William John Garvelink, ambassadeur des Etats-Unis en RDC, a donné des indications précisions sur la contribution annoncée de l’appui des Etats-Unis au programme en cours de la réforme de l’armée nationale congolaise. Un point de presse tenu à cet effet a servi d’opportunité de l’annonce du diplomate américain qui a déclaré à cette occasion notamment que les « gouvernements des Etats-Unis et de la RDC sont engagés dans un partenariat visant à appuyer la réforme du secteur de la sécurité, à travers une série de programmes civils et militaires ». En partenariat avec le gouvernement de la RDC, le gouvernement des Etats-Unis a initié une partie importante de cet engagement : un programme visant à former et professionnaliser un bataillon d’infanterie légère par le biais du commandant de l’Africom ou commandant des Etats-Unis pour l’Afrique.


Une cérémonie officielle consacrant le lancement de cette formation s’est déroulée à Kisangani en Province Orientale le 17 février 2010, en présence des officiels congolais, de Anthony J. Holmes, adjoint du Commandant d’Africom chargé des activités civiles et militaires et de l’ambassadeur William Garvelink.

L’objectif des Etats-Unis est d’aider au développement d’une armée professionnelle qui respecte l’autorité civile et garantisse la sécurité du peuple congolais. Cette formation aidera la RDC à transformer son armée en une institution professionnelle, durable et prête à répondre de ses actes en assurant la sécurité du peuple congolais de manière effective, a poursuivi M. William John Garvelink. Ce dernier a signifié clairement que le développement d’une armée plus professionnelle jouera un rôle-clé dans la sécurisation de la région des Grands Lacs et la protection de l’intégrité territoriale de la RDC.

L’ambassadeur américain a souligné, par ailleurs, que le programme de formation des Etats-Unis vise aussi à promouvoir une paix durable à travers la création d’une unité modèle au sein des FARDC. Ce programme donnera lieu à une armée professionnelle disposée à répondre de ses actes, qui respecte les droits humains et protège les communautés dans les régions où elle est déployée.
 
« Conformément à l’Amendement Leahy à la loi sur l’aide extérieure, le Département d’Etat américain examine les bénéficiaires de formations et d’assistance américaines en vue de déceler de possibles violations des droits humains ; les individus ayant commis ce genre de violations ne seront pas admissibles aux formations financés par le gouvernement des Etats-Unis » a-t-il rappelé !

Après l’achèvement de la formation, le gouvernement de la RDC décidera de la région la plus appropriée au déploiement du bataillon des FARDC, afin de garantir efficacement la sécurité du peuple congolais, a soutenu le diplomate américain qui a poursuivi en déclarant : « Bien que les FARDC aient la responsabilité de payer et de soutenir de toute autre manière le bataillon, nous travaillerons avec le gouvernement congolais et les donateurs pour créer des mécanismes d’appui à la procédure de paiement ».

La formation de ce bataillon d’infanterie légère se déroulera dans une base située près de Kisangani, a encore indiqué, pour sa part, le colonel Thomas Crowder, chargé de la Coopération militaire à l’ambassade américaine qui signalera que « 1.000 soldats des FARDC y recevront de la part de 20 ou 40 instructeurs américains une instruction de 6 à 10 mois en matière de tactique de petites unités militaires, de préparation alimentaire, de maintenance, de soins médicaux et de soins d’urgence, d’appui logistique, de prévention et de sensibilisation du VIH/Sida ». L’officier américain a ajouté que les considérations liées aux droits humains et le respect de ces droits au cours des opérations militaires seront incorporés dans chaque aspect de la formation.

Il y a à rappeler que M. William John Garvelink a aussi indiqué que son pays, qui est le plus grand donateur dans le projet de la lutte contre les violences sexuelles dans l’Est de la RDC, va focaliser son aide sur la protection des civils, sur le respect des droits de l’homme, la réforme du secteur sécuritaire ainsi que de la justice.

Louis-Paul Eyenga Sana/Le Potentiel


(Milor/DN/PKF)