A quand l’exploitation efficiente du potentiel en hydrocarbure de la RDC ? René Isekemanga parti, Célestin Mbuyu rééditera-t-il l’exploit constaté jadis dans le secteur minier ?
Plus de 100 milliards de barils de pétrole gisent dans le sous-sol congolais. A ce jour, moins de 30.000 barils sont exploités sur le littoral ouest. Une situation appelée à évoluer dans la mesure où la confusion avait élu domicile dans le secteur.
Aussi, le chef de l’Etat avait-il interdit au ministre ayant en charge les Hydrocarbures d’engager l’Etat envers les tiers. René Isekemanga, le prédécesseur de Célestin Mbuyu avait été régulièrement rappelé à l’ordre, chaque fois qu’il tentait d’entreprendre des avancées dans divers contacts.
L’interdiction héritée du mandat de Mende Omalanga avait pratiquement tétanisé le ministre des Hydrocarbures.
Homme du sérail, Célestin Mbuyu doit faire bouger les lignes dans le secteur. En fait, le potentiel congolais est immense. Un coup d’accélérateur pourrait apporter au budget national des ressources tant convoitées en millions voire en milliards de dollars américains.
Producteur marginal, la RDC peut devenir en très peu de temps un interlocuteur incontournable dans l’exploitation pétrolière en Afrique.
Les statistiques et les experts sont unanimes à reconnaître que les réserves congolaises feraient changer la configuration de la liste des producteurs du pétrole.
Il se constate, par exemple, que les réserves du bassin de la cuvette centrale représentent plusieurs milliards de barils.
Le bassin du Graben Albertine, déjà en exploitation sur le versant ougandais, donne des résultats satisfaisants.
Ce qui présage la rentabilité de l’exploitation du côté congolais. A cette allure, des ressources financières importantes échappent à la RDC, sans que rien ne soit entrepris pour «vendre» le potentiel existant.
Sur le lac Tanganyika, le potentiel est également énorme, tout comme sur le lac Moero et ailleurs encore.
L’Angola qui exploite déjà sur les eaux territoriales congolaises a accepté d’entamer des négociations avec la partie congolaise.
Le remaniement qui se faisait toujours attendre explique le retard pris dans le déplacement de la délégation congolaise pour Luanda. Ce qui ne pousse point à l’optimisme, à moins que le nouveau ministre des Hydrocarbures démontre qu’il veut aller vite et bien.
Boom pétrolier
Le secteur minier avait connu, dans un passé relativement récent, l’explosion de la convoitise des exploitants étrangers de toutes les dimensions. Malheureusement, des contrats avaient été signés, sans que les intérêts de l’Etat ne soient protégés.
Des plénipotentiaires ont privilégié leurs gains personnels, en bradant le patrimoine de l’ensemble des Congolais. La revisitation de ces contrats, qui s’en était suivie, a fait perdre à l’Etat congolais du temps, de l’énergie et de sa notoriété sur les places internationales.
Dans le secteur des Hydrocarbures, il faut privilégier l’apport de vrais experts en la matière, en lieu et place des «affairistes». C’est ainsi que le cahier des charges du nouveau ministre doit porter sur la meilleure manière d’attirer des investisseurs reconnus sur des places internationales et pouvant apporter d’importants capitaux en plus de leur expertise en cette matière.
Dans un environnement d’intrigues, avec ce qui s’était passé sur le dossier Tullow Oil, aucun investisseur sérieux ne prendrait le risque d’opérer en RDC. Le Code des Hydrocarbures ainsi que la législation en vigueur doivent s’accompagner de la vision claire du gouvernement.
C’est à ce prix que les ridicules 25.000 barils par jours produits en RDC seront multipliés afin de renflouer le Trésor public en milliard de dollars de royalties, redevances, impôts et taxes divers.
L’amélioration du climat des affaires aidant, il n’est pas exclu que les exercices à venir puissent constituer des périodes de grâce du secteur pétrolier en RDC. Pour vu que le ministre Célestin Mbuyu le comprenne et que la mission lui assignée dans sa feuille de route soit celle-là !
Le Potentiel
(CL/PKF)