Le ministre de la Santé publique, Victor Makwenge, a ouvert jeudi à Kinshasa les travaux de la revue sectorielle des activités du secteur de la santé en République Démocratique du Congo. Ces travaux revêtent une importance capitale pour l’avenir du pays, a dit le ministre Makwenge, indiquant que les résultats des revues sectorielles organisées pour la santé et les autres secteurs sociaux comptent comme éléments déclencheurs pour la décision de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE).


L’atteinte de ce point d’achèvement, a-t-il ajouté, permettra au pays de bénéficier d’allégements de la dette internationale. Les ressources financières récupérées sur le paiement du service de la dette extérieure contribueront à accroître la part de l’Etat dans le financement des secteurs sociaux et des dépenses de lutte contre la pauvreté.

Cette revue clôture également la période de planification provinciale qui a débuté l’année dernière par la planification dans les zones de santé. Ceci permet au niveau central de produire le plan national de développement sanitaire (PNDS). Ce programme couvrira la période de 2001-2015. Il sera ainsi le plan du gouvernement en matière de santé. Il permettra donc à ce dernier d'accélérer les efforts en vue de l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement dont la date butoir est justement fixée en 2015.

Le ministre de la Santé publique a noté que, pour y arriver, tous les efforts doivent être conjugués pour une bonne coordination et orientation des interventions menées par les acteurs publics, confessionnels et privés, sur base des financements publics, et de ceux de la communauté et de l'aide internationale. La  période 2011 à 2015 correspond également à un moment particulier où la vie politique du pays va faire un autre pas de géant dans la démocratie, avec l'organisation des prochaines élections présidentielles et législatives à fin 2011.

A cette occasion, il faudra présenter le bilan de l'actuelle législature et démontrer combien le secteur de la santé a contribué à l'amélioration du bien-être de la population congolaise pour qu'elle soit capable de participer pleinement au développement de la nation. Le ministre Makwenge s’est réjoui à ce jour de constater que le secteur de la santé a fait des avancées dans la mise en œuvre de l'agenda de Kinshasa sur l'efficacité de l'aide, notamment à travers la réforme du financement de la santé.

Le secteur dispose d'un seul comité de pilotage dans lequel se reconnaissent tous les partenaires du secteur de la santé. Une cellule d’appui et de gestion des fonds publiques, dont le personnel est en cours de recrutement, est en place ; le processus de recrutement d’une agence fudiciaire sera bientôt terminé. Le ministre de la Santé publique s’est dit conscient qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour assurer un fonctionnement optimal de tous ces outils de manière à ce que les ressources financières soient rapidement disponibles là où on en a le plus besoin, c’est-à-dire dans les formations sanitaires.

Pour ce faire, il est urgent que les comités de pilotage provinciaux soient tous fonctionnels, sans délai, a-t-il estimé. Son souhait, a-t-il dit, est de voir toute cette réforme se mettre en place rapidement, c’est-à-dire avant la fin du semestre en cours. Les nouveaux projets qui seront exécutés dans le secteur, avec l’appui de nos partenaires internationaux, doivent être conformes aux résultats de cette réforme pour plus d’efficacité et d’efficience de l’aide au développement et des ressources domestiques.

Le groupe Inter Bailleurs santé (GIBS) par le canal de son coordinateur, Henri Got, s’est, pour sa part, félicité de la tenue de cette revue sectorielle de la santé. Cette année, la revue revêt une importance particulière puisqu’elle est le prélude à la revue du DSCRP et à la révision du PNDS qui, dans le cadre de l’initiative PPTE, facilitera l’atteinte du point d’achèvement. Cela ouvrira la voie à une importante remise de la dette publique, permettant ainsi au pays de faire un effort particulier en faveur des secteurs sociaux, a dit M. Got. Les contraintes de temps ont bousculé la préparation de la revue et nous n’avons pas pu participer à des visites conjointes de terrain comme nous en avions formulé le souhait lors de la précédente revue.

Toutefois, un travail important de préparation a pu être réalisé et nous vous remercions de nous avoir associés à la formulation du diagnostic sectoriel qui a précédé la revue », a-t-il ajouté. Le coordonnateur du GIBS a souligné que son organisme a fait de la mise en œuvre de l’agenda de Kinshasa le fil conducteur de son action pour les prochains mois. « C’est donc en référence à cet agenda de Kinshasa, élaboré à l’occasion du forum sur l’efficacité de l’aide en RDC, que nous voudrions apprécier le chemin parcouru depuis la dernière revue sectorielle », a-t-il relevé.

ACP


(SM/PKF)