Délogés de leur territoire d’origine, ces assaillants n’auraient pas le courage de continuer leur tentative de déstabilisation des institutions établies avec des moyens de bord s’ils savaient qu’une vigoureuse riposte les attendrait.
Depuis hier mardi 02 mars 2010, les insurgés de la tribu Enyele, qui ont hanté la quiétude des habitants de la cité de Mankanza, ont été chassés purement et simplement comme on le sait, ceux-ci ont surpris tout le monde en entrant furtivement au chef-lieu du territoire du même nom. Sans le moindre coup de feu, les assaillants qui n’ont trouvé aucune résistance sur leur chemin, se sont rendus maîtres du terrain ainsi conquis.
Mais c’était sans compter avec la riposte des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), qui n’ont pas tardé de les déloger des positions qu’ils ont occupées.
Mardi dernier, au matin, les insurgés Enyele, en provenance du territoire voisin de Bomongo (district du Sud-Ubangi), ont annoncé la reprise de la cité de Mankanza, siège des bureaux du territoire du même nom, dans le district de l’Equateur.
L’information fournie par le gouvernement provincial a été confirmée par l’état-major de la 3me région militaire. On parle des pertes en vie humaine du côté des assaillants mais le nombre exact des morts n’est pas encore précisé.
Au juste, qu’est-ce qui s’est passé dans cette partie de la province de l’Equateur ? Samedi dernier 27 février 2010, une nouvelle se chuchotait de bouche à oreille avant de se répandre à travers toute la cité comme une traînée de poudre.
C’est celle de l’occupation de la cité de Mankanza par les Enyele, une tribu du Nord-Ouest de la province de l’Equateur, plus précisément du district du Sud-Ubangi, territoire de Bomongo. Elle n’a pas tardé à se confirmer.
Radio Okapi a fait état de la confirmation de cette malheureuse nouvelle par les autorités de la province, plus particulièrement la ministre en charge de la Communication et porte-parole de gouvernement provincial de l’Equateur, Mme Rebecca Ebale.
A en croire cette dernière, les occupants de cette partie de la province ne seraient que des éléments résiduels qui ont été délogés du Sud-Ubangi lors des combats des dernières semaines de l’année écoulée. La présence insignifiante des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) et même ceux de la Police nationale congolaise (Pnc) serait à la base de cette occupation.
La plupart des villes et autres contrées de cette province sont simplement dégarnies des forces de sécurité et de dissuasion.. Ce qui donne l’envie machiavélique à n’importe quel aventurier d’oser, de monter n’importe quel coup. Le gouvernement provincial a semblé minimiser les effets immédiats et lointains des attaques de cette tribu sud-ubanguienne.
Délogés de leur territoire d’origine, ces assaillants n’auraient pas le courage de continuer leur tentative de déstabilisation des institutions établies avec des moyens de bord s’ils savaient qu’une vigoureuse riposte les attendrait. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.
L’ultimatum
La ministre Rebecca Ebale a fait la déclaration suivante au nom de l’exécutif provincial : « Nous confirmons la présence des insurgées Enyele dans le territoire de Mankanza depuis le samedi dernier. Ils sont entrés sans combats avec l’armée nationale qui, du reste, il faut le signaler, n’a pas une forte présence dans cette citée de même que la police nationale.
Il s’agit en fait des insurgés en fuite de Bomongo où ils sont chassés par les forces loyalistes. Donc, bien qu’étant à Mankanza, ils ne sont pas structurés et vu les dispositifs qui sont en train d’être mis en place pour leur traque, nous leur lançons un ultimatum et leur demandons de désarmer et de se rendre à l’armée nationale pour éviter de se faire déloger de force ».
La guerre du Sud-Ubangi n’était pas un jeu d’enfants. Même si le nombre de morts n’était assez élevé, cela avait déstabilisé tout un district avec de milliers de compatriotes qui se sont déversés sur l’autre rive de la rivière Ubangi , c’est-à-dire en République du Congo / Brazzaville. Ceux-ci ont abandonné leurs occupations habituelles, la pêche, l’agriculture, la chasse, le commerce, etc.
L’occupation de la cité de Mankanza, quoique éphémère, est un signal fort que les autorités gouvernementales tant nationales que provinciales devraient capter cinq sur cinq, comme l’on dit. S’ils n’étaient pas délogés à temps, les Enyele allaient certainement avoir la possibilité de s’infiltrer dans la population locale, d’avoir des sympathisants et de mieux s’organiser.
Berceau du lingala
La cité de Mankanza, que le colonialiste belge avait débaptisée « Nouvelle Anvers », en mémoire du grand port maritime du Royaume fédéral de Belgique, est situé sur la rive droite du fleuve Congo, à quelques 200 km en amont de Mbandaka, et à 200 km en aval de Lisala, respectivement chef-lieu de la province de l’Equateur et du district de la Mongala. C’est le berceau du lingala véhiculaire, tiré de la langue « mangala » de la tribu mangala ma Liboko.
La République
(Ern/CL/PKF)