Ouverture jeudi à Goma, au Nord­-Kivu, de la réunion du comité de suivi des accords de paix signés en mars 2009 à l’issue des affrontements entre les Fardc et le Cndp qui avaient embrasé, entre octobre et décembre 2008; l’Est de la République démocratique du Congo. A l’ordre du jour de cette énième séance, il est question d’examiner les dossiers pendants ayant trait aux actes d’engagement et de l’accompagnement des éléments des ex-groupes armés dans leur intégration dans la vie sociale et politique. Les contours de la tenue de ces concertations ont constitué l’essentiel de l’audience qu’a accordé mercredi le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu à l’abbé Apollinaire Malu Malu, président de la commission électorale indépendante et membre du comité national de suivi.

Il y a lieu de noter que le processus d’intégration a déjà commencé et est à la fin du désengagement. A ce jour, 29.000 éléments des anciens groupes armés et du Cndp sont disponibilisés à l’opération de l’intégration que ce soit dans l’armée nationale, la police ou la DDR (Démobilisation, désarmement, réinsertion) et les projets communautaires. Il est évident que cette mission est exécutée autour de quatre principaux axes. Il s’agit notamment du rétablissement de l’autorité de l’Etat; de la relance économique ; de la question humanitaire et du retour des  déplacés internes, la lutte  contre les violences diverses.

Cependant plusieurs problèmes retardent la fin de cette opération parmi lesquels les listes confectionnées par les ex-grou­pes armés qui pèchent notamment par le nombre démesuré des postulants. Ce qui explique particulièrement le passage par l’étape de vérification par une commission ad hoc. Tenant compte de ce facteur  il est normal que la sélection puisse prendre du temps. Ce qui évidemment ne fait guère l’affaire de tous. Tel est le cas des Simba, une composante des Maï-Maï qui tiennent absolument à voir leurs éléments être intégrés dans le bref délai dans la police. Or, il se pose le problème de déterminer avec exactitude le nombre des candidats à l’intégration au sein de ce corps pour chaque groupe.

Apaiser les tensions

La réunion du comité national de suivi des accords de Goma, la deuxième depuis le début de l’année 2010 après celle de janvier dernier, inter­vient dans un nouveau contexte. Elle est organisée particulièrement à quelques jours du remaniement gouvernemental et de la réaction musclée du Cndp qui, par la voix de son président et de son secrétaire général, Kambasu Ngeve a dénoncé « la violation des accords » par le gouvernement. Cela a évidemment suscité des inquiétudes dans l’opinion qui a apprécié à sa juste mesure la réponse du berger à la bergère leur réservée par le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende.

Dans les milieux officiels, on fonde beaucoup d’espoir à la poursuite du processus de paix déjà engagé. D’où l’importance que revêt les concertations entamées hier à Goma. Sans doute qu’elles auront le mérite de situation dans son véritable contexte, de renouveler les engagements dans la compréhension mutuelle et de dégager les perspectives d’avenir.

Les Fardc bientôt dotées de casernes au Sud-Kivu

L’Organisation internationale de la migration (OIM) construit des casernes pour les FARDC au Sud-Kivu. Le représentant de l’OIM pour l’Afrique centrale et australe, M. Bernado Mariano, l’a déclaré à l’issue de l’audience lui accordée par le ministre de la Défense, Charles Mwando Nsimba, le mercredi 24 février 2010.

L’amélioration des conditions de vie des FARDC préoccupe non seulement le gouvernement, mais aussi les partenaires extérieurs. Illustration : les Pays-Bas ont financé les travaux de construction des casernes des FARDC à Saïo, Nyamuyunyi et Nyangezi, dans la province du Sud-Kivu.
Les travaux sont exécutés par l’Organisation internationale de la migration (OIM). Le représentant de l’OIM pour l’Afrique centrale et australe, Bernardo Mariano, l’a déclaré à l’issue de l’audience lui accordée, le mercredi 24 février, par le ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba.

Pour le représentant de l’OIM, « ces constructions entrent dans le cadre des projets d’amélioration de la sécurité humaine à travers le renforcement des brigades intégrées de l’armée régulière dans l’Est de la RDC ». Sur le terrain, les travaux de construction du camp Saïo sont très avancés, renseigne la source. Pour preuve, dix bâtiments sont prêts pour recevoir les locataires.

Au mois de mars prochain, le comité technique de l’Organisation internationale de la migration tiendra une réunion avec les partenaires de ce projet. Au cours de la même journée de mercredi, Charles Mwando Nsimba s’était également entretenu avec l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en RDC, M. John Garvelink.

Les deux personnalités ont focalisé leur échange sur la formation par les instructeurs américains, d’une brigade d’infanterie légère des FARDC à Kisangani. Interrogé à l’issue de l’audience, le diplomate américain a indiqué que cette formation dont la durée s’étend sur 6 à 9 mois, entre dans le Programmes des USA consistant à renforcer les capacités des FARDC qui remonte à trois ans au Centre supérieur militaire. Avant de rappeler que son pays a déjà organisé plusieurs sessions de formation continue en faveur des officiers congolais. Les Etats-Unis poursuivront l’application du programme de partenariat militaire avec la RDC, conformément au vœu des autorités congolaises, a fait remarquer John Garvelink.

La République/Le Potentiel


(TN/DN/TH/Yes)