Les professeurs, chefs de travaux et assistants de l’Université de Kinshasa (Unikin) ont répondu lundi 22 février 2010 au mot d’ordre de grève lancé par leur regroupement syndical, en l’occurrence l’APUKIN, (Association des professeurs de l’Université de Kinshasa). Ils réclament l’augmentation de leurs émoluments.

C’est précisément à 9h00 de l’avant-midi de lundi 22 février 2010 qu’a été déclenché ce mouvement de grève l’Unikin. Les auditoires dans pratiquement toutes les facultés se sont retrouvés fermés. Les professeurs ont séché les salles de cours. Aucune activité académique ne s’est déroulée. Les étudiants dispersés ça et là formaient de petits groupes. Ils discutaient sur leur sort ainsi que celui de leurs professeurs. Dans ces différentes conversations, la plupart d’entr’eux critiquaient le ministre ayant en charge l’Enseignement supérieur et universitaire, en l’occurrence Mashako Mamba.

Il y avait pourtant parmi ces universitaires certains qui se réjouissent de cette grève, parce qu’ils viennent de terminer leur session, estimant que cet arrêt de cours permettra aux professeurs de corriger calmement leurs copies d’examen. D’autres, par contre, dénoncent le retard déjà accumulé dans le calendrier académique par l’université à cause des grèves à répétition auxquelles leur établissement est en train de s’habituer.

Taty Anzolo, étudiant en deuxième Licence à la Faculté d’aAgronomie, indique pour sa part que : « Cette grève vient accentuer davantage le retard qu’accuse déjà notre faculté par rapport au respect du calendrier académique. Nous sommes encore à l’année académique 2008-2009 ». Et d’ajouter : «  En ce qui me concerne, je ne suis pas Kinois. Je viens de la vile de Kikwit. Cette grève risque de compliquer mon budget car je dois payer le loyer et me nourrir au jour le jour ». Cet agronome en gestation ne comprend pas comment ces grèves intempestives ne s’arrêtent pas alors que les autorités censées les résoudre sont aussi professeurs à l’Unikin. « Est-ce un problème politique? se résigne-t-il à s’interroger.

Un autre étudiant, finaliste en Polytechnique pense que les professeurs ont raison de réclamer de meilleures conditions sociales. Il regrette cependant le fait qu’au moment où il devait commencer la mi-session est intervenue cette grève qui bloquerait ainsi tout.

La « Colline inspirée » de la ville de Kinshasa a déjà beaucoup de problèmes, notamment celui lié au respect du calendrier académique ainsi que l’harmonisation de ce calendrier dans toutes les facultés. Pour pallier ces insuffisances, l’étudiante Carine Kiye lance la balle au gouvernement de la République afin d’apporter un remède efficace qui puisse guérir définitivement la fièvre des grévistes.

Rocco Nkanga /Forum des As


(Milor/DN/PKF)