La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats vient de rendre publi­que une étude sur la problé­matique du recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes armés Maï-maï à l’Est de la RDOC. L’étude ap­pelle le gouvernement congo­lais à faire de la protection des enfants vivant dans des zones affectées par les conflits une priorité. Elle met éga­lement en exergue des recommandations ainsi que des stratégies pour opposer une réponse durable afin de met­tre fin à cette pratique.

« Depuis longtemps, les dynamiques du conflit l’emportent sur la protection des enfants dans les provinces situées à l’Est de RDC, et cela met en péril l’avenir de la nouvelle génération d’enfants congolais », a déclaré la directrice de la « Coalition pour mettre fin à l’utilisation des enfants soldats », Mme Victoria Forbes Adam. C’était au cours d’un point de presse organise vendredi 26 février 2010 an Cen­tre d’études pour l’action sociale (CEPAS).

La rencontre a porté sur la problématique du recrutement et l’uti1isation des enfants par les groupes armes Maï-Maï à l’Est de la RDC. La question a été au cen­tre de l’étude menée en 2009 par cette ONG des droits humains. Le point de presse a également servi de cadre de partage autour des recommandations issues de l’étude ainsi que les stratégies identifiées de concert avec des ONG de promotion des droits de l’enfant oeuvrant en RDC susceptibles d’opposer une réponse durable pour mettre fin à cette pratique.

Présentant le contenu de l’étude, la directrice de la Coali­tion, Mme Victoria Forbes Adam, a souligné que son but a été d’attirer l’attention du gou­vernement et de toute la communauté sur le cas des Maï-Maï quant au recrutement et à l’utilisation des enfants dans leurs troupes. Elle a, de ce fait, affirmé que les milices Maï-Maï figurent parmi ceux qui, au cours de ces trois dernières années, recrutent le plus grand nombre d’enfants dans l’Est du Congo. Mais rien ne semble être fait pour réduire la vulnérabilité des garçons et des jeunes filles qui sont exposés au risque d’être exploités par ces groupes.

Quant aux facteurs favo­risant l’intégration des enfants dans ces groupes, l’étude a pro­cédé par l’examen des vagues de recrutement d’enfants de moins de 18 ans par les Maï-Maï, vagues liées à l’escalade des hostilités, à l’échec des accords de paix. etc. L’insécurité qui caractérise la région explique l’exis­tence des milices locales, mais la vulnérabilité des enfants est également ancré dans l’environnement socio-économique dans les­quelles ils vivent. « Non seule­ment que ces enfants vivent dans les zones en conflits, mais beaucoup d’entre eux souffrent de la pauvreté, d’une absence d’accès a l’éducation et d’un manque d’opportunités économiques », a­-t-elle souligné.

Face à cette situation, Mme. Victoria Forbes Adam a appelé le gouvernement congo­lais à faire de la protection des enfants vivant dans des zones affectées par les conflits une priorité. Car il est de sa respon­sabilité de protéger et promou­voir les droits des enfants de l’Est du pays.

Tout en appréciant la libé­ration, elle a estimé que le gouvernement congolais pourrait réellement améliorer la situation simplement en appliquant sa propre politique et sa législation. « Cela implique de mener des enquêtes et de poursuivre en jus­tice de manière systématique, ceux qui recrutent et utilisent les enfants », a-t-elle précisé.

Le gouvernement doit aussi coopérer avec la commu­nauté internationale afin d’offrir aux jeunes vivant dans ces zo­nes une éducation, une formation professionnelle et des opportuni­tés d’emplois. Sans être exhaustive, l’étude montre que : mettre fin au recrutement et au ré-enrôlement d’enfants au sein des groupes Maï-Maï s’avère une action à long terme qui doit être assortie d’objectifs visant à améliorer l’environnement qui favorise l’as­sociation probable d’enfants avec les Maï-Maï.

Raymond Senga Kossy/Le Potentiel


(TN/Ern./DN/Yes)