A Kinshasa, on ne compte plus les véhicules qui circulent avec la mention « Laissez passer » arborée effrontément sur le para brise. Un simple mouvement pour exiger au conducteur de stationner vaut à l’agent de l’ordre des insultes et autres insanités que la pudeur nous défend de reprendre dans nos colonnes. Bon nombre des bureaux de l’Etat livrent ces papiers avec mention : «  Laissez Passer Etat Major Général (EMG), Cabinet du Ministre, Gouvernorat de Kinshasa, Justice, présidence de la République… Ce document permet au détenteur de rouler sans être inquiété par les services de contrôle technique tel que les agents du ministère de Transport, les policiers chargés de réglementer la circulation et d’autres agents pour contrôler la vignette et plaque d’immatriculation…


S’il est vrai que l’obtention de ce « Laissez passer » n’a rien d’anormal, il faut reconnaître, cependant, que cette pratique donne lieu à des abus de tout genre. Certains compatriotes qui travaille dans tel ou tel autre service de l’Etat se permettent de céder voire de vendre à des tiers qui n’ont rien à voir avec les services de l’Etat ce « Laissez passer. Sur le plan sécuritaire, il est à craindre que des bandits armés puissent circuler sans inquiétude à travers la ville à bord de voiture avec « Laissez passer officiel » rendant ainsi le contrôle de leur coffre difficile.

« Qui peut arrêter un véhicule avec mention Laissez-passer EMG ou Justice ? La tâche que nous avons est difficile à accomplir, nous craignons d’arrêter n’import quel véhicule sur la route de peur d’avoir affaire avec un dignitaire », a confié à Digitacongo.net un agent de la police de roulage. Des malfrats peuvent franchir les barrières de la police avec des cargaisons des minerais ou de l’argent volé sans qu’on puisse mettre la main sur eux. Il se raconte qu’une grosse légume de la place avait enfermé son cuisinier dans le coffre de sa voiture et s’était promené avec lui à travers la ville pour le punir de l’avoir servi du riz mal cuit. Anecdote ou simple fait divers, il y a de quoi réfléchir sur ce genre de comportement et prendre de mesures qui s’imposent.

Rodrick Mulamba/MMC


(Mod/PKF)