La fermeture du signal de Rfi en RDC n’a pas soulevé des réactions publiques en dehors des prises de positions clairsemées dans certains milieux politiques. Mais la campagne menée cette fois en faveur de Rfi par l’Ong Journalistes en danger (JED) a suscité une réaction négative d’un compatriote de la diaspora
Au moment où on s’y attendait le moins, l’Ong « JED-Sprl » a lancé une pétition pour réclamer la réouverture du signal de Rfi en Rdc. Cette campagne controversée n’a pas laissé les Congolais indifférents. Un compatriote vivant en Europe, Konde Nzuka, réagit vivement à cette pétition dans une interview qu’il a accordée à Réveil Fm. D’autres Congolais ont également vivement réagi contre les propos de Konde Nzuka. Force est de constater donc que très peu de ces réactions sont fondées sur des arguments autres que son opposition à un régime.
Parmi les réactions, on signale celle de Jacques Lumbwele, un éternel mécontent qui veut faire payer ses déboires à tout pouvoir installé à Kinshasa. Les autres réfugiés économiques ont besoin de quémander les bonnes grâces de Rfi pour le besoin de la cause. Ils hypothéqueraient facilement la paix en Rdc pour leur sécurité en Europe. On note, larmes aux yeux que, tout en se présentant comme défenseurs de la liberté d’expression, beaucoup de réactions condamnent Réveil-Fm d’avoir offert la tribune à Konde Nzuka. Quelle leçon de démocratie ces intolérants peuvent-ils donner aux Congolais? Quel sens donnent-ils à la liberté d’expression ? Ci-dessous l’interview intégrale de Konde Nzuka à Réveil-Fm.
Pourquoi êtes vous choqué par la campagne de JED pour la réouverture de RFI à Kinshasa et Bukavu ? N’est-ce pas le rôle d’une Ong qui défend la liberté d’expression et le pluralisme médiatique de réclamer que celles-ci soient respectées dans un pays démocratique ?
Je suis tout à fait contre la campagne de JED pour la restauration du signal de la RFI à Kinshasa et à Bukavu pour des raisons sécuritaires. L’histoire nous enseigne qu’après le 11 septembre 2001, les autorités américaines avaient tamisé tous les organes d’information pouvant miner la sécurité de la grands puissance du monde: sites Internet, radios, télévisions, comptes bancaires fermés, limitations des droits de mouvement vers les Etats-Unis, interpellations des sans papiers qui y résidaient pendant plus de vingt ans.
Alors je me dis : pour une grande puissance comme les Etats-Unis, avec une démocratie consolidée, les libertés fondamentales ont été réduites à leur plus simple expression pour motif sécuritaire. Mais le Congo qui a une démocratie naissante et une paix fragile, pourra-t-il supporter l’onde de l’intox des medias occidentaux ? Nous connaissons tous leur puissance de nuisance.
On ne vous a jamais entendu, lorsque Modeste Mutinga, tout en assumant la fonction de président de la Haute Autorité des Médias (HAM), s’était octroyé une radio et une télévision. Ni lorsque la HAM, étouffoir des libertés, prenait des décisions liberticides conte les journalistes, les médias et les partis d’opposition... Pourquoi sortez-vous de bois contre la RFI ?
Pour le problème Modeste Mutinga, j’ose croire que les lois du pays n’ont pas été claires en la matière : le conflit d’intérêts pouvait bien être soulevé dans l’élaboration du règlement d’ordre intérieur de la HAM. S’il y a une carence dans ce sens, on ne peut reprocher à un citoyen congolais d’être propriétaire d’une radio et président de l’institution de régulation. Mais, s’il a agi contre la loi, je serai la première personne qui aurait demandé son départ de l’organe.
Trouvez-vous normal que chaque acteur politique ait sa radio et sa télévision comme c’est le cas aujourd’hui en République Démocratique du Congo ? C’est quoi le pluralisme médiatique pour vous ?
Ma troisième réponse découle de la deuxième. Le Parlement congolais doit nécessairement et impérativement légiférer sur le secteur de la communication. C’est-à-dire interdire aux députés, ministres fonctionnaires publics de posséder une télévision, une radio. Même en Occident, les partis politiques ont leur moyen communicationnel huilé : journaux, télévision, radio. Vous savez que les télévisions publiques européennes sont contrôlées, ou si vous voulez, idéologisées selon les tendances politiques !
Le pluralisme médiatique pour moi, c’est la libre entreprise qui est une voie royale pour garantir l’indépendance de l’information dans le respect de l’éthique professionnelle. Vous savez : la presse est toujours à la solde du pouvoir économique.
Au-delà de RFI, dont vos positions sont connues, que préconisez-vous pour que le pluralisme médiatique soit effectif au Congo ?
Au-delà de RFI, je préconise, en République Démocratique du Congo, une presse responsable et respectueuse des lois de mon pays. Une presse indépendante, loin du pouvoir politique et économique. Pas de pluralisme de façade où une radio étrangère est mieux traitée parce qu’elle vient de dehors ou parce qu’elle finance une ONG.
Je crois que la République Démocratique du Congo est l’un des rares pays en Afrique Centrale qui a fait un pas de géant vers le pluralisme médiatique, mais on ne voit jamais la RFI déclencher, en particulier Ghislaine Dupont, une guerre de croisade contre certains africains qui font pire que la République Démocratique du Congo en matière de pluralisme.
Vous avez été « Porte-silence » face aux exactions que subissent les journalistes dont la majorité est devenu attaché de presse des ministres et gouverneurs pour subsister. Que faut-il faire pour que les journalistes jouent pleinement leur rôle sans être inquiétés ?
Je ne me suis jamais tu sur l’assassinat ou la détention illégale des journalistes congolais ou dans le monde. Le vrai combat de JED doit nécessairement se concentrer sur les abus de pouvoir, les dérives des régimes autoritaires en Afrique et ailleurs. Je pense que les journalistes congolais se sont battus pour avoir ce qu’ils ont toujours espéré avoir. Croyez-vous que le Rwanda est mieux placé que la République démocratique du Congo en matière de liberté de presse ? Il n’y a pas assez de choses à raconter au Rwanda. Pourquoi Ghislaine Dupont ne ferait-elle pas de reportage sur le Rwanda ? Jhabite en Europe et je sais comment les médias peuvent provoquer la guerre.
Selon Konde, JED porte-parole de Rfi
Le titre apparu sur radio Okapi « Libérez I’info, ouvrez RFI » pour lancer une pétition soutenue par le JED, (Journalistes En Danger), pour réclamer le retour du signal de Radio France internationale sur le territoire congolais m’a donné un coup de froid au dos pour la manière dont cette ONG privilégie la défense d’une radio qui a démontré sa partialité dans le traitement et la divulgation des informations en provenance de mon cher pays en lieu et place,” du leitmotiv sécuritaire.
L’idée de la création d’une instance indépendante de régulation des médias en Rd.congo remonte à 1992 lors de la Conférence nationales souveraine. Sa naissance est consacrée par les négociations politiques entre Congolais, dont les assises ont eu lieu à Sun City de février à avril 2002, dans le but de mettre fin à la guerre qui sévissait depuis 1998 avec la mort, dans la partie Est de la Rd Congo, des milliers de Congolais qui ont eu tort d’accueillir sur leur sol, des réfugiés rwandais avec le concours de la communauté internationale et du Maréchal Mobutu.
La HAM a été mise en place le 23 août 2003 avec quatre autres institutions d’appui à la démocratie. La lutte que mène le JED pour la restauration du signal de RFI en Rd. Congo prouve que les fils du pays n’ont pas encore appris la leçon de la manipulation extérieure qui voudra que la Rd. Congo reste dans la zone des turbulences.
La RFI, à travers son envoyée spéciale Ghislaine Dupont, veut pérenniser l’insécurité, la guerre, la mutinerie au sein de l’armée et la désinformation gratuite dans la partie Est de la république avec comme objectif, fragiliser les institutions démocratiquement acquises pour remettre toujours en question la paix difficilement obtenue, pour que la partie orientale reste le ventre mou de la Rd. Congo d’où doivent toujours partir toutes les rebellions depuis l’indépendance.
Le JED n’est autre que la branche armée de la RFI en Rd. Congo. Comment peut-on concevoir une ONG de défense des journalistes, en danger, se permettre de lancer une pétition pour soi-disant libérer l’information au Congo ? Cette information est-elle une exclusivité absolue de RFI ? Ecrire ainsi donne l’impression qu’en Rd. Congo il n’existe que la RFI qui atteint des foyers congolais avec des informations justes et équitables.
Comment peut-on admettre une ONG tel JED qui voit en la libération de l’info en Rd. Congo représentée par la RFI, comme le désir immédiat du peuple congolais de retrouver les performances négatives de cette radio dans le vécu quotidien des Congolais de l’Est, pendant que d’autres radios communautaires, par exemple la radio Okapi, ont fait preuve d’impartialité et de professionnalisme dans la diffusion des informations.
Si les autorités congolaises ont décidé de couper le signal de RFI, je crois, et je me fie aux dirigeants de mon pays, que c’est pour des raisons sécuritaires qu’ils l’ont fait. Car nous savons tous comment l’envoyée spéciale de la RFI, Ghislaine Dupont, s’est acharnée contre le pouvoir en place pour de raisons administratives de la concernée. Expulsée de la Rd. Congo, cette dernière a gardé une dent contre les institutions du pays. Je pense que tout Congolais, qui signerait cette pétition, signerait aussi le retour à la manipulation de Ghislaine Dupont, à la désinformation et à l’intoxication délibérée de la population de l’Est.
Il est tout à fait normal que l’on puisse lutter pour la liberté de la presse main pas dans la cacophonie. Tout Congolais, toute ONG congolaise de défense des droits de l’homme doit avoir confiance en son autorité. La décision intervenue en mal 2009 contre la RFI n’est qu’une conséquence de la politique déstabilisatrice de cette radio qui n’a jamais eu une forte audience dans l’hexagone mais qui a trouvé une terre fertile en Afrique où tout ce qui vient de l’Occident est bon, beau et juste.
Je disais que signer cette pétition équivaudrait à l’exposition de nos compatriotes congolais de l’Est aux nouvelles tueries orchestrées à travers l’intoxication des medias dont l’envoyée spéciale Ghislaine Dupont est maîtresse en la matière. Si elle faisait cette propagande déstabilisatrice en France, en particulier en Corse, on l’aurait accusée de terrorisme, de subversion…mais en Afrique, en particulier en Rd Congo, on la vénère comme une déesse.
Congolais, posez-vous la question de savoir, avant de signer la pétition, pourquoi la Voix de l’Amérique ou la BBC n’ont jamais connu le même sort de coupure? J’ose croire qu’ils (VOA et BBC) n’ont jamais donné l’impression d’être frustrés par une ordonnance d’expulsion de l’un de leurs employés, car le respect des lois d’un pays est la base, je dirais l’essence, pour y exercer son travail
Au moment où on les bafoue, on marche en marge de celles-ci, on s’expose à la rigueur de la loi. Ghislaine Dupont, venant d’un pays défenseur des droits humains et de respect des lois, devrait plutôt se normaliser avec les institutions de la République en lieu et place de réclamer son retour au Congo par le biais de JED en achetant les consciences de cette ONG congolaise. Signer cette pétition c’est cautionner l’instabilité de l’Est.
Les raisons d’Etat doivent primer sur les intérêts égoïstes de la RFI et de ses marionnettes journalistes réunis au sein d’une organisation. Ghislaine Dupont n’a jamais été incarcérée au Congo arbitrairement, ni poursuivie pour avoir violé les lois sur l’immigration en Rd. Congo. Le credo de JED Journaliste en danger n’a rien à voir là-dessus. Avant de signer, réfléchissez pour la cause de la patrie. Les 4.000.000 de morts que nous pleurons aujourd’hui, qui sait peut-être, ont été sacrifiés avec des pareilles pétitions.
J’assume la responsabilité de mes écris pour le bien du Congo.
Konde Nzuka/L’Avenir
(DN/Ern./Yes)