Selon ce journal, il va de soi qu’on recherche aussi auprès des partenaires non membres du Club de Paris un traitement semblable de façon que les ressources auxquelles différents partenaires pourraient renoncer servent à l’amélioration du social.
Réagissant à la rubrique Cinq questions du journal Le Potentiel, Marcel Ngoyi Ngoyi, patron du quotidien La Prospérité, croit que ces mesures qui ont été prises par les créanciers de la Rdc, à savoir le Club de Paris, pourraient permettre au pays d’affecter les ressources auxquelles les partenaires ont renoncé à des dépenses prioritaires bien identifiées dans le Document de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP). Ci-après l’intégralité de cette interview.
1. Après le remaniement ministériel, comment entrevoyez-vous le climat politique au pays et les perspectives d’avenir ?
Le remaniement intervenu le 19 février donne aux analystes l’occasion de penser que les missions assignées à ce gouvernement, dont le dossier des élections, vont constituer un moment crucial de l’histoire de ce pays. Un moment où l’on va faire le véritable test du système d’alternance politique en RDC.
Il est vrai que ce remaniement laisse un goût d’inachevé parce que le président de la République avait toujours parlé de 15 personnes. Je ne sais pas si parmi les personnes nouvellement nommées il y a les 15 ou quelques têtes qu’on peut qualifier de 15. Mais là, je note qu’il y a eu quand même une volonté de réduire le train de vie de ceux qui dirigent le pays, notamment les membres du gouvernement.
Il y a eu une volonté de s’adapter aux exigences du Fonds monétaire international, notamment avec cet objectif consistant à se battre pour atteindre le point d’achèvement. Mais il y a eu aussi, toujours pour ce gouvernement, la mission de la poursuite de la reconstruction du pays à travers le vaste programme dénommé Cinq chantiers.
Je pense, pour ma part, que le climat politique actuel favorise un espoir. Espoir que demain ne sera pas moins qu’aujourd’hui. Espoir que demain les choses peuvent changer positivement. Mais, il y a lieu de dire qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’efforts à fournir, que ce soit du côté de la Majorité ou de l’Opposition.
2. Qu’est-ce que vous laissez entendre par là ?
Du côté de la Majorité, c’est la révision des calculs. Il y a des gens qui espéraient faire partie du gouvernement, mais qui n’ont pas été retenus. Il y en a qui, peut-être, n’espéraient pas mais qui se sont retrouvés. Donc, les calculs doivent changer.
Du côté de l’Opposition, c’est une réelle crise de leadership. Je ne sais pas quand l’Opposition pourrait désigner son porte-parole. Les uns rejettent la balle aux autres, et dans cette confusion, l’Opposition a effectivement du mal à prendre ses vraies marques. Et pourtant, les élections approchent.
La Commission électorale indépendante en a déjà donné des signes avant-coureurs avec la relance des opérations de révision du fichier électoral.
3. Pourriez-vous faire un bref état des lieux de la situation économique du pays ?
Au chapitre économique, je me réjouis de la nouvelle qui nous est parvenue du Club de Paris. Ce dernier a levé l’option de réduire une partie de ce qu’on peut appeler aujourd’hui endettement extérieur de la RDC. L’accord porte sur 3 milliards de dollars dont 1 milliard 370 millions sont totalement annulés et 1 milliard 617 millions rééchelonnés.
Je crois que ces mesures qui ont été prises par les créanciers de la RDC, à savoir le Club de Paris, pourraient permettre au pays d’affecter les ressources auxquelles les partenaires ont renoncé à des dépenses prioritaires bien identifiées dans le Document de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) et en même temps aussi de rechercher auprès des partenaires non membres du Club de Paris un traitement semblable de façon que les ressources auxquelles différents partenaires pourraient renoncer servent à l’amélioration du social. Mais, ceci ne suffit pas.
Il y a encore des efforts à fournir parce que pour atteindre le point d’achèvement, il faut qu’il y ait assainissement de l’environnement macro-économique et amélioration du climat des affaires. Ce qui suppose sécurité juridique et judiciaire des investisseurs mais aussi sécurité des biens et des personnes à travers toute l’étendue du pays.
4. Quels horizons dégagez-vous pour demain ?
Le climat économique ne peut s’améliorer que si, d’une part, au niveau interne on maîtrise tous les paramètres macro-économiques s’agissant de la politique de change, de la stabilité des prix ainsi que de la réduction des dépenses dites de souveraineté. Je note avec optimisme qu’il peut y avoir à l’horizon des perspectives nouvelles.
Si jamais on atteignait le point d’achèvement, on pourrait encore améliorer la situation. Il faut donc batailler dur. Puisque, même si l’on bénéficie d’un allègement de la dette et que l’on continue à améliorer les paramètres tout autour, il faudra aussi qu’on améliore la production. Dans tous les cas, si on relance la production, il y a lieu d’espérer.
5. Neuf ans d’âge déjà pour le journal La Prospérité. Qu’avez-vous de particulier à dire à onze mois de son dixième anniversaire ?
A La Prospérité, nous pensons que c’est le moment de remercier ceux qui ont cru en cette œuvre. Je vois tout le personnel qui, à un moment comme à un autre, a œuvré à l’émergence d’un journal de qualité sur la scène médiatique. Une scène qui était déjà minée.
Il faut dire qu’à la sortie du premier numéro, La Prospérité avait trouvé un environnement où il y avait de grands journaux, vieux de plusieurs années et qui avaient déjà fait leur nom. Il a fallu vraiment beaucoup de courage, de ténacité et de détermination pour se frayer un chemin.
Je parie que cela n’a pas été facile. Même aujourd’hui, c’est extrêmement difficile. Alors dans cet environnement, j’estime que, pour permettre à La Prospérité d’atteindre certains de ses objectifs, il faut lancer un appel aux partenaires.
Il faut mobiliser le plus possible de gens de bonne volonté comme cela a été le cas jusqu’aujourd’hui afin qu’ils nous témoignent toujours de leur soutien indéfectible à travers les publi-reportages réalisés, la publicité ; à travers l’achat même d’un numéro du journal.
Je lance également un appel aux autorités du pays pour la simple et bonne raison que la presse congolaise – comme partout ailleurs - doit bénéficier de ce qu’on appelle subventions. La mission que nous assumons est une mission publique. C’est à ce titre que la loi fait obligation à l’Etat de pouvoir soutenir la presse congolaise.
Et à ce sujet, je lance un appel au président de la République qui, plus d’une fois, avait promis de concrétiser sa promesse de subvention en faveur de la presse. Je joins donc ma voix à celles des autres confrères pour dire au président de la République, au premier ministre que la promesse a trop duré. Jusqu’ici, aucun sou n’est tombé dans l’escarcelle des professionnels de médias. Peut-on espérer que, dans le cadre du budget 2010, la promesse sera tenue ?
Célestin Lutete/MMC/Le Potentiel
(CL/TH)