Cet argent, qui a été remis au HCR, servira à renforcer l’assistance alimentaire et médicale de ces 114.000 réfugiés installés dans la Likouala au nord du Congo- Brazzaville pour fuir les affrontements violents dont Dongo avait été le théâtre lors de la rébellion Enyele.
La situation des déplacés de Dongo s’éclaircit petit à petit, les cœurs commencent à s’ouvrir. Le harcèlement dont faisaient l’objet ces exiles semble avoir pris fin. Plusieurs sources recoupées l’attestent, notamment l’Union africaine qui a remis, dans la matinée à Brazza-ville, un chèque de l’ordre de 200.000 dollars américains au HCR, montant destiné à quelque 114.000 réfugiés de l’Equateur installés dans la Likouala au nord du Congo-Brazzaville.
Depuis quelque temps, les personnes ayant fui les troubles de Dongo dans le district du Sud-Ubangi, province de l’Equateur, ne recevaient plus l’assistance nécessaire dans leurs sites, malgré les efforts de la communauté internationale. Le week-end dernier, des nouvelles alarmantes faisant état d’une imminente rupture des stocks des vivres réservés aux exilés ont plongé cette communauté des réfugiés dans une angoisse sans précédent. Entre-temps les appels incessants provenant de la rive gauche de l’Ubangui pour leur retour ne faisaient qu’effrayer les refugies.
Quant à l’aide de l’UA, elle arrive un mois et demi après une mission d’évaluation effectuée dans la province de la Likouala. Le délégué de l’UA, Gbouabré Dab, a expliqué le sens du geste de l’organisation panafricaine. «Il s’agit, a-t-il déclaré, d’une contribution certes modeste, mais pour démontrer que la Commission de l’UA ne reste pas insensible à ce qui se passe dans la région ». Il a également qualifié d’ « extrêmement pénible » la situation des réfugies de Dongo.
S’agissant du pactole remis au HCR, il servira, d’après les humanitaires, à renforcer, l’assistance alimentaire et médicale en faveur de ces 114.000 refugiés de la RDC. A peine les quarts des besoins de ces réfugiés sont couverts. Il faut faire plus, selon le représentant du HCR à Brazzaville, Stéphane Grieb. C’est ce qu’a indiqué également la ministre du Congo-Brazzaville de l’Action humanitaire, Emilienne Raoul. Sept cents tonnes de vivres ont déjà permis, depuis le déclenchement de la crise, d’assister ces réfugiés, mais les besoins en alimentation restent énormes.
Avec le geste de l’Union africaine, l’élan de générosité à l’égard de ces Congolais sinistrés de la province de l’Equateur ne fait que commencer. Quelques promesses faites par les partenaires du HCR permettent d’envisager l’avenir avec optimisme. Tenez, en janvier, les Etats-Unis avaient annoncé l’octroi de 4,6 millions de dollars et la France 400.000 euros pour l’assistance à ces refugies.
A titre de rappel il y a à retenir que depuis fin octobre 2009, quelque 114.000 personnes fuyant des affrontements interethniques dans la province de l’Equateur ont trouvé refuge dans la région forestière de la Likouala (partie extrême nord du Congo), selon les autorités congolaises et les humanitaires. La ministre de l’Action humanitaire de la République du Congo (Brazzaville), Emilienne Raoul, a indiqué que le Programme alimentaire mondial (PAM) a réussi à couvrir trois des cinq districts de la Likouala avec près de 700 tonnes de vivres.
« Les besoins en alimentation sont énormes et les difficultés d’accès aux sites freinent la distribution », a indiqué l’autorité responsable de l’Humanitaire à Brazzaville. Elle signalera que le HCR procède, avec ses partenaires, à leur enregistrement. Il est prévu que cette opération prenne fin d’ici à la fin février, d’après l’organisation onusienne. « L’afflux des déplacés a, certes, sensiblement diminué, mais il est trop tôt pour indiquer si le flot à tari. Notre grande crainte est de voir la situation (...) se dégrader subitement », a indique Stephan Grieb.
Le Palmarès
(TN/Milor/DN/Yes)