumbi, les 12 et 13 à Kisangani, le 15 à Goma, le 16 à Bukavu, et puis à Bujumbura et Kigali.

Chrishna Mwanda/La Prospérité


(Tkm/TH)