Les kinois sont habitués à vivre au taux du jour selon la devise américaine avec son échelle de monter et de descendre. Conséquence, les denrées sont toujours revues à la hausse malgré la chute du dollar américain.
Kinshasa a connu un début de semaine relativement stable en matière du taux de change sur le marché parallèle. Le dollar américain qui se changeait au taux de 910 voire 920, est redescendu à 900 contre 1 franc congolais, en début de la semaine en cours, soit depuis le dimanche 28 février 2010. La crise a montré que la politique macroéconomique doit avoir des cibles nombreuses la bonne nouvelle, c’est qu’elle a rappelé l’existence de beaucoup d’instruments, de la politique monétaire « exotique » aux instruments fiscaux, en passant par les outils de régulation. Il faudra du temps et un réel effort de recherche pour déterminer quels instruments conviennent le mieux à une cible donnée.
Quel devrait exactement le niveau des cibles d’inflation ? La crise a montré que des chocs majeurs peuvent survenir. Les décideurs devraient-ils viser une cible d’inflation plus élevée en temps normal, afin d’augmenter leurs marges de manoeuvre en cas de choc ? Les coûts nets de l’inflation sont-ils beaucoup plus élevés avec un taux de 4%, par exemple, qu’avec la cible actuelle de 2% ? Est-il plus difficile de contrôler les anticipations des agents à 4% qu’à 2% ?
Parvenu à une inflation basse, grâce à l’indépendance des banques centrales, a été un accomplissement historique. Répondre à ces questions implique donc de repenser soigneusement les avantages et les coûts de l’inflation. Une question liée est de savoir si, quand le taux d’inflation tombe très bas, les décideurs devraient s’autoriser une politique monétaire plus souple, afin de minimiser la probabilité de déflation, même si cela signifie de courir le risque d’une remontée de l’inflation en cas d’une hausse subite de la demande. Ce problème, qui occupait la Réserve Fédérale au début des années 2000, est l’un de ceux que nous devons aujourd’hui chercher à résoudre.
D’autres instruments sont à la disposition des décideurs ; appelons-les des outils régulateurs cycliques. Si l’effet de levier apparaît excessif, les règles sur les ratios de capitaux peuvent être durcies ; si les liquidités paraissent trop peu abondante, des règles sur les ratios de liquidités peuvent être introduites et, au besoin, durcies ; pour calmer les prix immobiliers, on peut jouer sur les règles régissant les proportions entre le montant de l’emprunt et la valeur du bien ; pour limiter les hausses des valeurs boursières, on peut augmenter les dépôts de garantie obligatoires.
Si les outils monétaires et la régulation sont ainsi combinés, il s’ensuit que les cadres régulateurs et prudentiels traditionnels doivent acquérir une dimension macroéconomique. Cela pose un problème : comment amener les autorités monétaires et les autorités de régulation à coordonner leur action ? La tendance à la séparation entre ces instances qu’on observait depuis plusieurs décennies pourrait bien s’inverser. Et les banques centrales sont un candidat évident au rôle de régulateur macroprudentiel.
Le premier type de stabilisateur automatique vient de la combinaison de dépenses publiques fixes et de revenus qui varient en proportion du niveau d’activité, mais aussi de l’existence d’assurances sociales et de la progressivité de l’impôt sur le revenu. Les principales manières d’augmenter leur effet macroéconomique seraient d’augmenter la taille du secteur public, de rendre les impôts plus progressifs, ou les assurances sociales plus généreuses. Cependant, l’efficacité de ces réformes ne serait garantie que si elles étaient fondées sur une vision plus large en matière d’équité et d’efficacité.
Le deuxième type de stabilisateur automatique semble plus prometteur. Sur le versant impôts, on peut penser à des politiques fiscales temporaires ciblant les ménages à bas revenus, comme une remise d’impôt forfaitaire, une réduction des taux d’imposition, ou encore des politiques fiscales affectant des entreprises, comme des crédits d’impôt d’investissement cyclique. Sur le versant dépenses, on peut penser à des transferts temporaires visant les ménages à bas revenu ou aux liquidités réduites. Ces impôts ou transferts seraient déclenchés quand une variable macro franchirait un seuil déterminé à l’avance.
Le Palmarès
(Tkm/GM/PKF)