« Malu Malu peut donc exulter. Et pour cause! L’interrogation de Uhuru dans notre édition du mercredi consistant à savoir sur quels moyens mise la CEI pour organiser les élections ? » A fini par trouver une réponse dans la note cir­culaire contenant les instructions relatives à l’exécution du budget.

Pas moins de 36 milliards de francs congolais sont prévus dans le budget de l’Etat de l’exercice budgétaire en cours pour couvrir les charges liées à organisation des élections. En tout cas, cela ressort clairement de la note cir­culaire en question présentée par le ministre du Budget, Jean-Bap Ntahwa Kuderwa.

Ainsi, la mise à disposition de cette somme à la CEI coupe court à toutes les craintes de ceux qui, surtout dans les milieux pro­ches de l’opposition, craignaient que l’organisation prévue des élec­tions tant locales, législatives que présidentielles ne soient repor­tées, faute justement des moyens. Nous n’en sommes plus là. Même si on peut craindre que cette importante somme d’argent ne puisse pas suffire pour couvrir l’organisation des scrutins électo­raux, il est désormais acquit que l’apport extérieur dont on a tant parlé est également disponible.

En effet, une enveloppe de 1.117,6 milliards des francs Congo­lais provenant des ressources extérieures sera mise à la dispo­sition de la CEI. Elle servira comme on peut bien le penser à appuyer ces consultations d’élec­tions a indiqué le ministre du Budget, 149,3milliards de francs congo­lais constitueront un « fonds spé­cial » d’appui à toutes ces élections. Le président de la CEI a donc désormais les coudées fran­ches. Avec autant de moyens fi­nanciers à sa disposition, le ca­lendrier partiel de la révision du fi­chier électoral dans l’aire opéra­tionnelle 2 (A02) rendu public par la CEI la semaine dernier et com­prenant les provinces du Katanga, du Kasai-Occidental, du Maniema sent aujourd’hui très rapprochées pour permettre une bonne organi­sation de certaines opérations. Il est heureux, par ailleurs, de cons­tater que le calendrier partiel de révision du fichier électoral rendu public par la CEI a prévu la « for­mation en cascade des membre » des Centres d’inscriptions et des superviseurs, mais aussi, un fo­rum des partis politiques.

Celui-ci est à plusieurs égards très intéressant dans la mesure où la participation des for­mations politiques à ce forum qui s’étalera sur trois jours d’affilée permettra aux hommes politiques d’être présents dans le processus conduisant aux élections, quelles qu’elles soient. Car lors des élec­tions de 2006; l’opposition avait dénoncé son exclusion dans ce processus, allant jusqu’à accuser le président de la CEI de rouler pour un camp contre un autre parmi les deux qui devaient s’affronter au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Le 19 avril 2010, la CE1 orga­nisera une « campagne de sensibilisation ». Même si le calendrier publié jusqu’à présent ne permet pas de savoir qui exactement cette campagne de sensibilisation visera, il est permis de penser qu’aussi bien la population dans laquelle se recrutent les potentiels électeurs que les partis politiques seront les premiers intéressés.

Témoins, observateurs des partis politiques et journalistes qui seront accrédités à l’organisation des élections auront la lourde res­ponsabilité de veiller à la stricte observance des opérations élec­torales. Ce qui aura l’avantage de dissiper les doutes et les contestations nées souvent de la publica­tion des résultats des scrutins électoraux. Encore que cela ne constitue pas une garantie à 100%.

L’on voudrait bien espérer que, assurée à présent de dispo­ser des moyens de son action, la CEI saura respecter scrupuleuse­ment son calendrier et qu’il s’em­pressera d’en élaborer le deuxième ou le troisième concernant les autres aires opérationnelles.

Pour l’essentiel, on peut no­ter que les élections aussi bien locales, législatives que présiden­tielles auront bel et bien lieu cette année pour les premières et l’an­née prochaine pour le deux dernières. Il est important, dès lors que les moyens sont disponibles, que la CEI mette tout en oeuvre pour liquider les litiges relatifs aux arriérés des salaires des anciens agents électoraux, et qu’elle disponibilité, dès à présent, les moyens devant assurer les pres­tations de tous ceux qui seront appelés à l’aider dans l’organisa­tion des toutes les élections. Ainsi donc, tous les oiseaux de mauvais augure auront bon dos.

Jeff Kalambale/Uhuru


(Milor/TN/GW/PKF)