Passation de pouvoir dans la sérénité et la confiance au ministère des Relations avec le Parlement confié au député national PPRD Richard Muyej qui a visé l’enjeu de l’harmonie à faire régner entre le gouvernement et cette institution, ce qui ne s’annonce pas de tout repos dans la phase bientôt engagée des préparatifs des élections.
Comme dans plusieurs ministères, celui des Relations avec le Parlement a vécu mardi sa cérémonie de remise et reprise entre le nouveau ministre nommé au récent remaniement du gouvernement, en l’occurrence M. Richard Muyej Mangez Mans, et le sortant, le ci-devant ministre Upio Kakura Wapol ayant assumé l’intérim après que l’ancien titulaire, le Prof. Lumanu, ait été appelé à la direction du cabinet du Chef de l’Etat d’où il vient d’être permuté maintenant pour prendre la Vice-primature en charge de l’Intérieur et de la sécurité.
Une ambiance d’euphorie a régné à cette passation de pouvoir ayant fait vibrer l’enceinte du ministère des Relations avec le Parlement situé sur le Boulevard du 30 Juin, en face du Building Golf et du bureau de l’Ogefrem. Pour ce ministère le plus politique et technique sans doute du gouvernement et dont la haute sensibilité va être éprouvée dans la phase délicate dans lequel le pays va bientôt se réengager avec la période de préparation des élections, il est souhaitable que le climat serein de cette remise et reprise soit précautionneusement gardé pour occulter les orages des batailles politiques pouvant s’annoncer chaudes.
En fait, la sauvegarde des relations harmonieuse entre l’institution Parlement et le Gouvernement a toujours été l’enjeu politique le plus délicat. Les tiraillements et turbulences des débats parlementaires hors de contexte électoral ne sont que des signaux annonciateurs des batailles sans quartiers de toutes les rivalités auxquelles peuvent se livrer l’institution gouvernement et ceux des deux Chambres du Parlement dans un contexte pré et électoral. Déjà les affrontements difficilement contenues auxquels on assiste entre les assemblées et les gouvernements provinciaux en disent long. C’est donc maintenant que va apparaître l’importance du ministère des Relations avec le Parlement et donc il n’est pas moins important de comprendre la délicate mission assignée à son titulaire désigné, le ministre Richard Muyej Mangez Mans.
Conciliateur hors pair
L’homme n’est pas un inconnu. C’est un chaud militant déjà de première heure du Parti du Peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD, la formation politique initiée par le président Joseph Kabila. Il y a assumé avec un doigté remarquable la présidence de la Fédération provinciale du Katanga et s’est fait aisément élire Député national dans la ville de Lubumbashi. Depuis lors Richard Muyej Mangenz Mans a évolué à l’Assemblée nationale où il s’est révélé un efficace négociateur dans les groupes parlementaires.
Muyej est un conciliateur hors pair dans les tractations où il use avec la patience nécessaire de finasserie inégalée dans la persuasion de ses interlocuteurs. Assurément il va avoir besoin de mieux éprouver encore ces talents qu’il a dont il a d’ailleurs usé aussi au mandat qu’il a assumé quad il a été incorporé au conseil d’administration à l’Ofida.
Comment le ministre Muyej a-t-il effectué ses premiers pas à ses nouvelles charges suivant ce qu’écrivait Saint-Exupéry dans Le Petit Prince, de créateur des liens entre les hommes en représentation de signe de l’amitié ? La cérémonie de passation de pouvoir de mardi a été empreinte d’une telle sérénité qu’il faut bien admettre que le conciliateur attitré actuel entre le gouvernement et le Parlement ne manque pas d’atouts pour bien affronter ce qui l’attend.
A son arrivée dans l’enceinte de son ministère, Richard Muyej précédé par un bon petit monde de militants du PPRD a eu droit à un accueil chaleureux. Toute l’assistance était radieuse de l’accueillir, même le personnel du cabinet comme s’il s’en était déjà familiarisé. Son hôte du jour, le ministre sortant Upio Kakura Wapol l’a reçu dans la même ambiance. Le ministre sortant s’dressera d’ailleurs à son successeur au moment de se passer le bâton dans un épanchement presque intime.
« Comme d’aucuns le savent, déclarera en effet le ministre Upio Kakura Wapol devant son successeur et le reste de l’assistance à la cérémonie, cela fait à peu près douze mois jour pour jour qu’il a plu à la Haute Autorité de me confier la charge d’assumer de manière intérimaire le travail du ministre chargé des Relations avec le Parlement. J’ai eu le privilège d’avoir des conseillers et chargés d’études compétents qui m’ont donné toute leur collaboration. Le ministère des Relations avec le Parlement est un ministère très important dans la structure gouvernementale. Il a une double vocation : politique et technique ».
« Vous êtes un parlementaire rompu, signifiera-t-il expressément au ministre entrant Richard Muyej. Vous connaissez la maison. Nous nous sommes côtoyés et je sais que vous donnerez le meilleur de vous-même pour continuer le travail qui a été commencé il y a longtemps par le Prof. Lumanu appelé alors à assumer les charges de Directeur de cabinet du Chef de l’Etat et aujourd’hui nommé Vice-Premier ministre. Je vous souhaite donc bonne chance et bon succès. Je reste pour ma part disponible, s’il vous agrée de recourir à ma modeste personne, pour tel ou tel autre avis. Je ne manquerai pas de le faire. Encore une fois : bonne chance, bon travail et bon succès ».
A son tour de prendre la parole, le ministre Muyej, usant d’un ton jovial et naturellement charmeur, répliquera devant l’assistance toujours admirative ce qui suit : « J’aimerais d’abord m’acquitter d’un agréable devoir, celui de dire Merci à Dieu qui a permis que je sois ici aujourd’hui, ensuite d’exprimer ma reconnaissance au Chef de l’Etat, le président Joseph Kabila qui a jeté son dévolu sur ma personne pour ces responsabilités délicates ».
« Je suis heureux de remplacer deux amis, le Prof. Lumanu et l’Honorable Upio. Donc je viens dans ma maison. J’avais l’habitude de venir ici pendant des heures et des heures… J’étais moi-même embarrassé quand j’ai vu l’enthousiasme du personnel qui avait l’habitude de me voir souvent venir rencontrer leur ministre. Vous comprenez pour moi comment il me sera difficile de composer le cabinet ! »
« Disons, poursuivra-t-il, que le plus important, c’est que nous puissions travailler. Je viens d’avoir un entretien avec le ministre sortant. J’étais heureux de rencontrer un véritable professeur, et je viens de solliciter sa disponibilité pour que pendant deux à trois mois on continue à se rencontrer, Parce qu’il est important que nous puissions réussir cette mission ».
« Le Parlement et le Gouvernement se rencontrent dans l’intérêt pour la Nation. Il est donc important que nous puissions œuvrer pour que règne l’harmonie entre ces deux institutions, et pour que notre peuple réalise que cette fois-ci des gens sont décidés de travailler ».
« Le Chef de l’Etat a parlé de sa vision, il a parlé des oiseaux rares. Il faut que nous puissions mériter cette étiquette d’oiseau rare pour ne pas embarrasser le Chef de l’Etat. En ce qui me concerne, je mets tout entre les mains de Dieu et j’espère qu’avec vos prières je réussirai cette délicate mission. Merci ».
Bons augures !
Cet épanchement n’a pas été réservé seulement aux responsables politiques mais aussi à la foule comprenant le personnel trouvé au cabinet et les militants du PPRD accompagnant leur émule. Voici ce que le ministre Muyez a aussi communiqué à cette première assistance : « Nous disons merci. Merci infiniment. Vous avez commencé par des invocations à Dieu quand vous m’avez accueilli ! N’arrêtez pas cela. Vous savez : nous allons vers les élections, le ministre vient de le dire, ce n’est pas un département facile. Si vous priez pour nous, Dieu va nous aider et nous allons mériter davantage votre confiance. Le plus important, c’est la prière ».
« En ce qui nous concerne, nous sommes toujours disponibles. Nous savons que nous venons d’un parti politique à qui nous devons tout. Nous sommes ici par la volonté de Joseph Kabila et personne d’autre. Donc on ne vous dira pas, par exemple, que Muyej a dit que le Pape a téléphoné… Nous nous organiserons dans le cadre du parti en aménageant des jours d’audiences pour notre parti. C’est vous qui avez demandé que nous soyons là. Je voudrais devant vous dire merci au ministre Upio qui est un grand ami avec lequel on a fait une très bonne remise et reprise ».
Tous ces faits et gestes ne procèdent pas seulement de l’effusion de la cérémonie du jour mais aussi et surtout traduisent une détermination à prendre très à cœur la délicate mission dont a pleinement conscience le ministre Muyej. La profondeur de tant d’égards et paroles attentionnés servent de bons augures d’un mandat ministériel que ce battant PPRD en lice est en train de commencer à assumer. De quoi souhaiter que ces augures l’accompagnent avec la même ferveur pour le conforter et lui éviter de trembler devant l’immensité de la tâche qui l’attend, quand surtout se réveilleront les démons des batailles des ambitions politiques assouvies aux élections !
Daniel Nzuzi/MMC
(DN/PKF)