En séjour à Kinshasa, Patrick Diassouka, président de la Jeunesse et Solidarité PPRD/Suisse a bien voulu s’apprêter au jeu des questions et réponses avec la rédaction de digitalcongo.net, qui l’a interrogé sur certaines questions de l’heure.
DigitalCongo.net : Quelle lecture faites-vous du remaniement intervenu récemment au niveau du gouvernement central ?
Patrick Diassouka : D’emblée, je salue la réduction de l’équipe qui ne comprend que 43 membres. Ce cure d’amaigrissement que vient de subir l’Exécutif ne manquera pas, à mon avis, d’avoir des retombées positives en terme des restrictions des dépenses publiques.
Quant aux animateurs choisis, il faudra les juger aux actes. On ne peut apprécier le maçon qu’au pied du mur et par rapport à l’ouvrage.
N’êtes-vous pas indigné par rapport à votre soutien au chef de l’Etat de constater que la diaspora n’est pas représentée dans l’actuelle équipe gouvernementale ?
Pas du tout. Vous savez si vous et moi parlons en toute liberté aujourd’hui c’est parce qu’il y a eu Lumumba, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila. Il a fallu du temps et de la patience pour en arriver-là. Notre soutien n’a pas pour but le poste au gouvernement. On peut servir le pays de plusieurs manières sans être forcement dans l’institution gouvernement. Nous répondrons à l’appel du chef là où il estime que nous serons utiles et au moment qu’il jugera opportun.
Je voudrais ici souligner que ce dangereux de voire les nominations en terme de la diaspora ou d’autres étiquettes. Ceux qui ont été choisis sont des Congolais et ils nous représentent tous.
Compte tenu de votre expérience en qualité de formateur maître d’apprentissage des jeunes en Suisse, quel pourrait être votre apport dans la réalisation de la vision du chef de l’Etat qui a consacré l’année 2010, année du social ?
Je suis de ceux qui pensent que l’enseignement tourné vers la formation de l’élite nous a desservi. Demain, nous aurons une carence des maçons, menuisiers, charpentiers, plombiers etc parce que tous veulent aller à l’université même si demain, ils vont se retrouver sans emploi. J’estime qu’il faut commencer à professionnaliser la jeunesse. Leur apprendre un métier qui les insèrent dans la société et dans le processus de la reconstruction du pays. Cela a réussi en Suisse et la France ainsi que bon nombre de pays sont entrain de suivre cet exemple.
Depuis quelques temps, une Ong dénommée PAREC s’investit pour consolider la paix retrouvée en lançant l’opération « arme contre … dollar ». Comment la diaspora congolaise perçoit-elle cette contribution de PAREC ?
Je ne voudrais pas m’exprimer au nom de la diaspora parce qu’elle ne m’a pas mandaté. Chacun à sa façon de voir les choses. Mais en ce qui me concerne, je soutient toute action qui vise à pacifier le pays car sans la paix pas de reconstruction. J’encourage le ministre de Dieu Ngoy Mulunda, que je salue en passant, car au-delà de la consolidation de la paix, l’opération qu’il va lancer à Goma va beaucoup contribuer à juguler la violence sexuelle dont les femmes sont victimes dans cette partie de la République par le fait des hommes en arme. A ce titre, tous ceux qui ont fait de la lutte contre la violence sexuelle faite à la femme leur cheval de bataille devraient soutenir le PAREC.
Votre mot de la fin
J’invite tous nos compatriotes à se mettre au travail pour faire du Congo un pays moderne. Je saisit l’occasion de cet entretien pour saluer le camarade Evariste Boshab, Yerodia Ndombasi et bien entendu les membres de la jeunesse et Solidarité PPRD/Suisse, notamment Odon Ndonge, Hervel Nsele et Roger Mbimba.
Propos recueillis par Théodore Ngangu/MMC
(TN/Yes)