Les policiers de la capitale sont-ils capables d’instaurer et de faire observer l’ordre ? Rien ne le donne à penser lorsqu’on observe avec attention la conduite de ces agents dits de l’ordre. Hier matin, les agents de l’entreprise de transport en commun City Train, commis au terminus de Lemba, ont failli déserter leur poste. A la base, un agent de la police a administré une gifle au receveur qui lui demandait de prendre patience, le temps de vendre les billets aux passagers payants. Cette observation lui avait été faite alors que les deux sièges gratuits étaient déjà occupés par des agents en uniforme arrivés plus tôt sur le lieu. L’ensemble des policiers agglutinés sur l’arrêt avait commencé à vociférer et à proférer des menaces à l’endroit des agents de City Train et des civils. Il a fallu un coup de fil lancé à l’endroit d’on ne sait qui exactement pour voir le policiers prendre la poutre d’escampette et disparaître, vraisemblablement pour chercher d’autres moyens de transport.

La situation est redevenue normale grâce aux supplications des clients ayant demandé aux agents de City Train de garder leur poste. Cette situation exige des autorités compétentes des mesures préventives appropriées car la conduite et les propos des policiers en provenance du camp Kabila couvent un drame. Il y a plus d’une année, ils menaçaient de créer une situation trouble à cet arrêt en raison de la discipline imposée par les autorités de City Train désireuses d’offrir un transport confortable à la population de la capitale. Ce qui justifie le prix de 800 Fc la course, fixé après concertations avec la hiérarchie du ministère des Transports et Voies de communication, ainsi qu’avec les autorités de la ville.


Comme souligné dans l’une de nos précédentes livraisons, il n’était plus aisé pour les habitants de la commune de Lemba de joindre le centre ville, lieu de convergence des activités économiques et administratives de la capitale. Ce, en raison du retrait de ses bus Express par la société mixte des transports en commun City Train consécutivement à la méconduite des agents de l’ordre (principalement les policiers du camp Kabila). Le vendredi 12 février dernier, en effet, ces policiers, déterminés à prendre place à bord de l’autobus, ont bousculé même leurs collègues commis à la garde jusqu’à casser la portière de l’engin.

Inconscience tout bue, ils n’ont nullement pris en considération les réprobations de l’ensemble de la population présente sur les lieux. Bien au contraire, ils ont proféré des menaces contre les civils qu’ils entendent discipliner un jour. Alertée, l’entreprise a dépêché un responsable pour convier les agents de l’ordre à une conduite civique. Pédagogie qu’ils n’ont voulu entendre dans leurs oreilles; aussi ont-ils brutalisé le délégué de l’entreprise de transport. L’incident était suffisant pour obliger les autorités de City Train à mettre une sourdine sur cette ligne.

Ce comportement des policiers de Lemba est récidiviste. L’année dernière, les agents de l’ordre se sont illustrés à maintes reprises par une conduite qui trahisse leur qualité d’agents de l’ordre. Ils violent les ordres de la hiérarchie militaire et caressent l’anarchie lors de la montée dans le bus. Sur la base des plaintes des autorités de City Train, le Chef d’Etat major de l’armée nationale, prolongeant les observations du ministre de tutelle, avait rappelé que les policiers militaires avaient droit à 2 places assises et 2 places  debout dans les bus Express de City Train. Ce communiqué affiché dans tous les bus concernés n’avait jamais connu un début d’observation par les agents concernés.

A la fin de l’embarquement des passagers payants, agents de l’ordre s’engouffraient dans l’engin, prenant littéralement d’assaut le couloir. Si bien que les clients demandaient constamment à quoi rimait le confort et la sécurité brandie par les responsables de l’entreprise pour justifier le tarif élevé du parcours. Debout à 10 voir 12, ils bavardent à haute voix, sans considération aucune pour les autres passagers, exactement comme dans un bus ordinaire (Fulafula).

James Momba/La République


(Tkm/GM/PKF)