Cas de compromis exemplaire trouvé entre la RDC et la Zambie pour résoudre leur conflit frontalier causé par le tracé imprécis des limites de leurs territoires voisins : une solution à l’amiable fixant la ligne de la frontière commune sans bousculer pour cela les populations autochtones.
Les guerres d’agression du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda ont introduit une nouvelle donne dans le tracé frontalier de la République Démocratique du Congo, pourtant hérité du partage du continent africain intervenu lors du congrès de Berlin en 1885. Désormais, fragilisée, la RDC est devenue la proie des prédateurs d’un nouveau genre: les « grignoteurs » des espaces territoriaux. Autrement dit, des voisins qui revendiquent des portions de territoire congolais, sous des prétextes divers. Si le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi n’ont pas officiellement occupé des tranches de territoire congolais à la faveur de la guerre d’agression, il n’en est pas de même des autres voisins comme l’Angola, la Centrafrique et la Zambie qui revendiquent la paternité de certaines portions foncières.
Les incursions de l’Angola en territoire congolais et l’expulsion sauvage des ressortissants congolais cachent mal une certaine revendication territoriale, qui va d’ailleurs à l’encontre de l’inviolabilité des frontières issues du partage opéré à Berlin et de l’héritage colonial. Le pays d’Eduardo Dos Santos est même allé loin dans cette pratique en annexant certains territoires du Bandundu qui n’ont pu être récupérés qu’après force négociations.
Lui emboitant le pas la République centrafricaine avait fait montre de ses visées expansionnistes sur des Iles situées sur la rivière Oubangui. Des liés pourtant congolaises, peuplées de tous temps par des pécheurs congolais. Là aussi, des négociations ont ramené à la raison les envahisseurs centrafricains.
La Zambie, pour sa part, partage une longue frontière terrestre et lacustre avec la RDC. Si enchevêtrée que quand l’on se trouve à Kipushi, Sakania ou Kasenga, dans Sud-Katanga on a du mal à savoir qu’on a franchi la frontière. L’équation en plus se complique du fait que les populations bemba, lamba ou kaonde habitant ces localités parlent la même langue, ont les mêmes coutumes et partagent la même histoire traditionnelle commune. Mais, pourtant, il n’en existe pas moins des conflits de revendication territoriale.
Les très poissonneux lacs Tanganyka et Moero s’invitent aussi au débat frontalier. Seulement devant les réalités socio-économiques, la RDC et la Zambie entretiennent des rapports commerciaux intenses, ces deux pays ont accepté de résoudre par la voie du dialogue leur conflit profondes des lacs Tanganyika et Moero. Realpolitik obligeant, les deux parties sont tombées d’accord pour recourir à un arbitrage neutre. De plus, la limitation des frontières n’entrainera pas de déplacement des populations installées le long des deux lacs.
Si tous les conflits frontaliers pouvaient se résoudre de cette manière, l’Afrique aura fait un grand pas vers le panafricanisme prôné par les, pères de l’indépendance et qui aujourd’hui ressurgit dans le chef de certains leaders. Qui croient en la création des Etats-Unis d’Afrique.
Le Palmarès
(Ern/DN/GW)