Le Premier ministre a convoqué lundi la nouvelle équipe du gouvernement dans une première réunion informelle et de prise de contacts, opportunité que le coordonateur de l’exécutif national a saisie pour en instruire les membres sur notamment la collaboration parfaite qu’ils sont appelés à entretenir entre eux.
Le Premier ministre Adolphe Muzito a présidé lundi à l’Hôtel du gouvernement la première réunion informelle du gouvernement remanié, réunion au cours de laquelle il a donné aux membres de la nouvelle équipe exécutive nationale des instructions relatives aux opérations de remise et reprise et à la bonne marche de l’action gouvernementale.
Selon le ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende Omalanga, qui s’est confié à la presse, cette rencontre a permis au Premier ministre de prendre contact avec les membres du gouvernement et de rappeler les missions confiées à l’Exécutif et qui seront du reste précisées lors de la prochaine rencontre formelle avec le Chef de l’Etat.
Les missions visées concernent en l’occurrence : l’amélioration des conditions sociales des Congolais, l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, et l’organisation des élections générales en 2011. Le Premier ministre est, en outre, revenu sur certains principes de base devant soutenir l’action gouvernementale, notamment l’éthique, la déontologie, la moralité, le respect de soi et de l’autre, la franchise dans la collaboration et la discipline.
Assurances du gouvernement au CNDP sur l’intégration effective de cette ancienne rébellion dans les institutions
Par ailleurs, le ministre Mende a rassuré, en réponse à une préoccupation de la presse, que le gouvernement tient à respecter ses engagements pris lors des accords signés avec les ex-groupes armés, dont le CNDP qui verra son intégration politique se matérialiser au cours du processus déjà enclenché.
Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) n’a pas à se plaindre outre mesure. Ses membres seront bel et bien intégrés dans les services de l’Etat. Le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga l’a bien laissé entendre lundi, à l’issue de la première réunion informelle présidée par le Premier ministre Adolphe Muzito.
Toujours au sujet des inquiétudes du CNDP qui se dit exclu du nouveau Gouvernement, une source qualifiée, contactée dans la soirée, a précisé que la réglé du jeu a été dictée par le rapport de forces à l’Assemblée nationale. Ici comme ailleurs, la formation du cabinet obéit aux jeux politiques liés au poids de différents partis à la Chambre des députés.
C’est le principe de la majorité au Parlement qui se reflète au Gouvernement. Partant, le CNDP qui n’est pas de la Majorité au pouvoir, devra prendre son mal en patience et comprendre qu’il ne peut en être autrement, l’évidence étant qu’il ne faut pas forcément être au sein du Gouvernement pour mieux servir la Nation. Si la logique était celle-là, on aurait alors un Gouvernement composé de prés de 450 membres si l’on devait ainsi comprendre le respect de l’équilibre tribal en raison d’un ministre par tribu.
Il n’y a donc pas à vite prendre en faux le Gouvernement qui reste attaché à ses engagements pris dans les accords de paix signés avec les ex-groupes armés dont le Cndp. L’intégration politique du Cndp reste don un acquis. Sa matérialisation se fera au cours du processus déjà enclenché.
L’ex-mouvement rebelle qui espérait aligner ses membres dans la nouvelle équipe gouvernementale se dit avoir été roulé dans la farine et hausse le ton. Lors dune conférence de presse présidée lundi 22 février à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, le Comité politique de cet ex-mouvement rebelle pro-rwandais n’a pas caché ce qu’il a qualifié son indignation. Le Cndp déclare n’avoir aucun ministre au sein du gouvernement Muzito II.
S’agissant de l’information au sujet de Mme Xaverine Karomba Mitimituje, nommée vice-ministre du Commerce, le comité politique de l’ancien mouvement politico-militaire du général dissident des Forces armées de la RD Congo (FARDC), Laurent Nkunda Batware, n’a pas attendu longtemps pour exprimer son désaveu. « Mme Xaverine Karomba Mitimitujè n’est pas membre du Cndp. Par conséquent, elle ne peut poser aucun acte au nom de notre formation politique », a déclaré le même lundi à Goma un haut cadre politique du Cndp au micro d’un correspondant de « b-One », une radio privée.
Le texte de l’Accord de paix de Goma, signé lundi le 23 mars 2008 prévoyait, entre autres, la fin de l’existence du Cndp comme mouvement politico-militaire, l’intégration de ses éléments de police et ses unités armées respectivement dans la Police Nationale Congolaise et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Par ailleurs, les parties avaient accepté le principe de participation du Cndp dans la vie politique de la RDC, cela, selon des modalités qui restaient à convenir et à fixer d’un commun accord.
Quelques jours après la signature de cet Accord, la nouvelle du remaniement circulait déjà dans les rues de Kinshasa et les plus sceptiques mêmes y avaient cru. Car, quelques semaines après, une délégation du Cndp était arrivée à Kinshasa.
Certains observateurs pensent que tout n’est pas encore totalement perdu pour l’ex-rébellion nkundiste. Il est possible de récupérer le Cndp, notamment dans le Portefeuille. Comme on peut le constater, les tenants de cette thèse entrevoient une nouvelle mise en place dans les entreprises de l’Etat. Car, autant qu’il y a eu des membres du Gouvernement central incompétents autant qu’il y a aussi des mandataires publics dont la gestion ne s’avère guère satisfaisante. D’ou, en rapport avec le nouvel esprit de dynamisme que le chef de l’Etat entend insuffler à l’Exécutif, le remaniement seul ne suffit pas.
ACP
(Milor/DN/PKF)